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Mis à jour : il y a 1 heure 18 min

Concordanse. Thérapie conjugale ondulatoire

mercredi 27 août 2014 - 14:29
Par Frédéric BERBEN Revue Hypnose & Thérapies Brèves n°34 Considérer l’individu qui constitue, avec son partenaire, le couple, est un fondement original pour envisager la thérapie conjugale comme une danse où l’hypnose suscite un accordage créatif. « Je me lève et je te bouscule, tu n’te réveilles pas, comme d’habitude, sur toi je remonte le drap, j’ai peur que tu aies froid, comme d’habitude, ma main caresse tes cheveux, presque malgré moi, comme d’habitude, mais toi tu me tournes le dos, comme d’habitude… ».

Voici la réalité des scènes de la vie à deux telles qu’immortalisées par Cloclo : des sensations, des sentiments et des idées toutes en même temps et conjuguées au présent. Qu’est-ce qu’un couple ? Une croyance, lorsque les conjoints se pensent « en couple» alors qu’ils se trouvent à distance l’un
de l’autre ? Un phénomène, quand il advient, surgit, se présentifie ici et maintenant ? Unidimensionnel ou multidimensionnel? Et si, pour s’articuler et se répondre dans le couple, chacune des dimensions devait d’abord être vécue et harmonisée au sein de chaque conjoint ? Les thérapeutes seraient alors confrontés à un paradoxe de taille : pour débuter la thérapie d’un couple, il faudrait d’abord s’occuper des individus ! Nous verrons la nécessité avant tout de favoriser un « accord » interne individuel harmonieux.

Ensuite, nous tenterons de considérer les processus en cours entre les individus, au moment où le couple se manifeste. Quels sont les mécanismes qui entrent en jeu ? Quelles sont les articulations entre les systèmes individuels et le système couple ? Nous en proposerons une modélisation.

Enfin, nous définirons de nouveaux outils hypnotiques pour une thérapie instantanée, multidimensionnelle et ondulatoire du couple en proposant trois techniques hypnotiques : la « danse des mains », « quand le couple fait dos-dos » et « un souvenir du futur ».

LE SYSTÈME PRINCEPS : L’INDIVIDU Bien que formé d’abord à la systémie, je suis obligé de constater depuis quinze ans que la souffrance ressentie à l’origine de la consultation de couple est d’abord personnelle, tout comme la demande de changement et les axes sur lesquels ces améliorations devraient porter. Le sujet est auto-référé et auto-organisé « de par son autonomie et son individualité». Edgar Morin montre l’individu comme un système fermé sur lui-même dans ses frontières, lesquelles ne peuvent pourtant exister que par les échanges permanents avec ce qui l’entoure. C’est au sein de cette dynamique de complexité que les partenaires d’un couple évoluent : « La partie est dans le tout, le tout est dans la partie qui est à l’intérieur du tout ! »

L’individu est autocentré, c’est-à-dire qu’il se trouve davantage en zone de confort lorsqu’il oscille autour de son propre centre de gravité ; il lui faut donc un ancrage solide et un alignement souple. De plus, il n’absorbe pas une réalité toute faite qui lui préexiste. De son interaction avec ses contextes, il construit une réalité à partir de ses sens, de ses émotions, de ses pensées et la tient pour vraie. Elle ne correspond qu’à une des multiples réalités qu’il peut édifier. Le monde est filtré, interprété, modelé. « Ce que nous expérimentons, découvrons et savons est nécessairement constitué de nos propres éléments de construction et seuls nos manières et moyens de construction peuvent en rendre compte » dit Ernst Von Glasersfeld dans son Introduction à un constructivisme radical.

Il s’agit donc d’abord, pour le conjoint en couple, de se trouver en harmonie avec lui-même, de découvrir son propre « accord majeur ». Je propose de se représenter chacune des dimensions au sein de la personne comme une note de musique au coeur d’un accord de guitare ou de piano. A chaque instant, son vécu serait ainsi un accord interne multidimensionnel. Ces dimensions varient en permanence en intensité et en espace, définissant des ondes. Lorsque l’accord a lieu, les vécus de bienêtre, d’alignement, de plénitude, d’ancrage et d’harmonie sont au rendez-vous. Cela « vibre ». Une « longueur d’onde globale » peut être ainsi définie, plus ou moins intérieurement harmonieuse, à chaque instant et pour chaque personne.

Dans ce modèle, les problèmes et difficultés individuelles proviennent de discordances et de dysharmonies entre les différentes dimensions, comme si une note dans un accord de guitare sonnait faux (1/2 ton trop bas par exemple), ou bien qu’elle n’était pas jouée (donc absente de l’accord), ou encore jouée avec une faible intensité (ainsi noyée au milieu des autres notes qui prendraient le dessus). « Cela sonne faux », le patient « envoie de mauvaises ondes ». Comment permettre de « réaccorder » les dimensions internes en limitant les interférences entre les ondes et en favorisant l’harmonie des accords ? En général, dès la première séance, je propose des expériences centrales « d’autoratification» centrées sur une assise (pour l’ancrage), un maintien de l’axe hanchesépaules- tête (pour l’alignement), une centration sur la respiration (pour le recentrage), un scan corporel anesthésique (pour les compétences). L’auto-ratification est un signaling vital. Il veut dire que la personne valide pour elle-même que quelque chose est en train de se passer en elle et parfois dans son rapport aux contextes environnementaux. Elle se reconnait du domaine du vivant. Elle peut toucher sa conscience efficiente pour mieux se nommer en instant présent, trouver son identité et recontacter son centre de gravité (cf. Gaston Brosseau).

LE MÉGASYSTÈME : LE COUPLE J’utilise le concept de Mégasystème pour désigner l’ensemble constitué par les deux systèmes princeps (partenaires du couple) en interaction réciproque, mûs par une dynamique d’accordage et construisant des concordances. Ce Mégasystème n’est pas « méta » car il n’est ni au-dessus, ni
en-dehors, ni « à propos de ». Il se produit en même temps que les systèmes Princeps, se construit et évolue avec eux et par eux. Il contribue en retour à les engendrer, et les impacte positivement ou négativement. Le Mégasystème couple est simplement beaucoup plus vaste que chacun des systèmes individuels, car il représente le champ du produit de leurs diverses dimensions, exprimées ici et dans tous les ailleurs ayant existé et à venir, dans tous les espaces présent, passés et imaginables.

Voici le diagramme analogique qui figure le modèle général de la manifestation du couple :Nous avons vu qu’à l’interne de chaque individu un accord peut être trouvé en thérapie. Ce dernier répond à la définition du dictionnaire : « Un accord est l’union coordonnée d’au moins trois sons qui constituent l’harmonie » (Larousse). Dans le couple, ce processus se répète et se nomme accordage. Les dimensions respectives des deux systèmes Princeps constituent autant de champs au sein desquels les phénomènes dimensionnels se produisent. Ainsi, dans le champ cognitif d’Agnès par exemple, certaines idées, des valeurs et croyances sont à l’oeuvre. Dans le champ cognitif de Bertrand, son compagnon, des idées, croyances et valeurs
sont également en action. Au moment où ces champs se recouvrent, se contactent, l’ensemble de leurs points entrent en interaction.

Des ondes apparaissent qui vont leur permettre de se retrouver « sur la même longueur d’onde » ou pas. Comme un phénomène sismique ou climatologique, quelque chose se passe, vécu par les partenaires et observable de l’extérieur. De quoi s’agit-il ? Est-ce énergétique ?Ondulatoire ? Mécanique ? Probablement tout cela à la fois… Il est important de bien saisir que l’ensemble des dimensions et sous-dimensions concordantes ainsi que l’espace occupé par les champs du Mégasystème définissent les frontières du couple par rapport à son environnement et génèrent le vécu de bienêtre. Le système peut s’améliorer. Comme le souligne Brian Greene, physicien : « Les dimensions ont toutes un rapport avec les différents axes directionnels dans lesquels on se déplace et on les appelle parfois degrés de libertés et plus on dispose d’un grand nombre de dimensions ou degrés de
liberté, plus on peut faire de choses ».


FRÉDÉRIC BERBEN
Psychologue clinicien, psychothérapeute, hypnothérapeute, thérapeute familial. Formé par Claude Virot (Hypnose et thérapies brèves, Institut Emergences, Rennes). Intégration d’autres approches : Quantique, Pleine conscience, Qi Gong, Holistique. Exerce en service de thérapie familiale interhospitalier en santé mentale et en libéral à Laval (Mayenne).


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Congrès Mondial d'Hypnose à Paris: Venez aussi !

A tous les praticiens de l’hypnose thérapeutique cet appel s’adresse.

Appel à communiquer au prochain congrès mondial d’hypnose à Paris, du 26 au 29 août 2015.

Jusqu’au 15 septembre prochain, vous êtes cordialement invités à proposer qui une conférence, qui un atelier, qui une participation à une table ronde.


Transe générative. Le grand voyage de conscience. Stephen GILLIGAN

Auteur majeur du courant éricksonien, Stephen Gilligan présente ici les fondements de son propre apport à la pratique et la théorisation de l’hypnose : la notion de transe générative. La transe générative est un espace expérientiel à partir duquel de nouvelles dimensions de la réalité peuvent être créées. Elle est ainsi un moyen efficace pour le voyage de conscience qui est au coeur d’une vie pleine de sens.


L'auto-hypnose pour l'autonomie. Elise LELARGE, Edith HAMEON-BEZARD

articulièrement remarqué et apprécié lors du récent congrès de La Rochelle, l’atelier d’autohypnose d’Elise Lelarge et Edith Haméon-Bézard a donné lieu à ce texte qui en exprime l’essence. Grâce aux nombreuses études scientifiques, le bénéfice de la pratique quotidienne de l’autohypnose en douleur chronique n’est plus à démontrer. Comment apprendre aux patients à s’approprier suffisamment l’« outil » hypnotique pour une pratique aussi sécure qu’autonome à la maison ?




Mieux vivre avec un cancer. Le rôle de l'hypnose. David OGEZ

Lentement, l’hypnose trouve sa place en cancérologie. David Ogez en présente une application originale : la prise en charge de l’après-annonce. Si le développement des approches chirurgicale, oncologique et radiothérapeutique permet aux traitements des maladies cancéreuses d’évoluer significativement, que la souffrance psychologique soit reconnue, et de ce fait, que la qualité de vie des patients soit prise en compte par l’essor de la psycho-oncologie, il n’en reste pas moins que le terme « cancer » génère autant d’incertitude que par le passé. En effet, il apparaît que, dans l’inconscient collectif, l’association automatique entre les notions de mortalité et de cancer représente une suggestion anxiogène complexe qui altère le bien-être du patient.


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Considérer l’individu qui constitue, avec son partenaire, le couple, est un fondement original pour envisager la thérapie conjugale comme une danse où l’hypnose suscite un accordage créatif. « Je me lève et je te bouscule, tu n’te réveilles pas, comme d’habitude, sur toi je remonte le drap, j’ai peur que tu aies froid, comme d’habitude, ma main caresse tes cheveux, presque malgré moi, comme d’habitude, mais toi tu me tournes le dos, comme d’habitude… ».




Face à un déficit en hormone de croissance. Marie Clotilde WURZ DE BAETS

La pratique de l’hypnose s’aventure dans de nouveaux chemins pour activer les ressources nécessaires pour faire face à la période de crise que représente, après une naissance, la découverte d’une maladie grave. Pour aider l’enfant comme les parents.Il était une fois dans mon histoire personnelle. Ou plutôt il était plusieurs fois dans mon histoire personnelle et professionnelle : des temps, des lieux, des moments où les contes se sont invités.


Hypno-philo: Ethiques de la coopération. Dr Thierry Servillat

Ce livre n’est pas à proprement parler de la philosophie. Richard Sennett est professeur de sociologie à New York et à la London School of Economics. Retraité, il prend le temps de compléter et terminer son oeuvre. Influencé par Michel Foucault, il a travaillé sur de nombreux sujets, dont, dernièrement, la question des compétences dont les gens ont besoin dans leur vie quotidienne. En commençant par celles requises dans l’artisanat, inspirant l’opus traité lors de notre dernier Hypnophilo.




“Vous pouvez compter sur moi ”. Dr Stefano COLOMBO Quiprocquo, Malentendu et Incommunicabilité 34

“ Vous pouvez compter sur moi ”.Voilà une phrase que le thérapeute est souvent tenté de prononcer. Elle est rassurante, presqu’une garantie. Elle a le parfum de la signature d’un contrat.Un contrat ? Un contrat prévoit la signature des deux parties. Alors ? Est-ce que le patient est aussitôt prêt à déclarer que le thérapeute peut compter sur lui ? Pas si sûr.


Suggestif, magnétique, sportif, et surtout réparateur...Antoine Bioy

Pour commencer cette rubrique, posons- nous la question de savoir si le fameux « Dormez, je le veux ! » n’était pas si absurde ? Cordi et coll. (2014) montrent en effet que des suggestions pré-repos reçues en état hypnotique améliorent de façon significative la durée du sommeil. Très exactement, il s’agit du sommeil lent profond, impliqué dans l’amélioration de la plasticité cérébrale, et des capacités de restauration du corps (stimulation des défenses immunitaires…)




Ici et ailleurs. Transes et mots d'est et d'ouest. Christine GUILLOUX

Troisième édition, du 6 au 8 février 2014, à Paris, pour ce colloque «Hypnose d’ici, Hypnose d’ailleurs» de l’Association Thérapies d’ici et d’ailleurs. Spécialistes internationaux en provenance des Amériques comme de la Russie, des Indes comme de la Suisse, et de diverses régions de France, médecins, psychologues, neuroscientifiques, sont intervenus autant comme conférenciers que comme animateurs d’ateliers tant dans le traitement de la douleur, du stress post-traumatique, de la gestion des émotions, de l’apport des neurosciences…




Jeunesse et hypnose médicale. Stéphane RADOYKOV

Les ferments d'Hypnocrate. Être médecin, ça veut dire quoi ? Tu verras quand tu seras grand. D’accord, mais c’est quoi alors être un bon médecin ? Tu verras cela en temps voulu. Et un mauvais médecin, qu’est-ce que c’est ? En serai-je un ? Et puis qu’est-ce que je fais là autour de toute cette souffrance ?


 



Diffusé par hypnose-ericksonienne.org

Face à un déficit en hormone de croissance

mardi 26 août 2014 - 17:16
Un conte pour grandir. Par Marie Clotilde WURZ DE BAETS Revue Hypnose & Thérapies Brèves n°34 La pratique de l’hypnose s’aventure dans de nouveaux chemins pour activer les ressources nécessaires pour faire face à la période de crise que représente, après une naissance, la découverte d’une maladie grave. Pour aider l’enfant comme les parents. Il était une fois dans mon histoire personnelle. Ou plutôt il était plusieurs fois dans mon histoire personnelle et professionnelle : des temps, des lieux, des moments où les contes se sont invités. Tout a commencé dans les bras de ma mère, sur les sillons des vinyles, dans les paragraphes des livres illustrés. Les contes étaient là. Puis j’ai travaillé dans l’animation. Les contes se sont alors métamorphosés pour se matérialiser autour d’un feu de camp,
au pied d’un lit, Ils remplissaient les regards de rêves, de fées, de monstres, de quêtes impossibles dont les héros finissaient toujours par triompher…

Puis, j’ai grandi et ma vie professionnelle est devenue plus sérieuse et intellectuelle. Peu à peu, imperceptiblement, les contes se sont tus. Ils se sont doucement endormis, laissant place au vrombissement théorique des tonitruantes et incontournables théories psychologiques, aux multiples approches et facettes…

Après plusieurs années d’intense maturation: « la Psychologue en moi était née ». L’analyse faisait loi : Le contenu des contes est devenu analytique, La psychanalyse des contes de fées de Bruno Bettelheim faisait foi. Le temps s’est écoulé, au fil des entretiens de mes patients en souffrance, j’ai
un jour ressenti le besoin d’enrichir ma besace de nouvelles acquisitions. Je suis repartie sur les routes initiatiques de l’apprentissage de l’hypnose. Et, c’est là que les contes sont réapparus. C’est là que nos chemins se sont à nouveau croisés. Comme par enchantement, comme par magie. Cette nouvelle rencontre s’imposa. Ce nouvel éclairage m’illumina. Le conte sous hypnose me fut révélé.

Ainsi naquis pour moi le « conte hypnotique» peuplé de sens, de métaphores, d’images et de comparaisons. Faisant resurgir mes capacités narratives enterrées depuis longtemps. Lorsque le puzzle de mes compétences s’est assemblé, ce fut comme une découverte, comme une révélation, comme une réminiscence. Je pouvais, enfin, rassembler les différentes parties de « mes » vies professionnelles. Mettre différemment des maux, en mots, en démo…
Depuis j’invite, dans mon cabinet, le conte hypnotique. J’emploie dans ma pratique professionnelle ce fabuleux outil comme un incroyable levier pour l’inconscient, un nouveau passage pour dire les choses, une porte secrète pour toucher les coeurs…

HISTOIRE ET ANAMNÈSE D’UN CONTE HYPNOTIQUE Voici l’histoire d’un conte hypnotique que j’ai été amené à écrire dans le cadre d’un suivi thérapeutique. Hourie est une jeune femme intelligente et agréable de 35 ans. Mariée, elle a déjà deux petites filles de 8 et 6 ans, Emma et Zabel. Elle vient me consulter dans le cadre d’une recherche d’apaisement familial. Au coeur de son génogramme, on retrouve toute une problématique douloureuse de transmission transgénérationnelle. Hourie veut pouvoir s’en défaire et vivre plus sereinement. Cette femme brillante a mis, depuis son mariage, sa vie professionnelle en parenthèse. Son mari,
pragmatique et rigide, l’accompagne dans son choix. Aisés financièrement, rien ne semblait devoir entraver le cours prometteur de leur existence. Jusqu’au jour où Hourie se trouva à nouveau enceinte.

Après avoir mesuré avec son mari « l’étendue des perturbations qu’allait occasionner un nourrisson », Hourie décide de poursuivre sa grossesse et finit par se réjouir de cette vie à venir. Pendant cette période, je l’accompagne en entremêlant entretiens psychothérapeutiques et séances d’hypnose.
En effet, elle vit une grossesse très difficile (malaise violent, incapacité à se nourrir, accablante fatigue …) De surcroît, elle doit surmonter une grande appréhension de l’accouchement. Hourie maintient courageusement sa grossesse et sa vie de famille. Un matin de printemps, elle donne le jour à la petite « Diana- Alegria ».

Tout semblait être rentré dans l’ordre, lorsque 8 mois plus tard, au cours d’un contrôle médical classique, le couperet tombe : Diana-Alegria ne grandit pas normalement. Elle présente plusieurs signes inquiétants de grave retard indiquant des dysfonctionnements physiques, voire, peut-être, psychologiques. C’est l’atterrement, la stupeur, l’effondrement total, le monde s’écroule sur Hourie et sa famille. Maladie génétique ? Déficience en hormone de croissance ? Qui aurait pu le dépister ? Qui a failli dans sa tâche ? De qui est-ce la faute ? Au milieu de cet empilement de questions accusatrices, Hourie regarde sa fille Diana-Alegria, elle la regarde et elle l’aime, quelle qu’elle soit, avec sa différence, avec ses imperfections. Je
l’accompagne dans sa peine, dans sa démarche de tout tenter, de tout assumer, d’accepter le diagnostic final et les examens qui tardent à s’établir.

Finalement la médecine se prononce : le corps de Diana-Alegria ne fabrique pas assez d’hormone de croissance. Un traitement immédiat de piqûres quotidiennes doit se mettre rapidement en place. Ce sera commeça pour toute sa vie. Il n’y a pas d’autres solutions. Hourie s’effondre en entretien : comment vivre avec cette souffrance ? Comment dépasser la culpabilité, la colère, le désespoir ? Mais surtout, elle est désemparée, démunie, devant ces deux autres petites filles, Emma 8 ans et Zabel 6 ans ? Comment leurdire la vérité ? Sans les choquer ? Sans les blesser ? Sans qu’elles rejettent la différence de Diana-Alegria ? Comment faire face ? Va-t-elle pouvoir affronter et parler de ce geste de piqûre qu’elle devra elle même effectuer chaque jour sur Diana- Alegria ?

Et c’est là que le conte hypnotique apparait…
C’est là que le conte hypnotique trouve sa place. Je l’ai écrit pour ces trois petites filles et pour cette famille éprouvée. Il permet de métaboliser différemment ce drame. De donner aux membres de cette famille, un sens à leur histoire, pour que ce soit explicable, exprimable. Il met à distance,
sans distancier. Il parle du présent et anticipe positivement le futur. Le conte hypnotique installe une autre temporalitéet ouvre l’horizon à une dimension différente de la réalité. Ainsi commence L’histoire d’Emma et Zabel et Diana-Alegria : Le Nectar de Croissance

LE NECTAR DE CROISSANCE 1. La naissance de Diana-Alegria

Il était une fois dans un pays calme et tranquille, un roi et une reine qui avaient eu le bonheur d’avoir deux filles. Leur royaume était maintenant en paix
et l’amour qui unissait toute leur famille était si grand, que le désir d’avoir un autre enfant était né dans le coeur du roi et de la reine. A l’époque, les jeunes princesses, Emma et Zabel, avaient 8 et 6 ans. Comme l’Amourporte toujours ses fruits, Diana-Alegria vit le jour un joli mois de mai au grand bonheur de tous. Les mois passaient et se succédaient, entraînant dans leur course la croissance d’Emma et de Zabel qui grandissaient comme de jeunes pousses d’herbe dans la joie et l’intelligence. Diana-Alegria, quant à elle, ne semblait pas touchée par la course du temps. Le temps glissait sur le corps de Diana-Alegria sans y laisser ses traces. Tout comme l’eau sur les plumes du canard… Diana- Alegria, au fil des jours qui s’écoulaient,restait petite, adorable mais inexorablement petite.

Au début le roi et la reine ne le virent pas tout de suite, car Diana-Alegria, comme ses deux soeurs, était une enfant merveilleuse. Mais les faits étaient là : Diana-Alegria ne grandissait pas. Alors tout le pays fut pris d’inquiétude et de questionnement : si cette enfant ne grandissait pas, « c’était la faute de qui ? »

- La cigogne se serait-elle trompée ?
- Etait-ce un coup de la fée des mauvaises intentions ?
- Une malédiction ?
- Une mauvaise graine mal plantée ?

Le roi se posait ainsi mille et une questions, et comme c’était un homme qui avait les pieds sur terre, il décida de partir à la recherche d’une réponse.

2. Le Pourquoi du comment Pendant plusieurs mois il se mit à étudier.


MARIE CLOTILDE WURZ DE BAETS
Psychologue clinicienne, hypnothérapeute, exerce en libéral à Monaco. Travaille également en groupe de parole, ainsi que dans l’enseignement
pédagogique et universitaire. A travaillé dans l’associatif pendant 20 ans auprès des enfants et des adolescents. S’est formée à l’hypnose à Vaison la Romaine avec le Dr Bellet.

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Auteur majeur du courant éricksonien, Stephen Gilligan présente ici les fondements de son propre apport à la pratique et la théorisation de l’hypnose : la notion de transe générative. La transe générative est un espace expérientiel à partir duquel de nouvelles dimensions de la réalité peuvent être créées. Elle est ainsi un moyen efficace pour le voyage de conscience qui est au coeur d’une vie pleine de sens.


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Considérer l’individu qui constitue, avec son partenaire, le couple, est un fondement original pour envisager la thérapie conjugale comme une danse où l’hypnose suscite un accordage créatif. « Je me lève et je te bouscule, tu n’te réveilles pas, comme d’habitude, sur toi je remonte le drap, j’ai peur que tu aies froid, comme d’habitude, ma main caresse tes cheveux, presque malgré moi, comme d’habitude, mais toi tu me tournes le dos, comme d’habitude… ».




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Ce livre n’est pas à proprement parler de la philosophie. Richard Sennett est professeur de sociologie à New York et à la London School of Economics. Retraité, il prend le temps de compléter et terminer son oeuvre. Influencé par Michel Foucault, il a travaillé sur de nombreux sujets, dont, dernièrement, la question des compétences dont les gens ont besoin dans leur vie quotidienne. En commençant par celles requises dans l’artisanat, inspirant l’opus traité lors de notre dernier Hypnophilo.




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Troisième édition, du 6 au 8 février 2014, à Paris, pour ce colloque «Hypnose d’ici, Hypnose d’ailleurs» de l’Association Thérapies d’ici et d’ailleurs. Spécialistes internationaux en provenance des Amériques comme de la Russie, des Indes comme de la Suisse, et de diverses régions de France, médecins, psychologues, neuroscientifiques, sont intervenus autant comme conférenciers que comme animateurs d’ateliers tant dans le traitement de la douleur, du stress post-traumatique, de la gestion des émotions, de l’apport des neurosciences…




Jeunesse et hypnose médicale. Stéphane RADOYKOV

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Transe générative. Le grand voyage de conscience

mardi 26 août 2014 - 15:21
Stephen GILLIGAN traduction : Stéphane RADOYKOV et Thierry SERVILLAT Auteur majeur du courant éricksonien, Stephen Gilligan présente ici les fondements de son propre apport à la pratique et la théorisation de l’hypnose : la notion de transe générative. La transe générative est un espace expérientiel à partir duquel de nouvelles dimensions de la réalité peuvent être créées. Elle est ainsi un moyen efficace pour le voyage de conscience qui est au coeur d’une vie pleine de sens. L’objet de ce voyage est d’aller au-delà de ce que vous connaissez déjà, en créant de nouvelles réalités positives, en transformant la conscience, en guérissant les blessures, et en évoluant vers des états de conscience plus élevés. On accède ainsi au « club des 4 H » : davantage de bonheur, de santé, de serviabilité envers les autres, de guérison de soi, des autres et
du monde. Pour comprendre comment la transe générative peut activer ces ressources, nous pouvons considérer trois hypothèses de base :

1. la conscience est première,

2. la conscience crée les champs quantiques de l’inconscient créatif, qui à leur tour créent le monde classique de l’esprit conscient,

3. l’esprit crée et se fraye un chemin à travers des cartes figurant le(s) monde(s).

Ces hypothèses fournissent une base pour comprendre la transe générative en tant que pratique visant à mettre en mouvement l’esprit conscient et l’inconscient créatif vers un niveau intégratif où une transformation créative est possible.

La vie est un voyage de conscience Le travail de transe générative se base sur l’hypothèse que la réalité est créée par la conscience elle-même. Pendant longtemps réservé aux approches mystiques, ce point de vue s’est lentement développé au cours du siècle dernier à partir de découvertes en physique quantique. A l’inverse de la vision matérialiste qui positionne la conscience comme un épiphénomène prenant source dans des états cérébraux, il voit plutôt la réalité classique comme créée par la conscience en interaction avec des champs d’onde quantique.Ces champs d’onde sont des « réalités virtuelles», c’est-à-dire une infinité de possibilités et non des réalités. La « transformation» d’un champ d’onde virtuel « de possibilités infinies » en une réalité spécifique se produit lorsqu’une conscience observatrice entre en relation avec le champ quantique. Au fond, cette théorie dit : sans conscience, pas de réalité. Et comme nous verrons, la conscience c’est chacun de nous, et aussi nous tous.

Cette théorie, bien entendu, est radicale comparée à notre pensée occidentale traditionnelle. Comme le soulignent certains physiciens comme David Bohn, elle a été pour partie le résultat de découvertes expérimentales surprenantes comme :

1. les électrons qui bougent de façon discontinue d’une orbite à l’autre,

2. un électron qui apparaît comme soit une particule soit une onde, selon la conscience qui l’observe,

3. et l’influence non locale, ce qui signifie qu’une particule peut instantanément (c’est-à-dire plus rapide que la vitesse de la lumière) influencer une particule à distance. Des travaux plus récents montrent que la majeure partie de l’univers – environ 96% !! – est composée de « matière noire » et d’« énergie noire » invisibles. De telles découvertes indiquent que le monde classique de l’espace/temps n’est pas premier. En valorisant la conscience comme première, le travail de transe générative reconnaît à chaque personne un potentiel infini d’action créative. Concrétiser ce potentiel n’est pas tâche facile, ainsi un point essentiel du travail est de trouver comment favoriser les états de conscience de niveau supérieur nécessaires à cette
aventure. L’hypothèse est que la conscience évolue sur de nombreux niveaux, bien que lentement et avec beaucoup de virages et de tournants ; le défi est de s’aligner avec et de lui permettre de se déployer encore plus. En termes pratiques, le praticien qui utilise la transe générative avec un client est en train de « méditer dans la relation » avec des idées comme : « Quelque chose se réveille », « Je suis sûr(e) que ceci fait sens », « Il y a quelque chose qui est en train de guérir ». Ensuite, la majeure partie du processus est de s’assurer qu’à la fois le client et le praticien sont dans un état génératif pour réaliser ces possibilités.

C’est le but d’une induction hypnotique : évoluer vers un niveau de conscience plus élevé, au sein duquel l’apprentissage génératif est possible. Pour développer un tel état de con - science, on devient particulièrement attentif au fait de savoir si l’énergie d’une personne s’accroit ou s’intensifie, sa
conscience n’étant plus attachée à l’habituel état d’identité (ou l’état d’identité classique) lié à l’ego. Cela peut être un évènement positif, comme lorsque quelqu’un est touché par l’amour, s’ouvre grâce à la beauté, par une présence esthétique. Mais cela peut tout autant être des évènements négatifs comme les peurs, les addictions, les expériences « hors contrôle » qui sont monnaie courante dans le travail thérapeutique.

Nous voyons les expériences de ce type comme des bourgeons de « transes naturalistes spontanées » par lesquelles l’inconscient créatif tente de se débarrasser de vieilles « cartes » dans le but de guérir, transformer, ou créer quelque chose de nouveau. Le résultat de cette tentative dépendra de la qualité de la relation humaine qui l’accompagne, c’est-à-dire selon que la conscience qui se connecte à l’expérience la crée comme évènement positif ou négatif. Si un évènement expérientiel est vécu de manière positive (« générative »), de bonnes choses (par exemple, de la transformation) se produisent; s’il est vécu de manière négative (« dégénérative»), de mauvaises choses se produisent (par exemple, des symptômes). Ainsi, pour créer une transe générative, on commence par sentir positivement que quelquechose essaie de s’éveiller, puis on va chercher à créer un état de conscience génératif qui va permettre que cela puisse se produire. De cette façon, la transe générative est un moyen de faire venir au monde une conscience nouvelle.

Prenons l’exemple d’un homme dont la mère mourait lentement d’un cancer ;plusieurs fois, cet homme se retrouva dérangé et consterné par ses accès de colère périodiques alors qu’il était assis aux côtés de sa mère. Il reçut de l’aide pour accueillir cet état « autre que l’ego », ce qui incluait de développer un état intérieur centré dans lequel il pouvait être témoin de ce qu’il vivait. Installé dans une transe consciente, il identifia dans quel endroit
de son corps il sentait l’énergie, et quels âges précédents (« 8 ») lui étaient associés.

D’autres expériences associées, à la fois positives et négatives, surgirent également à l’intérieur de la « soupe quantique» de la transe. Guidé par une intention positive de guérison et s’appuyant sur un centrage esprit-corps, il devint capable de se rendre compte que cette rage ancienne représentait une des pièces maîtresses de sa mosaïque identitaire qui était en train de se transformer en réponse à l’imminence du décès de sa mère.

Bien sûr, des changements majeurs auront lieu durant la vie d’une personne– des décès de proches, des naissances, des maladies, des mariages, des divorces,etc. Nous considérons de tels changements majeurs de l’existence comme naturels et inévitables, comme une rivière qui coule tout au long de la vie de la personne, apportant de nombreuses possibilités de croissance et d’éveil. Encore une fois, la transe générative consiste en l’organisation de contextes permettant que ces potentiels puissent être accueillis et positivement réalisés.
La conscience crée les champs quantiques de l'inconscient créatif qui à leur tour, créent les réalités classiques de l'esprit conscient Le déploiement de la conscience nous porte à travers deux mondes successifs. Ces deux mondes ont beaucoup d’appellations – par exemple, imagination et réalité, possibilité et actualité, Créatura et Plérôme, primaire et secondaire, etc. Dans le travail de transe générative, nous les décrivons comme :

1. la réalité quantique de l’inconscient créatif, et,

2. la réalité classique de l’esprit conscient.

Le monde quantique est d’un niveau plus profond : c’est l’imaginaire « champ des possibilités infinies », à partir duquel les réalités sont créées. Il est «avant et au-delà» du temps ou de l’espace, vide de formes réelles (matérielles), mais portant en son sein une infinité de formes potentielles. Quand vous demandez à quelqu’un d’où lui est venue une idée créative, la réponse est habituellement : « Je ne sais pas » ou « Elle est juste venue comme ça ». On appelle ce « mystérieux espace d’où vient toute pensée créative » le champ quantique de l’inconscient créatif. Quand la conscience interagit avec le
monde quantique, elle fait « déferler » un champ d’onde qui contient de nombreuses possibilités à l’intérieur du monde classique de l’esprit conscient, qui garde une réalité spécifique. Ce monde classique est la réalité conventionnelle des « choses » séparées: matière solide, espace et temps, physique
newtonienne, objets « réellement » présents. Il s’agit du monde empirique des valeurs uniques : une chose est soit vraie soit fausse ; si vous êtes ici, vous ne pouvez être là-bas; ce que vous voyez, c’est ce que vous obtenez. La causalité logique s’applique, le temps progresse (et ne régresse pas), ce qui est né doit aussi mourir, les choses sont telles qu’elles sont. Le monde classique inclut ce que l’on a déjà vécu, les traditions dominantes et l’histoire de ce que nous avons été jusqu’à maintenant.

Ces deux mondes sont complémentaires l’un de l’autre sur de nombreux points, notamment les suivants :En observant ces complémentarités, on peut voir que la conscience créative a besoin des deux mondes. Les champs quantiques de l’inconscient créatif portent tous les formes ou états de toute
chose.

STEPHEN GILLIGAN
Psychologue, psychothérapeute, auteur et formateur. Docteur en Psychologie (Stanford University). A étudié l’hypnose, dès l’âge de 19 ans, auprès de Milton Erickson. Exerce en pratique privée à San Diego (USA, Californie). A publié de nombreux articles et ouvrages, dont, en français : Le courage d’aimer. Principes et mise en pratique de la thérapie des relations du soi (SATAS).

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Congrès Mondial d'Hypnose à Paris: Venez aussi !

A tous les praticiens de l’hypnose thérapeutique cet appel s’adresse.

Appel à communiquer au prochain congrès mondial d’hypnose à Paris, du 26 au 29 août 2015.

Jusqu’au 15 septembre prochain, vous êtes cordialement invités à proposer qui une conférence, qui un atelier, qui une participation à une table ronde.


Transe générative. Le grand voyage de conscience. Stephen GILLIGAN

Auteur majeur du courant éricksonien, Stephen Gilligan présente ici les fondements de son propre apport à la pratique et la théorisation de l’hypnose : la notion de transe générative. La transe générative est un espace expérientiel à partir duquel de nouvelles dimensions de la réalité peuvent être créées. Elle est ainsi un moyen efficace pour le voyage de conscience qui est au coeur d’une vie pleine de sens.


L'auto-hypnose pour l'autonomie. Elise LELARGE, Edith HAMEON-BEZARD

articulièrement remarqué et apprécié lors du récent congrès de La Rochelle, l’atelier d’autohypnose d’Elise Lelarge et Edith Haméon-Bézard a donné lieu à ce texte qui en exprime l’essence. Grâce aux nombreuses études scientifiques, le bénéfice de la pratique quotidienne de l’autohypnose en douleur chronique n’est plus à démontrer. Comment apprendre aux patients à s’approprier suffisamment l’« outil » hypnotique pour une pratique aussi sécure qu’autonome à la maison ?




Mieux vivre avec un cancer. Le rôle de l'hypnose. David OGEZ

Lentement, l’hypnose trouve sa place en cancérologie. David Ogez en présente une application originale : la prise en charge de l’après-annonce. Si le développement des approches chirurgicale, oncologique et radiothérapeutique permet aux traitements des maladies cancéreuses d’évoluer significativement, que la souffrance psychologique soit reconnue, et de ce fait, que la qualité de vie des patients soit prise en compte par l’essor de la psycho-oncologie, il n’en reste pas moins que le terme « cancer » génère autant d’incertitude que par le passé. En effet, il apparaît que, dans l’inconscient collectif, l’association automatique entre les notions de mortalité et de cancer représente une suggestion anxiogène complexe qui altère le bien-être du patient.


Concordanse. Thérapie conjugale ondulatoire. Frédéric BERBEN

Considérer l’individu qui constitue, avec son partenaire, le couple, est un fondement original pour envisager la thérapie conjugale comme une danse où l’hypnose suscite un accordage créatif. « Je me lève et je te bouscule, tu n’te réveilles pas, comme d’habitude, sur toi je remonte le drap, j’ai peur que tu aies froid, comme d’habitude, ma main caresse tes cheveux, presque malgré moi, comme d’habitude, mais toi tu me tournes le dos, comme d’habitude… ».




Face à un déficit en hormone de croissance. Marie Clotilde WURZ DE BAETS

La pratique de l’hypnose s’aventure dans de nouveaux chemins pour activer les ressources nécessaires pour faire face à la période de crise que représente, après une naissance, la découverte d’une maladie grave. Pour aider l’enfant comme les parents.Il était une fois dans mon histoire personnelle. Ou plutôt il était plusieurs fois dans mon histoire personnelle et professionnelle : des temps, des lieux, des moments où les contes se sont invités.


Hypno-philo: Ethiques de la coopération. Dr Thierry Servillat

Ce livre n’est pas à proprement parler de la philosophie. Richard Sennett est professeur de sociologie à New York et à la London School of Economics. Retraité, il prend le temps de compléter et terminer son oeuvre. Influencé par Michel Foucault, il a travaillé sur de nombreux sujets, dont, dernièrement, la question des compétences dont les gens ont besoin dans leur vie quotidienne. En commençant par celles requises dans l’artisanat, inspirant l’opus traité lors de notre dernier Hypnophilo.




“Vous pouvez compter sur moi ”. Dr Stefano COLOMBO Quiprocquo, Malentendu et Incommunicabilité 34

“ Vous pouvez compter sur moi ”.Voilà une phrase que le thérapeute est souvent tenté de prononcer. Elle est rassurante, presqu’une garantie. Elle a le parfum de la signature d’un contrat.Un contrat ? Un contrat prévoit la signature des deux parties. Alors ? Est-ce que le patient est aussitôt prêt à déclarer que le thérapeute peut compter sur lui ? Pas si sûr.


Suggestif, magnétique, sportif, et surtout réparateur...Antoine Bioy

Pour commencer cette rubrique, posons- nous la question de savoir si le fameux « Dormez, je le veux ! » n’était pas si absurde ? Cordi et coll. (2014) montrent en effet que des suggestions pré-repos reçues en état hypnotique améliorent de façon significative la durée du sommeil. Très exactement, il s’agit du sommeil lent profond, impliqué dans l’amélioration de la plasticité cérébrale, et des capacités de restauration du corps (stimulation des défenses immunitaires…)




Ici et ailleurs. Transes et mots d'est et d'ouest. Christine GUILLOUX

Troisième édition, du 6 au 8 février 2014, à Paris, pour ce colloque «Hypnose d’ici, Hypnose d’ailleurs» de l’Association Thérapies d’ici et d’ailleurs. Spécialistes internationaux en provenance des Amériques comme de la Russie, des Indes comme de la Suisse, et de diverses régions de France, médecins, psychologues, neuroscientifiques, sont intervenus autant comme conférenciers que comme animateurs d’ateliers tant dans le traitement de la douleur, du stress post-traumatique, de la gestion des émotions, de l’apport des neurosciences…




Jeunesse et hypnose médicale. Stéphane RADOYKOV

Les ferments d'Hypnocrate. Être médecin, ça veut dire quoi ? Tu verras quand tu seras grand. D’accord, mais c’est quoi alors être un bon médecin ? Tu verras cela en temps voulu. Et un mauvais médecin, qu’est-ce que c’est ? En serai-je un ? Et puis qu’est-ce que je fais là autour de toute cette souffrance ?


 



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Ici et ailleurs. Transes et mots d'est et d'ouest

mardi 26 août 2014 - 11:48
Compte rendu de Christine GUILLOUX Troisième édition, du 6 au 8 février 2014, à Paris, pour ce colloque «Hypnose d’ici, Hypnose d’ailleurs» de l’Association Thérapies d’ici et d’ailleurs. Spécialistes internationaux en provenance des Amériques comme de la Russie, des Indes comme de la Suisse, et de diverses régions de France, médecins, psychologues, neuroscientifiques, sont intervenus autant comme conférenciers que comme animateurs d’ateliers tant dans le traitement de la douleur, du stress post-traumatique, de la gestion des émotions, de l’apport des neurosciences… L’histoire de l’hypnose en France nous est familière. Mais qu’en est-il aux États-Unis et en Russie ? Des racines et des soclescommuns, des particularités à identifier ? Hypnose aux États-Unis Quelques repères historiques sont proposés par Joyce Mills, hypnothérapeute, fondatrice et directrice du Centre Story-Play® à Scottsdale, Arizona, co-directrice de l’Institut de Thérapie Ericksonienne de Phoenix.

À la fin du XVIIIe siècle, le mesmérisme traverse l’Atlantique et fait son chemin aux États-Unis. Charlatans, spirites, hypnotistes de spectacle ne donnent guère une belle renommée à l’hypnose. Les écrits d’Edgar Allan Poe (La Vérité sur le cas de M. Valdemar ; Souvenirs de M. Auguste Bedloe) et de Nathaniel Hawthorne (La maison aux sept pignons) induisent une certaine méfiance envers le mesmérisme et l’hypnose.

John Bovee Dods (1795-1872) popularise le mesmérisme ainsi que La Roy Sunderland (1804-1885), en s’appropriant une terminologie scientifique pour l’expliquer. Le magnétisme commence à céder le pas à l’électrique. Les mesméristes américains s’intéressent davantage à traiter la personne globalement plutôt que de guérir la maladie.Les aspects religieux semblent l’emporter sur les aspects cliniques. La Roy Sunderland met en évidence une « sympathie mentale » pour décrire sa version du magnétisme, qu’il finira par nommer «pathétisme».

Phineas Parkhurst Quimby (1802-1866), enfant, est atteint de tuberculose. Le chlorure de mercure qu’on lui administre accentue ses symptômes. Il remarque que lorsqu’il galope à cheval, sa douleur s’atténue. Il va s’intéresser à l’impact de l’esprit sur le corps, assiste en 1838 à la conférence du mesmériste français Charles Poyen, de passage à Belfast, dans le Maine, se met à étudier le mesmérisme jusqu’à l’enseigner. Il croit que la foi en la guérison est capable de soigner les maladies et qu’il y a lieu de dissiper les fausses croyances. Il traite avec un succès temporaire Mary Baker Eddy, auteur, guérisseur, fondatrice du mouvement de la Science Chrétienne, alors atteinte de paralysie hystérique.

Ce n’est qu’au début du XXe siècle que l’hypnose se développe après avoir été « publicisée » par les spectacles. Dave Elman (1900-1967), comédien, puis hypnotiste de spectacle, homme de radio, connu pour ses inductions rapides, retranscrit ses cours qu’il destine alors aux médecins et aux dentistes : Hypnotherapy est devenu aujourd’hui un manuel de référence en hypnose médicale.

Le psychologue Clark Hull (1884-1952) entreprend, à grande échelle, l’étude de l’hypnose à l’Université du Wisconsin. En 1933, il publie les premiers résultats de ses travaux, rigoureux et basés sur des analyses statistiques et expérimentales, dans Hypnosis and suggestibility. L’hypnose « n’est pas du sommeil et n’a aucune relation avec le sommeil. » En état d’hypnose, des réponses d’alerte plus que de léthargie sont apportées. Pour lui, hypnose et veille ne diffèrent essentiellement que par la sensibilité aux suggestions et par la capacité accrue à mémoriser. L’hypnose prend ses lettres de noblesse bien qu’il ait à en abandonner l’étude suite aux résistances du corps médical. Sa contribution est majeure et est encore utilisée aujourd’hui.

Milton H. Erickson naît en 1901 à Aurum au Nevada. En 1919, il contracte la polio. Le pronostic du médecin parvient à ses oreilles ce qui le rend furieux. Impensable de dire à une mère que son fils va mourir dans les heures qui viennent ! Trois jours de coma s’ensuivent. Paralysé, installé dans un fauteuil à bascule, il s’aperçoit qu’il peut se balancer et se met progressivement à mobiliser son potentiel musculaire. Nous connaissons la suite... Milton H. Erickson s’intéresse très vite aux travaux de Clark Hull, il devient son élève. Son approche thérapeutique se fait connaître dans les années 1950. Co-fondateur de l’American Society of Clinical Hypnosis, il continue à oeuvrer jusqu’à sa mort en 1980. Et c’est essentiellement l’approche d’Erickson qui domine aux États-Unis aujourd’hui.

Dans cet « esprit de la guérison » ericksonien, Joyce C. Mills a développé depuis plus de vingt ans un modèle de thérapie par le jeu, le « StoryPlay® », un modèle qui met en valeur la diversité culturelle, les capacités naturelles de guérison et les solutions créatives.


Hypnose en Russie Serge Bolsun, psychologue clinicien, directeur adjoint de l’Institut de recherche de l’hypnose clinique, Moscou, à son tour, nous présente quelques repères historiques. Il démontre combien l’École russe de l’hypnose du XXe siècle s’inscrit dans la continuité de l’hypnose française du XIXe siècle et son développement est conditionné par l’idéologie socio-politique de l’URSS.

Vasily Danielevsky (1852-1939), professeur de l’Université de Kharkov, en Ukraine, est le premier à étudier la physiologie de l’hypnose chez l’homme et les animaux. Il présente à Moscou, en 1891 au 4ème Congrès de médecins russes, les effets de la suggestion hypnotique pour accélérer la guérison des brûlures.

Ardalion Tokarsky (1859-1901), psychiatre, s’oppose à la vision de Charcot : l’hypnose n’est pas de nature pathologique. Il se bat pour faire accepter l’hypnose comme mode de traitement parmi et avec d’autres. Il fonde l’École de Psychothérapie et d’Hypnothérapie de Moscou. Il inaugure le premier « Cours d’Hypnose et de Psychologie Physiologique » auprès d’étudiants en médecine à l’Université de Moscou.


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Hypno-philo: Ethiques de la coopération. Dr Thierry Servillat

Ce livre n’est pas à proprement parler de la philosophie. Richard Sennett est professeur de sociologie à New York et à la London School of Economics. Retraité, il prend le temps de compléter et terminer son oeuvre. Influencé par Michel Foucault, il a travaillé sur de nombreux sujets, dont, dernièrement, la question des compétences dont les gens ont besoin dans leur vie quotidienne. En commençant par celles requises dans l’artisanat, inspirant l’opus traité lors de notre dernier Hypnophilo.




“Vous pouvez compter sur moi ”. Dr Stefano COLOMBO Quiprocquo, Malentendu et Incommunicabilité 34

“ Vous pouvez compter sur moi ”.Voilà une phrase que le thérapeute est souvent tenté de prononcer. Elle est rassurante, presqu’une garantie. Elle a le parfum de la signature d’un contrat.Un contrat ? Un contrat prévoit la signature des deux parties. Alors ? Est-ce que le patient est aussitôt prêt à déclarer que le thérapeute peut compter sur lui ? Pas si sûr.


Suggestif, magnétique, sportif, et surtout réparateur...Antoine Bioy

Pour commencer cette rubrique, posons- nous la question de savoir si le fameux « Dormez, je le veux ! » n’était pas si absurde ? Cordi et coll. (2014) montrent en effet que des suggestions pré-repos reçues en état hypnotique améliorent de façon significative la durée du sommeil. Très exactement, il s’agit du sommeil lent profond, impliqué dans l’amélioration de la plasticité cérébrale, et des capacités de restauration du corps (stimulation des défenses immunitaires…)




Ici et ailleurs. Transes et mots d'est et d'ouest. Christine GUILLOUX

Troisième édition, du 6 au 8 février 2014, à Paris, pour ce colloque «Hypnose d’ici, Hypnose d’ailleurs» de l’Association Thérapies d’ici et d’ailleurs. Spécialistes internationaux en provenance des Amériques comme de la Russie, des Indes comme de la Suisse, et de diverses régions de France, médecins, psychologues, neuroscientifiques, sont intervenus autant comme conférenciers que comme animateurs d’ateliers tant dans le traitement de la douleur, du stress post-traumatique, de la gestion des émotions, de l’apport des neurosciences…




Jeunesse et hypnose médicale. Stéphane RADOYKOV

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Formation Hypnose Nancy : Institut pour l'Utilisation des Thérapies brèves et de l'Hypnose en Lorraine

lundi 4 août 2014 - 01:28
Formation en Hypnose Ericksonienne à Nancy en Lorraine. Institut Membre de la Confédération Francophone d'Hypnose et Thérapies Brèves L'institut UTHYL a été créé par le Dr Philippe Aïm pour répondre au besoin de formation à l'hypnose et aux thérapies brèves en région Lorraine.

Cet institut propose entre autres une formation complète sur 3 ans (soit 36 journées, plus de 250H au total) incluant:

1ère année: formation à l'hypnose ericksonienne.

2ème année: principaux modèles de thérapies brèves, orientation sur la solution. Intégration des modèles de thérapies brèves en hypnose.

3ème année: perfectionnement thérapies brèves, orientation sur le problème. Intégration de différents modèles à l’hypnose.

La formation s’adresse exclusivement aux professionnels de la relation d’aide.
D'autres formations sont possibles en fonction des besoins ou des demandes. Pour plus de détails sur les formations, voir la page «Les formations».

http://www.institut-uthyl.com

Les Formateurs


Dr Philippe AÏM Psychiatre - Psychothérapeute

Responsable pédagogique de l’institut UTHyL et formateur principal

Responsable pédagogique au Collège d’Hypnose et de Thérapies Intégratives de Paris CHTIP

Ancien chef de clinique à la faculté de médecine de Nancy

Formateur et conférencier international.


Bernadette Audrain-Servillat Psychothérapeute agréée ARS.

Co-fondatrice du Centre Interdisciplinaire de Thérapie Intégrative et de l’Institut Milton H. Erickson de Rezé

Formatrice et conférencière.


Dr Jean-Marc Benhaiem Hypnothérapeute.

Président de l’Association Française pour l’Etude de l’Hypnose Médicale

Responsable du D.U. d’hypnose médicale de l’Université Paris VI (la Pitié-Salpêtrière)

Auteur de plusieurs livres sur le sujet dont «L’hypnose ou les portes de la guérison» (avec François Roustang)

Formateur et conférencier.


Dr Julien Betbèze Psychiatre Psychothérapeute.

Responsable de l’accueil familial thérapeutique à Nantes.

Formateur et conférencier.

Co-auteur de « Thérapies brèves: principes et outils pratiques » Ed. Masson.


Pr Antoine Bioy Professeur des Universités HDR - Psychologie médicale et psychopathologie

Docteur en psychologie clinique (PhD) - ancien attaché hospitalier

Hypnothérapeute, formateur et conférencier.

Expert scientifique pour l’Institut Français d’Hypnose


Dr Marie-Christine Cabié Psychiatre et psychothérapeute, formatrice et conférencière.

Chef de pôle de psychiatrie à Paris.

Membre du comité de rédaction de la Revue Thérapie Familiale

Directrice de la collection Relation chez Erès.

Présidente de Korzybski France.

Initiatrice de l’approche solutionniste en France et rédactrice du premier livre francophone sur le sujet: «Pour une thérapie brève» ed. ERES


Laurent Gross Kinésithérapeute, Hypnothérapeute. Formateur en hypnose éricksonienne à Paris et Nancy

Superviseur en EMDR - IMO (Intégration par les Mouvements Oculaires).

Président du Collège d’Hypnose et de Thérapies Intégratives de Paris. CHTIP


Dr Maxime Lamourette Psychiatre et psychothérapeute, formateur.

Ancien chef de clinique à la faculté de médecine de Nancy

Ancien assistant des hôpitaux du CHU de Nancy


Dr Thierry Servillat Psychiatre psychothérapeute.

Formateur et conférencier international.

Président de l'Institut Milton H Erickson de Rezé

Co-fondateur du Centre Interdisciplinaire de Thérapie Intégrative

Ancien président de la CFHTB Confédération Francophone d'Hypnose et de Thérapies Brèves

Co-auteur de "Psychothérapies: une approche plurielle" (Masson).

Rédacteur en chef de la revue HYPNOSE & Thérapies brèves.


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L’hypnose en unité de soins palliatifs. Dr Jean BECCHIO

vendredi 20 juin 2014 - 12:06
L’hypnose est un outil thérapeutique très utile et bien accepté par les patients et le personnel soignant dans cet univers si particulier que sont les soins palliatifs. Notre petite unité de soins palliatifs est un ensemble de dix chambres individuelles. Notre journée commence par la réunion du matin où je sélectionne les patients chez lesquels il serait judicieux d‘utiliser l’hypnose. Ce matin, je note deux noms sur ma fiche de prè-sélection : Maria et Fassassi. Maria souffre de douleurs abdominales intermittentes, mal calmées par la morphine et les antispasmodiques. Je consulte son dossier. Maria, jeune maman de 35 ans, est venue dans notre service en phase terminale d’un cancer de l’ovaire. Ces douleurs sont liées à la masse tumorale, mais ces renseignements cliniques, histologiques, physiologiques ne sont pas ce que je recherche en priorité dans le dossier. Je vais rendre visite à une patiente qui est bien suivie sur le plan médical par l’équipe des cliniciens du service et je me place en intervenant complémentaire, agissant sur les symptômes, quelle que soit leur origine. Pour cela j’utilise la technique hypnotique. Cette technique nécessite elle aussi des "ingrédients" que je recherche dans le dossier. Ces éléments, utiles pour mon approche, sont la date et le lieu de naissance de la patiente, son métier, son statut marital, les prénoms et âges des enfants, ses distractions préférées, sa religion, ses croyances. Je dois avouer que dans des dossiers qui pèsent parfois plusieurs kilos, ces informations sont souvent absentes.

C’est le cas aujourd’hui pour Maria. J’apprends qu’elle est mariée, mère d’une enfant de douze ans et est née à Paris un 14 mars (nous sommes le1er mars). J’entre dans sa chambre. Toutes nos chambres sont éclairées par une baie vitrée qui donne sur un adorable jardin botanique, créant une douce et agréable ambiance. Maria est allongée sur son lit et regarde, à droite, les oiseaux nichés sur les arbres du jardin. En face d’elle, sur un panneau en liège sont affichées des photos de sa vie. Sur la table de nuit placée à sa gauche, un poste de radio diffuse de la musique classique. Je me présente et signale à Maria que j’ai appris que sa douleur était toujours présente, malgré les médicaments. Je l’interroge, classiquement, sur les caractères de cette douleur, puis je lui propose d’apprendre un exercice, basé sur l’hypnose, pour mieux gérer cette douleur, en complément des traitements qu’elle reçoit déjà. Maria accepte. Je me tourne alors vers le panneau mural où se trouvent les photos et je demande à Maria de me dire quelques mots sur ces morceaux de vie. Elle me présente sa fille Joan et je comprends l’importance de la place occupée par cette jolie enfant blonde dans le cœur de sa maman. Nous parlons de son métier d’employée de banque, de son amour pour la musique et les balades dans la nature. Nous revenons sur la douleur et je fais préciser à Maria ce qu’elle ressent lorsque la douleur commence à s’installer. « C’est comme une tenaille qui me serrerait brutalement les muscles du ventre ».

Muni de cette métaphore , je propose l’exercice d’hypnose à Maria. Je lui demande de fermer les yeux et de bien écouter tout ce que je vais dire car elle pourra refaire l’exercice, plus tard, toute seule, sous forme d’exercice d’auto-hypnose. J’applique alors la technique d’induction hypnotique qui permet d’aider le patient à passer de l’état d’éveil conscient à l’état de transe hypnotique activée. Maria présente rapidement les signes cliniques de l’état hypnotique. Je demande alors à Maria de retrouver un souvenir d’une expérience d’apprentissage agréable, de n’importe quelle partie de sa vie, dans n’importe quel domaine. Elle retrouve rapidement le souvenir du jour où elle a accouché pour mettre au monde Joan. Je l’accompagne dans ce souvenir en employant des suggestions indirectes, des suggestions ouvertes et des métaphores adaptées au but de la séance. Je place des suggestions post-hypnotiques, qui aideront Maria après la séance. Nous terminons la séance qui a duré un peu moins de cinq minutes. Maria est souriante et détendue en fin de séance. Elle nous raconte son vécu. Lorsque Joan est sortie de mon ventre, j’ai ressenti une « inondation de joie et de bonheur et la tenaille s’est relâchée complètement ». Maria demande comment elle peut pratiquer toute seule. Je lui donne les principes de base de la pratique auto hypnotique. Je travaillerais encore trois fois avec Maria dans les deux semaines précédant son décès. Maria a parfaitement intégré la technique d’auto-hypnose et cette technique, associée au traitement médicamenteux lui permet de communiquer avec son entourage jusqu’à son dernier jour. Lorsqu’elle meurt, le lendemain de son anniversaire, elle nous quitte dans un coma progressif, calme, sans signe de souffrance et sans coma pharmacologique.

Fassassi est un jeune patient de vingt ans entré dans notre service la veille. La vie de Fassassi se déroulait normalement dans son village du Sénégal jusqu’à l’automne dernier où il se fractura spontanément un fémur en roulant à bicyclette. Le diagnostic de cancer fut posé et, malgré l’amputation et les traitements complémentaires institués dans son pays, la maladie continua à progresser. Désemparés, les parents l’ont placé la semaine dernière dans un avion à destination de Paris. À son arrivée à Orly, il tomba dans un coma léger et fut hospitalisé à l’hôpital de Bicètre. Il séjourna une semaine dans le service de médecine interne ; devant l’aggravation de son état et l’impossibilité de traiter les métastases multiples, il fut décidé
de l’hospitaliser dans notre service. Aucun renseignement sur son dossier, hormis les diagnostics et traitements médicaux. Je découvre un grand jeune homme, cachectique, dyspnéique, tournant ses grands yeux inquiets vers moi. Fassassi parle très bien le français et sait même écrire. Depuis son arrivée, il communiquepeu avec les soignants et montre, sur son visage et dans son comportement, une angoisse importante. Je le questionne
sur ce qu’il ressent et il me dit que ce qui l’inquiète le plus, c’est sa difficulté à respirer. Je l’interroge sur sa vie et ses occupations. Il travaille dans une scierie et aime jouer au football. Nous parlons de l’équipe de foot du Sénégal et son regard s’éclaire pour la première fois.

Au centre le patient. Edito du Dr Philippe Tournesac
La médecine individualisée progresse en théorie, mais nous avons encore beaucoup de retard à combler pour passer à la pratique. Dire que les êtres humains sont différents les uns des autres peut sembler une lapalissade, pourtant la plupart des protocoles de soins sont établis sur des groupes d’individus de taille limitée, non représentatifs de l’ensemble de la population. La posologie de n’importe quel médicament en France est rédigée pour des individus de type caucasien; cela fait mieux que de dire blanc occidental !
La mitochondrie. Dr Philippe TOURNESAC
La mitochondrie est avant tout une centrale de production d’énergie. Son dysfonctionnement intervient dans la plupart des processus de vieillissement, la fatigue, les cancers et les maladies cardiovasculaires. Les mitochondries sont des organites situés dans nos cellules. Elles sont responsables de la production d’ATP, principale source d’énergie de la cellule. Ces centrales de production d’énergie disposent de leur propre ADN.
La thérapie de soutien du médecin face à un patient déprimé. Dr Pierre CORET
Médecin, un métier à risque ! S’il n’est pas bien formé, son écoute, son engagement l’exposent à des souffrances qui peuvent retentir sur sa vie personnelle et sur la relation établie avec le patient. LE DOMAINE DU FLOU ARTISTIQUE… Quand il s'agit de qualifier la dimension de soutien psychologique qu'un médecin doit apporter à un patient déprimé, les termes employés sont souvent très approximatifs.
La TAT (Tapas Acupressure Technique) une technique psychothérapeutique à découvrir
À l'occasion de sa venue en France, à l'île de Houat, voici une interview de Tapas Fleming, la créatrice de cette nouvelle technique psychothérapeutique. L'interview est menée par Alain Gourhant. Alain Gourhant : D'abord qui êtes-vous ? Comment aimeriez-vous vous présenter à un public français qui ne vous connaît pas bien ? Tapas Flemming : Chaleureuses salutations ! Je suis Tapas Fleming, une acupunctrice en Californie.
Où en sommes-nous aujourd’hui femmes et hommes de notre sexualité?
Par Jacques SALOMÉ - Psychosociologue. Tout d’abord dire qu’il y a au moins deux sexualités celle des femmes et celle des hommes ! Celle des femmes me paraît aujourd’hui en expansion, dans le sens où les femmes n’hésitent pas à se montrer désirantes et demandantes. Qu’elles témoignent de leur appétence sexuelle avec une plus grande liberté que les femmes de mes premières amours.

États altérés de conscience : psychose, au delà d’Alfred Hitchcok
Dr Jean-Michel ISSARTEL. Dans le langage courant, les mots délire, bipolaire et psychose sont utilisés abusivement et banalisés. Dommage, car la pathologie bipolaire et psychotique recouvre une réalité médicale grave, qu’il faut savoir dépister très vite. ean-Paul 22 ans, vient consulter pour la première fois un médecin, accompagné de son frère. Il entre dans mon cabinet et je lui propose de s’installer dans un fauteuil. Il préfère s’allonger par terre et commence immédiatement le discours suivant: « je vais écrire au Président Chirac pour lui expliquer comment mener la politique… ».
Changeons de niveau de conscience. Dr Nathalie Geetha BABOURAJ
Rencontre avec une scientifique qui s’interroge sur la conscience et ses impacts sur les mécanismes de guérion. L’apport de la philosophie indienne dans les états modifiés de conscience. Interview de Shamini Jain, psychoneuroimmunologiste, professeur adjointe dans le département de psychiatrie à l’Université de Californie, San Diego, et chercheuse à l’Institut Samueli. Deux mois chez les Américains. Pour découvrir comment la médecine intégrative se développe sur le terrain, au-delà de la documentation scientifique qui abonde de plus en plus dans les moteurs de recherche tel que Pubmed.
Les hallucinogènes. Dr Philippe TOURNESAC
Leurs effets sur la conscience sont faciles à constater. Les effets bénéfiques sont relatifs quand on les compare aux risques sur la santé neurologique et psychique. L'emploi de drogues hallucinogènes remonte à l’histoire de l’humanité en de nombreux points de notre globe ; l'homme a utilisé des substances – naturelles, puis synthétiques – capables de modifier son état de conscience, pour s’extraire de la réalité, en changer la perception dans un but thérapeutique, ludique ou créatif.
Drôle de voyage en Mongolie en état modifié de conscience. Alain GOURHANT
Quand René un jour m'a téléphoné pour me raconter son voyage en Mongolie, juste au moment où je me demandais ce que j'allais écrire pour le dossier États modifiés de conscience, mon sang n'a fait qu'un tour : c'était une extraordinaire synchronicité ; son voyage à travers l'iris de l'oeil des gens qu'il a rencontrés là-bas, ce voyage, en sa poésie limpide, dans une autre dimension de notre connaissance, est bien plus convainquant que n'importe discours intellectuel sur cette possibilité de notre conscience humaine, quand elle tourne d'un cran sur son axe, de se modifier et de visiter d'autres dimensions.
États modifiés de conscience. Rencontre avec le Dr Jean-Jacques Charbonier
Par Estelle GUERVEN. Le docteur Jean-Jacques Charbonier est médecin anesthésiste-réanimateur. Il exerce son métier depuis vingt-cinq ans. Membre de la Société Française de Réanimation, membre d’honneur du Centre d’Etude des Expériences de Mort Imminente, membre du Centre National d’Etude de Recherche et d’Information sur la Conscience (CNERIC), conférencier et auteur de plusieurs livres sur les états de conscience modifiée, il a dirigé deux thèses de doctorat en médecine sur les expériences de mort imminente (Hôpital Bichat à Paris et CHU de Reims).
Méditation de pleine conscience. Pr Corinne ISNARD BAGNIS
EN QUOI CONSISTE LA MPC ? La Méditation de pleine conscience dans l’école de Jon Kabat Zinn est un entraînement du mental inspiré des traditions méditatives ancestrales pour la plupart orientales, mais laïcisées pour être rendues accessibles à tous. Le principe est de porter son attention de façon délibérée et avec bienveillance, sur différents objets de méditation (les sensations du corps, la respiration, les pensées, les émotions, les sons…). En pratique, les exercices de méditation sont réalisés en groupe au cours de séances collectives qui s’accompagnent de périodes d’échanges et d’enseignement.
De l’utilisation thérapeutique de la frontière entre veille et sommeil
Le Rêve Eveillé Libre est une technique de psychothérapie brève, réalisée entre la veille et l’endormissement où « les mots qui vont surgir savent de nous ce que nous ignorons d'eux » (René Char). LA CURE DE RÊVE ÉVEILLÉ : POUR QUOI FAIRE ? Dissiper les souffrances, positiver les ressentis négatifs et tout particulièrement les plus délétères, ceux qui sont enfouis dans l’inconscient.
La conscience sophronique. Alain GIRAUD
Bien dans son corps… bien dans sa tête… bien dans sa vie. La sophrologie, la méditation, la cohérence cardiaque peuvent efficacement renforcer votre traitement ou simplement contribuer à votre bien-être, à votre développement personnel, à l’optimisation de vos performances sportives. Elles n’ont pas de prétention médicale ni vocation à remplacer un traitement ou un suivi psychologique. Mais avant d’aborder les différents états de conscience en sophrologie et plus particulièrement l’état « sophro-liminal », il nous faut un instant revenir sur le terme de conscience et sur l’objectif de la sophrologie.
Quels sont les effets avérés de la bromélaïne ?
Par Emmanuel BARRAT, Docteur es Sciences en Physiologie des Organismes La bromélaïne est traditionnellement utilisée depuis des centaines d’années en Amérique du Sud. Utilisée en Europe depuis les années 60, de nombreux scientifiques ont étudié l’intérêt de cet extrait de fruit. Quels bénéfices est-on en droit d’attendre ? QU’EST-CE QUE LA BROMÉLAÏNE ? Le terme de bromélaïne désigne un extrait aqueux d’ananas (fruit ou tige) contenant un mélange d’enzymes protéolytiques. Ces extraits contiennent également du calcium organique et d’autres substances co-extraites (peroxydases, phosphatase acide, inhibiteurs de protéase…). Notons que certains utilisent le terme bromélaïne pour désigner uniquement les enzymes protéolytiques.
Discrimination et santé publique.Dr Philippe Tournesac
Actualités pathologies neurofonctionnelles. Du 19 au 23 mars 2014, 400 professionnels et patients se sont retrouvés à San Francisco au congrès biannuel mondial du syndrome de fatigue chronique. Ils ont pu discuter des dernières avancées de la recherche biomédicale et comportementale sur le diagnostic, la pathophysiologie, la génétique et le traitement du syndrome de fatigue chronique.Des dysfonctions cérébrales particulières à la maladie sont maintenant bien établies. Des carences, des variations biochimiques de biomarqueurs sont de mieux en mieux mis en évidence.
Fatigue chronique: les perspectives thérapeutiques. Dr Philippe Tournesac
Une fois la phase diagnostic aboutie, que faire ? MÉDICAMENTS ET SYMPTÔMES. Il n’existe pas de médicaments ayant une indication pour traiter le syndrome de fatigue chronique. Ils peuvent toutefois avoir des indications symptomatiques pour les troubles digestifs, la douleur, le sommeil, les variations du rythme cardiaque, une chute de tension, l’intolérance à la position debout… Malheureusement cette approche symptomatique a peu ou pas d’impact sur la fatigue et la fatigabilité. Cela permet d’apporter plus de confort et de rendre la vie plus tolérable.
Les tendinites chez le basketteur. Jean-Romain FOY
Exemple d'un basketteur professionnel. Jean-Romain FOY, préparateur physique & manager du CIPPSPORT, il a collaboré avec Alain Weisz (ex coach de l'équipe de France de basket) dans le suivi de basketteurs professionnels (HTV pro A). Florent Tortosa est un ancien basketteur du HTV pro A et de l'équipe de France espoir coaché par le CIPPSPORT. Bonjour Florent, peux-tu te présenter à nos lecteurs ? Florent Tortosa : j'ai 24 ans et je suis basketteur pro depuis 5 ans maintenant.
Diffusé par hypnose-ericksonienne.org

Musique et hypnose. Catherine ELIAT

mercredi 11 juin 2014 - 14:03
LA VOIE DU SON ? Aspirant à devenir « pianesthésiste », Catherine Eliat approfondit ici une méditation sur l’utilisation de la musique hypnose, particulièrement dans la prise en charge de la douleur aigüe chirurgicale. Un texte qu’elle fait progresser piano appassionata. Dès ma première formation à l’hypnose, en 2007, à Emergences avec Claude Virot, et alors que parallèlement je reprenais un contact intensif avec la musique, je me suis interrogée sur les liens entre la pratique de l’hypnose dans le soin, et la pratique instrumentale ou vocale des musiciens. Comme certains de nos patients, j’ai un parcours ancien et chronique. A ceci près que j’ai choisi l’affection qui m’accompagne et sa nature musicale. Je vis avec le piano depuis de nombreuses années, et mes explorations me font visiter un large répertoire, en solo ou en petite formation de musique de chambre.

Frappée par les correspondances musique/ hypnose, mais ne sachant pas comment les mettre en mots et surtout en pratique, je suis de plus en plus souvent confortée dans mon intérêt pour ce domaine. Depuis les métronomes de Claude Virot pour illustrer la souplesse qui permet l’adaptation et l’harmonie, jusqu’à cette initiation au tango dont j’ai surtout retenu que le couple commence par s’accorder, yeux fermés et face à face, par un léger balancement en miroir. De la pratique de la musique en duo où les respirations et les gestes se synchronisent (et aussi, très probablement, les ondes cérébrales des musiciens), jusqu’aux neurones miroirs de Damasio. Des techniques de chant utilisées par certaines femmes lors de l’accouchement pour calmer la douleur des contractions, jusqu’aux chorales de patients Alzheimer qui font alors de nouveaux apprentissages… Les ponts entre hypnose et la musique sont nombreux. Tout comme sont remarquables les mots communs à l’un ou l’autre domaine (timbre, rythme, mélodie, accordage, souffle, harmonie, répétition, dissociation…). Et proches le travail corporel et émotionnel avec l’hypnose et celui des musiciens
(bercement, balancement, travail avec la respiration, mise en mouvement, vibration, résonnance...).

Dans la revue Hypnose & Thérapies brèves n° 27, l’article de Sophie Cohen commence par ces mots : « Chers lecteurs, en quoi l’hypnose peut-elle avoir un lien avec la musique ? Et si l’hypnose était une musique ? ». J’ai bien sûr rencontré dans ces pages le clavier hypnotique de Stéphane
Ottin Pecchio et son « hypnose musicale ». Et puis ces articles et liens qui « tournent autour » : hypnose et danse, un atelier au congrès de Biarritz animé par une chorégraphe, un autre atelier et des vidéos autour du silence… En passant, après quelques détours, par ce livre de référence en ethnomusicologie de Gilbert Rouget. En voici un passage à propos des séances de ndöp au Sénégal : « Une étroite relation interpersonnelle s’établit à ce moment entre le tambourinaire et la possédée. Le tambourinaire prend en quelque sorte celle-ci en charge. Se tenant tout près d’elle, il ne la lâche plus, attentif à ses moindres mouvements, observant sans cesse son comportement et se réglant sur lui pour précipiter le tempo ou au contraire le ralentir, choisir les battements qu’il faut (….).

Mais s’il peut l’entrainer ainsi et finalement la mener où il veut, c’est qu’il a su instaurer avec elle une étroite entente ». Vous aurez reconnu dans cette transe musicale cet étroit accordage que nous recherchons avec le patient pendant un travail d’accompagnement hypnotique.Observons, observons… Et constatons l‘intérêt des soignants, par exemple au bloc opératoire, pour entourer le patient d’un accompagnement musical, généralement choisi par le soignant pour les propriétés relaxantes qu’il lui prête, ce qui donne parfois des effets paradoxaux ! Car pour les patients comme pour une bonne partie des soignants, y compris parmi ceux qui sont formés à ces techniques, il faudrait « être détendu » pour pouvoir faire de l’hypnose, et cette détente serait facilitée par l’écoute d’une musique relaxante, selon une équation contestable hypnose = relaxation.

Comment et pour qui le thérapeute utilise-t-il réellement la musique ? Le patient, vraiment ? Mais dans ce cas comment, en lui imposant une musique, peut-il suivre de près le monde du patient, ses représentations, ses goûts ? Le thérapeute mettrait-il plutôt la musique pour lui-même ? Ou encore pour l’équipe qui aura ainsi reçu le signal paradoxal « silence » et se déplacera plus lentement, fera moins de bruit, rendant ainsi l’environnement médical moins agressif ? Quelle musique utiliser alors ? Si vraiment on recherche la relaxation, alors la structure musicale devra répondre à un cahier des charges bien précis : induction par une mélodie agréable avec une harmonie complexe, puis simplification harmonique et descente progressive vers des sons graves et vers un rythme proche du rythme cardiaque de repos (environ 60 battements par minute, qui est aussi le tempo des berceuses du monde entier) Phase d’entretien, puis réassociation par restauration du rythme et du mouvement initial. Le tout pendant un temps précis qui doit théoriquement être respecté et ne laisse donc pas beaucoup de liberté ni au patient… ni au thérapeute. Cette approche de relaxation, qui a ses applications, me paraît très occidentale et pas toujours bien adaptée au travail hypnotique dont nous savons qu’il nécessite souvent un travail actif, voire intense, du patient, et qui peut être très éloigné de la relaxation…

Alors que faire avec la musique ? Soit la musique constitue un bruit de fond parmi d’autres sons, qui pendant le travail hypnotique vont peu à peu se mélanger, se fondre et passer à l’arrière-plan comme les autres composants de l’environnement extérieur, soit la musique fait partie intégrante de l’hypnose. Et dans ce cas comment être pertinent et suivre au plus près, musicalement, les différentes phases de notre travail avec le patient ? Utiliser une musique choisie par le patient ? Oui mais… pensons au confort du thérapeute qui parfois aura bien du mal à supporter le résultat. Pensons aussi aux résonances émotionnelles imprévues : imaginons que le thérapeute se retrouve comme cette patiente en larmes pendant toute l’intervention car la musique choisie était celle diffusée lors de l’enterrement de son père… A ceci je ne vois pour l’instant qu’une réponse : si accompagnement musical il y a, alors la musique doit être créée au fur et à mesure du travail hypnotique, par le thérapeute, pour et avec le patient et c’est bien ce que fait Stéphane Ottin-Pecchio dans son accompagnement pianistique. Et comme il n‘est pas donné à tous de pouvoir emmener un piano à queue dans son cabinet ou en salle d’opération, il nous reste à explorer des pistes pour pouvoir accompagner le patient en musique dans l’hypnose.

La voix, premier instrument ? Observons alors comment nous utilisons notre voix pendant les transes. C’est d’ailleurs un paradoxe: le langage et le lien hypnotiques, nous dit-on, sont majoritairement non verbaux, et pourtant dès le début, au cours de notre apprentissage de l’hypnose, nous explorons les subtilités de la langue, les doubles négations, les implications, les mots qui protègent, l’art de suggérer un mot avec sa propre absence, enfin des procédés complexes qui bien souvent prennent la première place. Et même lorsque nous apprenons, avec l’expérience à respecter le silence, à ralentir, à dire juste un mot de temps en temps, il n’en reste pas moins que nous parlons…. beaucoup. Pourtant notre voix n’est pas la même que d’habitude : son rythme est généralement plus lent, son intonation plus grave, son timbre même plus riche : sa musique est différente, qui s’adresse d’une autre façon au patient. Parfois même seule cette musique sera perçue, comme pour ces enfants d’hématologie trop fatigués pour l’effort de concentration que nécessitent les mots. Ou peut-être même, poussons plus loin, comme pour ces personnes qui, une fois réassociées, ne se rappellent pas un seul des mots du thérapeute…

Ou comme pour tous ces patients qui, sortant de transe, ne nous restituent pas les mots prononcés, mais nous parlent, de façon plus globale, de notre voix qui est un lien, un pont, une sécurité pendant l’hypnose. A l’intention thérapeutique près, nous sommes proches de Georges Aperghis dans ses « Récitations », qui crée une musique de la voix, une syntaxe musicale affranchie du sens verbal, et il est probable que très souvent le patient n’entende
que cette musique.


Edito du Dr Thierry SERVILLAT, Revue Hypnose et Thérapies Brèves n°33
QUI EST ÉRICKSONIEN ? C’est le printemps, et nous sommes en pleine effloraison éricksonienne ! De nombreux instituts éricksoniens divers et variés continuent de voir le jour, des livres éricksoniens de paraître, des sites de praticiens éricksoniens d’être mis enligne. Les éricksoniens en font des tonnes…Mille tonnes comme m’avait suggéré mon logiciel de dictée vocale à qui je m’étais confié au sujet du Magicien du Désert !

Les herbes folles. Dr Patrick BELLET
CONTRIBUTION À LA NATURE VÉGÉTALE DE L’HYPNOSE. Digressions à la manière d’un road-movie sur la pratique de l’hypnose, entre académisme et sérendipité. C’était une journée banale. Je devais me rendre dans un hôpital pour une conférence. Après un démarrage un peu matinal, la route départementale me mène de Vaison jusqu’à l’autoroute à Bollène. La routine. L’arrivée au péage. Ralentir, s’arrêter, prendre le ticket. La barrière qui se lève. Première, seconde, troisième.
Récits et formes en douleur chronique
Par Fanny MILLER, avec la contribution de Pierre-Henri GARNIER. L’ACTEUR RÉSEAU « HYPNOSE ». Non seulement écouter le patient douloureux chronique, mais observer son langage lorsqu’il raconte sa rencontre avec l’hypnose. Tel a été le sujet d’une recherche menée par une jeune psychologue avec l’aide d’un logiciel d’analyse de mots.

Harcèlement professionnel
Par Guillaume DELANNOY, Grégory LAMBRETTE. APPROCHE PRAGMATIQUE ET INTERACTIONNELLE. Voir autrement une situation bien souvent décrite en terme de blocage. Les auteurs nous proposent ici de considérer le harcèlement au travail comme une interaction dans laquelle la victime devient active et permet qu’un processus vivant modifie la donne.













Préparation mentale par la PNL. Guy MISSOUM
POUR PERFORMER PARFAITEMENT. Fille de l’hypnose, la PNL reste une pratique vivace dans certains domaines comme la préparation sportive. Spécialiste reconnu, l’auteur en présente les principaux outils utilisés. Développée initialement dans les domaines de la thérapie et de l’optimisation de la vie quotidienne, la PNL s’est très vite répandue dans l’univers de l’entreprise.

Milton Erickson. Penser à la main. Dr Thierry Servillat
Juhani Pallasmaa est architecte et finlandais. Il vient de publier un livre dont le titre fait immédiatement écho à tout praticien utilisant dans son travail l’approche d’Ernest Rossi : La main qui pense. Original dans la forme (car abondamment illustré, comme notre revue, d’images en noir et blanc qui éclairent considérablement le propos), il l’est aussi dans son projet : « (…) souligner les mécanismes relativement inconscients de la pensée et de la création qui sont à l’oeuvre chez l’écrivain, l’artiste, l’artisan ou l’architecte ».


“Pour le moins”. Dr Stefano COLOMBO Quiprocquo, Malentendu et Incommunicabilité 33
Pour le moins c’est clair !En moins de temps qu’il n’en faut pour le lire, j’ai eu la sensation, pour ne pas dire la conviction, que je vaux moins que zéro, à moins que...Prenons les mathématiques : moins et moins cela fait plus. Sauvé ! J’ai volé deux pommes, et la vieille dame s’est retrouvée avec deux pommes en moins, le lendemain j’ai récidivé. Elle avait encore deux pommes en moins, et moi, j’en avais quatre en plus. Simple non ? Moins deux et moins deux donne quatre.

Actualités scientifiques. Antoine BIOY
Commençons par les actualités dans le soin. Kamen et coll. (2014) confirment l’intérêt de l’hypnose dans les nausées et vomissement liés à la chimiothérapie chez les patients atteints de cancer (avec l’avantage très formel de ne pas nécessiter de matériel et que le patient peut apprendre l’autohypnose et donc pratiquer seul). Toujours dans le cancer, une étude prospective de Paquier et coll. (CHU de Poitiers) montre l’intérêt d’une séance d’hypnoanalgésie accompagnant la photothérapie dynamique (traitement de lésions cancéreuses ou précancéreuses).

Milton Erickson.La réalisation du Magicien du désert
Contributions de Roxanna ERICKSON-KLEIN, Alexander VESELY, Mary CIMILUCA.
Traduction Thierry SERVILLAT.Le film Magicien du désert, réalisé par Alexander Vesely, est un film sur le Dr Milton Erickson. Il parle à la fois de l’histoire de cet homme remarquable, et des profondes impressions que celui-ci était capable de provoquer en un instant. C’est l’histoire de l’impact qu’il a eu sur des personnes et sur le métier psychothérapeutique en pleine évolution. Les personnes ayant cette capacité sont rares et leur propre histoire est singulière.

A propos du réseau « Hypnose et Maternité »
Par Isabelle BARGELE, Armelle TOUYAROT. Pourquoi un article d’information sur le réseau « Hypnose et maternité » dans la rubrique « billet d’humeur » ? Il semble que ce soit courant d’associer « humeurs » et maternité… Humeurs fluctuantes en raison notamment de leur rapport avec les hormones. Revenons au dictionnaire : Humeur : du latin humor, liquide. Disposition affective de base dont les variations entre une tonalité agréable (pôle du plaisir) et une tonalité désagréable (pôle de la douleur) seraient sous-tendues par une régulation neuro-humorale (Larousse).

Diffusé par hypnose-ericksonienne.org

Milton Erickson.La réalisation du Magicien du désert

mercredi 11 juin 2014 - 14:03
Contributions de Roxanna ERICKSON-KLEIN, Alexander VESELY, Mary CIMILUCA. Traduction Thierry SERVILLAT Revue Hypnose & Thérapies Brèves 33

Le film Magicien du désert, réalisé par Alexander Vesely, est un film sur le Dr Milton Erickson. Il parle à la fois de l’histoire de cet homme remarquable, et des profondes impressions que celui-ci était capable de provoquer en un instant. C’est l’histoire de l’impact qu’il a eu sur des personnes et sur le métier psychothérapeutique en pleine évolution. Les personnes ayant cette capacité sont rares et leur propre histoire est singulière.

Cette histoire, le film intitulé Magicien du désert, a son propre récit et son commencement. Il nous est venu à travers les efforts d’un grand nombre de gens et de circonstances. Le génie et la genèse du film sont attribués directement à une idée conçue et développée par le réalisateur Alexander Vesely. Vesely est un réalisateur et un cinéaste réputé, ayant remporté le California Film Awards Diamond Award pour son documentaire sur un autre pionnier du 20ème siècle, le Dr Viktor Frankl ; et il a été précédemment psychothérapeute. Le réalisateur Vesely a étudié la psychothérapie à Vienne, en Autriche, en tant que moyen pour mieux comprendre l’impact et les expériences émotionnels. Cette concentration sur la « cinémathérapie » lui a donné un avantage qui fait défaut à la majorité des réalisateurs quand ils travaillent avec des producteurs, des acteurs, des monteurs, et d’autres membres d’équipes créatrices de films. Durant sa recherche sur les diverses écoles de psychologie, il fut initié au travail du Dr Milton Erickson par un ami de la famille, Jeffrey Zeig, fondateur et directeur de la Fondation Milton H. Erickson à Phoenix, Arizona, en 2007.

Bien qu’il fût en plein travail de réalisation d’entretiens pour le documentaire Viktor and I, Vesely accepta l’invitation de Zeig à assister aux niveaux fondamental, intermédiaire et avancé de la formation à l’Hypnose Ericksonienne de la Fondation en juillet et août 2007. Fasciné par ce travail, il germa en lui l’idée d’un nouveau documentaire sur Erickson, et il en discuta à fond avec J. Zeig qui sentit que cette idée était plausible, bien que du temps serait nécessaire pour qu’elle puisse se développer pleinement dans l’esprit de Vesely.

Décembre 2008. De nouveau à la demande de la Fondation Erickson et de J. Zeig, Alexander fut invité à projeter les 41 premières minutes du film Viktor and I lors de la Brief Therapy Conference à Orlando (USA). Il demanda alors la permission de commencer à mener des entretiens et à faire des plans afin de voir comment les histoires recueillies lors des entretiens pourraient accompagner la présentation du travail du Dr Erickson. L’excitation commença à se faire sentir à San Diego ce même mois de décembre, quand il commença les entretiens avec des collègues, des membres de la famille et des anciens étudiants d’Erickson. Alexander raconte : « De grands enseignants se mirent à raconter des témoignages sur le Dr Erickson avec un tel enthousiasme et un tel respect que je me mis à avoir très envie d’approfondir véritablement ce travail. » Il rencontra la directrice de la production, Roxanna Erickson-Klein, et la productrice Mary Cimiluca, lors d’une réunion commune, et bien que quelques entretiens aient été réalisés, la préoccupation principale à cette époque était le film sur Viktor Frankl (www.viktorandimovie.com). R. Erickson-Klein et J. Zeig furent tous deux enthousiastes au sujet de la possibilité d’un documentaire sur Erickson, et le projet d’Alexander commença à prendre forme.

Alex Vesely demande que nous soyons grandement reconnaissants pour ce film aux deux supporteurs initiaux qui jouèrent un rôle important en rendant disponibles les archives, en sélectionnant les personnes interviewées et en fournissant des photographies qui permirent le début du voyage : Roxanna Erickson- Klein et Jeffrey Zeig. Les points communs entre Frankl et Erickson fascinèrent toutes les équipes qui travaillèrent sur ces deux projets, et c’est encore le cas aujourd’hui ! Chacun de ces deux génies était un penseur unique et puissant, dont la curiosité était un moteur et dont l’engagement dans une activité de découverte utilisant le fondement scientifique fournissait une direction. Chacun était d’abord et avant tout un médecin, avait engagé sa vie dans le travail de guérir, et s’était écarté des modèles sociétaux de psychothérapie dans lesquels ils avaient été éduqués.

Chacun était un écrivain prolifique, et un orateur charismatique ; chacun était capable de surmonter des difficultés personnelles qui étaient survenues à des moments charnières dans leurs vies. Chacun était capable de maintenir de l’optimisme et une croyance profonde dans la résilience de l’esprit humain. Chacun communiquait d’une manière qui transmettait de la confiance dans l’humanité et donnait du sens même aux circonstances les plus difficiles.


Edito du Dr Thierry SERVILLAT, Revue Hypnose et Thérapies Brèves n°33
QUI EST ÉRICKSONIEN ? C’est le printemps, et nous sommes en pleine effloraison éricksonienne ! De nombreux instituts éricksoniens divers et variés continuent de voir le jour, des livres éricksoniens de paraître, des sites de praticiens éricksoniens d’être mis enligne. Les éricksoniens en font des tonnes…Mille tonnes comme m’avait suggéré mon logiciel de dictée vocale à qui je m’étais confié au sujet du Magicien du Désert !
Les herbes folles. Dr Patrick BELLET
CONTRIBUTION À LA NATURE VÉGÉTALE DE L’HYPNOSE. Digressions à la manière d’un road-movie sur la pratique de l’hypnose, entre académisme et sérendipité. C’était une journée banale. Je devais me rendre dans un hôpital pour une conférence. Après un démarrage un peu matinal, la route départementale me mène de Vaison jusqu’à l’autoroute à Bollène. La routine. L’arrivée au péage. Ralentir, s’arrêter, prendre le ticket. La barrière qui se lève. Première, seconde, troisième.
Récits et formes en douleur chronique
Par Fanny MILLER, avec la contribution de Pierre-Henri GARNIER. L’ACTEUR RÉSEAU « HYPNOSE ». Non seulement écouter le patient douloureux chronique, mais observer son langage lorsqu’il raconte sa rencontre avec l’hypnose. Tel a été le sujet d’une recherche menée par une jeune psychologue avec l’aide d’un logiciel d’analyse de mots.
Harcèlement professionnel
Par Guillaume DELANNOY, Grégory LAMBRETTE. APPROCHE PRAGMATIQUE ET INTERACTIONNELLE. Voir autrement une situation bien souvent décrite en terme de blocage. Les auteurs nous proposent ici de considérer le harcèlement au travail comme une interaction dans laquelle la victime devient active et permet qu’un processus vivant modifie la donne.
Préparation mentale par la PNL. Guy MISSOUM
POUR PERFORMER PARFAITEMENT. Fille de l’hypnose, la PNL reste une pratique vivace dans certains domaines comme la préparation sportive. Spécialiste reconnu, l’auteur en présente les principaux outils utilisés. Développée initialement dans les domaines de la thérapie et de l’optimisation de la vie quotidienne, la PNL s’est très vite répandue dans l’univers de l’entreprise.
Musique et hypnose. Catherine ELIAT
LA VOIE DU SON ? Aspirant à devenir « pianesthésiste », Catherine Eliat approfondit ici une méditation sur l’utilisation de la musique hypnose, particulièrement dans la prise en charge de la douleur aigüe chirurgicale. Un texte qu’elle fait progresser piano appassionata.
Milton Erickson. Penser à la main. Dr Thierry Servillat
Juhani Pallasmaa est architecte et finlandais. Il vient de publier un livre dont le titre fait immédiatement écho à tout praticien utilisant dans son travail l’approche d’Ernest Rossi : La main qui pense. Original dans la forme (car abondamment illustré, comme notre revue, d’images en noir et blanc qui éclairent considérablement le propos), il l’est aussi dans son projet : « (…) souligner les mécanismes relativement inconscients de la pensée et de la création qui sont à l’oeuvre chez l’écrivain, l’artiste, l’artisan ou l’architecte ».
“Pour le moins”. Dr Stefano COLOMBO Quiprocquo, Malentendu et Incommunicabilité 33
Pour le moins c’est clair !En moins de temps qu’il n’en faut pour le lire, j’ai eu la sensation, pour ne pas dire la conviction, que je vaux moins que zéro, à moins que...Prenons les mathématiques : moins et moins cela fait plus. Sauvé ! J’ai volé deux pommes, et la vieille dame s’est retrouvée avec deux pommes en moins, le lendemain j’ai récidivé. Elle avait encore deux pommes en moins, et moi, j’en avais quatre en plus. Simple non ? Moins deux et moins deux donne quatre.
Actualités scientifiques. Antoine BIOY
Commençons par les actualités dans le soin. Kamen et coll. (2014) confirment l’intérêt de l’hypnose dans les nausées et vomissement liés à la chimiothérapie chez les patients atteints de cancer (avec l’avantage très formel de ne pas nécessiter de matériel et que le patient peut apprendre l’autohypnose et donc pratiquer seul). Toujours dans le cancer, une étude prospective de Paquier et coll. (CHU de Poitiers) montre l’intérêt d’une séance d’hypnoanalgésie accompagnant la photothérapie dynamique (traitement de lésions cancéreuses ou précancéreuses).
A propos du réseau « Hypnose et Maternité »
Par Isabelle BARGELE, Armelle TOUYAROT. Pourquoi un article d’information sur le réseau « Hypnose et maternité » dans la rubrique « billet d’humeur » ? Il semble que ce soit courant d’associer « humeurs » et maternité… Humeurs fluctuantes en raison notamment de leur rapport avec les hormones. Revenons au dictionnaire : Humeur : du latin humor, liquide. Disposition affective de base dont les variations entre une tonalité agréable (pôle du plaisir) et une tonalité désagréable (pôle de la douleur) seraient sous-tendues par une régulation neuro-humorale (Larousse).

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A propos du réseau « Hypnose et Maternité »

mercredi 11 juin 2014 - 14:02
Par Isabelle BARGELE, Armelle TOUYAROT. Revue Hypnose & Thérapies Brèves n°33 Pourquoi un article d’information sur le réseau « Hypnose et maternité » dans la rubrique « billet d’humeur » ?

Il semble que ce soit courant d’associer « humeurs » et maternité… Humeurs fluctuantes en raison notamment de leur rapport avec les hormones.
Revenons au dictionnaire :

Humeur : du latin humor, liquide. Disposition affective de base dont les variations entre une tonalité agréable (pôle du plaisir) et une tonalité désagréable (pôle de la douleur) seraient sous-tendues par une régulation neuro-humorale (Larousse).

Hormone, du grec hormân, exciter. De là à étendre la fluctuation du rire aux larmes !

La grossesse est une période de grands chamboulements hormonaux. Elle commence par une flambée de progestérone, d’oestrogène, d’hormone lactogène placentaire, et de prolactine. Puis viennent l’ocytocine, les endorphines et l’adrénaline lors de l’accouchement. Elle se termine par un effondrement hormonal plus ou moins brutal et un retour à la normale plusieurs mois plus tard, selon que la mère allaite ou non son petit. Les femmes ont de quoi se « sentir » déstabilisées, et donc un tant soit peu anxieuses avant, pendant, et après leur accouchement. Et ce déjà simplement sous l’angle hormonal… Il faudrait plusieurs pages pour décrire les changements qui touchent tous les contextes de vie : conjugal, familial, professionnel, relationnel, etc. Les changements relationnels avec les autres, mais aussi avec elles-mêmes, sont générateurs de stress. Alors, l’humeur s’en ressent. Elle fluctue…

Ces fluctuations ont des conséquences diverses (somatiques, psychologiques, sociales, etc.) qui amènent donc les femmes à consulter divers « spécialistes ». Les « soignants » qui reçoivent ces futures mamans sont confrontés d’emblée à ces expressions de l’humeur et cette demande d’aller mieux, c’est-à-dire d’être soulagées de douleurs, rassurées par rapport à des craintes fondées ou non, informées de ce qui est en train de se passer…

Ces expressions de l’humeur s’inscrivent dans le tableau clinique, et il est souvent difficile d’évaluer la part psychologique dans la plainte somatique (et vice versa). C’est cela qui met la pagaille et agite les humeurs des soignants…

L’extrême spécialisation dans les pratiques nous fait toucher des limites. La multiplicité des intervenants fait considérer l’individu comme une juxtaposition d’organes. Les spécialistes sont compétents dans leur spécialité. En ignorant le lien corps-esprit qui constitue l’individu, on peut traiter l’un au détriment de l’autre. « Écoutons les femmes enceintes et modifions nos pratiques ! » disait la pédopsychiatre Françoise Molénat, auteur du rapport qui a servi de base au dernier Plan National de Périnatalité, sous titré : Humanité, proximité, sécurité, qualité (2005/2007). Ce rapport instaurait, entre autre, l’Entretien Prénatal Précoce qui place désormais la sécurité émotionnelle des femmes enceintes au même niveau que la sécurité somatique.

Nous savons tous l’importance de considérer les vulnérabilités personnelles et familiales particulières à cette période comme un facteur influençant non seulement le bon déroulement du processus naturel de la naissance, mais aussi l’instauration du lien attendu entre les parents et l’enfant. Ces vulnérabilités peuvent entraîner des dysfonctionnements qui peuvent être un facteur de problèmes psychopathologiques ultérieurs chez l’enfant jusqu’à l’adolescence et au-delà, voire de maltraitance.

L’enjeu est de taille et pour y parvenir, le Plan pose pour les professionnels de la périnatalité l’obligation de travailler en réseau en mobilisant les ressources des futurs parents. Le réseau « hypnose et maternité » s’inscrit dans cette dynamique.


Edito du Dr Thierry SERVILLAT, Revue Hypnose et Thérapies Brèves n°33
QUI EST ÉRICKSONIEN ? C’est le printemps, et nous sommes en pleine effloraison éricksonienne ! De nombreux instituts éricksoniens divers et variés continuent de voir le jour, des livres éricksoniens de paraître, des sites de praticiens éricksoniens d’être mis enligne. Les éricksoniens en font des tonnes…Mille tonnes comme m’avait suggéré mon logiciel de dictée vocale à qui je m’étais confié au sujet du Magicien du Désert !
Les herbes folles. Dr Patrick BELLET
CONTRIBUTION À LA NATURE VÉGÉTALE DE L’HYPNOSE. Digressions à la manière d’un road-movie sur la pratique de l’hypnose, entre académisme et sérendipité. C’était une journée banale. Je devais me rendre dans un hôpital pour une conférence. Après un démarrage un peu matinal, la route départementale me mène de Vaison jusqu’à l’autoroute à Bollène. La routine. L’arrivée au péage. Ralentir, s’arrêter, prendre le ticket. La barrière qui se lève. Première, seconde, troisième.
Récits et formes en douleur chronique
Par Fanny MILLER, avec la contribution de Pierre-Henri GARNIER. L’ACTEUR RÉSEAU « HYPNOSE ». Non seulement écouter le patient douloureux chronique, mais observer son langage lorsqu’il raconte sa rencontre avec l’hypnose. Tel a été le sujet d’une recherche menée par une jeune psychologue avec l’aide d’un logiciel d’analyse de mots.
Harcèlement professionnel
Par Guillaume DELANNOY, Grégory LAMBRETTE. APPROCHE PRAGMATIQUE ET INTERACTIONNELLE. Voir autrement une situation bien souvent décrite en terme de blocage. Les auteurs nous proposent ici de considérer le harcèlement au travail comme une interaction dans laquelle la victime devient active et permet qu’un processus vivant modifie la donne.
Préparation mentale par la PNL. Guy MISSOUM
POUR PERFORMER PARFAITEMENT. Fille de l’hypnose, la PNL reste une pratique vivace dans certains domaines comme la préparation sportive. Spécialiste reconnu, l’auteur en présente les principaux outils utilisés. Développée initialement dans les domaines de la thérapie et de l’optimisation de la vie quotidienne, la PNL s’est très vite répandue dans l’univers de l’entreprise.
Musique et hypnose. Catherine ELIAT
LA VOIE DU SON ? Aspirant à devenir « pianesthésiste », Catherine Eliat approfondit ici une méditation sur l’utilisation de la musique hypnose, particulièrement dans la prise en charge de la douleur aigüe chirurgicale. Un texte qu’elle fait progresser piano appassionata.
Milton Erickson. Penser à la main. Dr Thierry Servillat
Juhani Pallasmaa est architecte et finlandais. Il vient de publier un livre dont le titre fait immédiatement écho à tout praticien utilisant dans son travail l’approche d’Ernest Rossi : La main qui pense. Original dans la forme (car abondamment illustré, comme notre revue, d’images en noir et blanc qui éclairent considérablement le propos), il l’est aussi dans son projet : « (…) souligner les mécanismes relativement inconscients de la pensée et de la création qui sont à l’oeuvre chez l’écrivain, l’artiste, l’artisan ou l’architecte ».
“Pour le moins”. Dr Stefano COLOMBO Quiprocquo, Malentendu et Incommunicabilité 33
Pour le moins c’est clair !En moins de temps qu’il n’en faut pour le lire, j’ai eu la sensation, pour ne pas dire la conviction, que je vaux moins que zéro, à moins que...Prenons les mathématiques : moins et moins cela fait plus. Sauvé ! J’ai volé deux pommes, et la vieille dame s’est retrouvée avec deux pommes en moins, le lendemain j’ai récidivé. Elle avait encore deux pommes en moins, et moi, j’en avais quatre en plus. Simple non ? Moins deux et moins deux donne quatre.

Actualités scientifiques. Antoine BIOY
Commençons par les actualités dans le soin. Kamen et coll. (2014) confirment l’intérêt de l’hypnose dans les nausées et vomissement liés à la chimiothérapie chez les patients atteints de cancer (avec l’avantage très formel de ne pas nécessiter de matériel et que le patient peut apprendre l’autohypnose et donc pratiquer seul). Toujours dans le cancer, une étude prospective de Paquier et coll. (CHU de Poitiers) montre l’intérêt d’une séance d’hypnoanalgésie accompagnant la photothérapie dynamique (traitement de lésions cancéreuses ou précancéreuses).
Milton Erickson.La réalisation du Magicien du désert
Contributions de Roxanna ERICKSON-KLEIN, Alexander VESELY, Mary CIMILUCA.
Traduction Thierry SERVILLAT.Le film Magicien du désert, réalisé par Alexander Vesely, est un film sur le Dr Milton Erickson. Il parle à la fois de l’histoire de cet homme remarquable, et des profondes impressions que celui-ci était capable de provoquer en un instant. C’est l’histoire de l’impact qu’il a eu sur des personnes et sur le métier psychothérapeutique en pleine évolution. Les personnes ayant cette capacité sont rares et leur propre histoire est singulière.
Diffusé par hypnose-ericksonienne.org