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Hypnose Ericksonienne

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Hypnose Ericksonienne, Médicale et Thérapeutique. Thérapies Brèves, EMDR. Formations en Hypnose, trouvez un Praticien, Thérapeute des Instituts Milton Erickson à Paris, Rennes, Avignon
Mis à jour : il y a 3 heures 44 min

Paris: Formation Hypnose et Thérapies Brèves". Hypnothérapie Intégrative

lundi 31 mars 2014 - 01:49
A Paris, Formation en Hypnose Ericksonienne dispensée lors de la première année du cursus en 3 ans

A Paris: Formation Première Année - Hypnose Ericksonienne
Douze journées soit 86H de formation. Cette formation permet d'acquérir toutes les bases de l'hypnose éricksonienne, y compris des notions avancées et permet la mise en pratique de l'hypnothérapie auprès des patients pour un grand nombre de pathologies. Une large place est laissée à la pratique avec environ 50% d'exercices.

1. Les bases de l’hypnose: histoire de l’hypnose, les inductions, les suggestions, les ressources, le souvenir agréable, la safe place, la catalepsie, la lévitation, l’orientation sur les solutions, la position basse...

2. Les notions avancées en hypnose: le travail avec le temps (projection dans le futur, régression dans le temps, distorsion temporelle...), les métaphores, le travail avec les enfants.

3. Perfectionnement et mise en pratique de l'hypnose: Stratégie thérapeutique en hypnose éricksonienne, travail avec la résistance, les techniques de Rossi, le travail de Roustang, applications pratiques sur l’anxiété, la douleur, l’addiction, le traumatisme…

Lors de la troisième session, une évaluation des acquis et de la pratique des étudiants aura lieu, conformément à ce que recommande l’HAS et l’OGDPC.


Enseignants: Philippe Aïm et Laurent Gross

Formation 9H-17H30 sur 12 journées

Lieu de la formation: Paris

Site Internet: www.formation-hypnose.com

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Un maître de l’observation créative : Jean-Martin Charcot

lundi 24 mars 2014 - 18:39
Entretien de Catherine BOUCHARA par Thierry SERVILLAT. Je connaissais déjà un peu le travail que Catherine Bouchara, psychiatre et hypnothérapeute parisienne, entreprenait sur Charcot car j’avais vu son film il y a deux ans lors de l’Université d’été organisée par Patrick Bellet à Vaison la Romaine. A l’occasion de la sortie de son livre, Catherine a bien voulu m’accorder un entretien.

Thierry : Catherine, cela fait plusieurs années que, en plus de ton exercice libéral en cabinet, ainsi qu’à la Salpêtrière, tu travailles assidument pour parvenir à la réalisation de ce livre magnifique. Comment l’idée de travailler sur Charcot t’est-elle venue ?

Catherine : Par hasard ! En mai 2003 Philippe Mazet a répondu positivement ! à ma demande d’ouvrir une consultation d’hypnose dans son service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent à la Salpêtrière. Dans un premier temps, Il m’avait proposé de présenter l’hypnose aux médecins de son service me suggérant en fin d’entretien : « Quand même, Charcot et la Salpêtrière ! » J’avais juste une petite cour à traverser pour me rendre à la bibliothèque Charcot, faire quelques pas, et là, tout a commencé.

T : Tu sembles avoir rapidement éprouvé un grand intérêt pour Charcot. Comment as-tu pu ressentir des émotions aussi vives en travaillant sur lui ?

C : Son travail de neurologue m’avait passionnée. Les auteurs passaient très vite sur le sujet de l’hypnose. Ils disaient, et cela semblait consensuel, que l’intérêt de Charcot pour l’hypnose était sa « part obscure », générant même une certaine gêne, suggérant que lui-même ne la pratiquait pas. Ils expliquaient que ses études reliées à l’hypnose ne concernaient que la dernière partie de la vie de Charcot. Daniel Widlöcher est l’un des rares à ne pas s’y être trompé, invitant à « prendre en considération les étapes successives d’une réflexion qui s’est déroulée sur plus de vingt années ». En cherchant dans les textes il y avait à l’évidence un manque, une difficulté réelle d’accès aux sources directes sur le recours de Charcot à l’hypnose, et plus généralement sur lui. L’arrière-petite-fille de Charcot, Mme Anne-Marie Vallin-Charcot, m’a facilité magnifiquement l’accès aux sources dans sa maison et celles du fonds Charcot.

T : Peux-tu nous parler de ce fonds ?

C : Jean-Baptiste Charcot, l’explorateur, le fils de Jean-Martin Charcot, avait voulu léguer les documents manuscrits, dessins d’observation médicale et réflexions de Charcot. Le doyen de la Faculté de Médecine l’ayant refusé, le fonds a été recueilli à l’hôpital de la Salpêtrière, et son accès y a été indument gardé, rendu inaccessible.

T : Qu’est-ce qui t’as impressionnée lorsque tu as enfin pu accéder à ces documents ?

C : J’ai découvert le talent d’observateur de Charcot, sa pensée visuelle, la qualité des dessins d’observation.
Pour lire la suite
Edito du Dr Thierry SERVILLAT: FORMIDABLE ANTHROPOCÈNE.
Bien que controversée, l’idée que nous entrerions dans une nouvelle période géologique dont la caractéristique serait d’être principalement déterminée par l’action de l’homme – période de ce fait appelée Anthropocène – cette idée a l’avantage, en ce début d’année, d’ouvrir ceux de nos yeux qui n’étaient pas déjà ouverts à cette réalité. Pour certains spécialistes, la date de ce changement d’époque serait celle de l’invention de la machine à vapeur : 1784. Coïncidence amusante : ce fut aussi l’année du rapport royal sur le magnétisme animal qui, s’il aboutit à la condamnation de ce dernier, fonda surtout la médecine et la thérapie par l’imagination que nous pratiquons aujourd’hui avec nos patients !


Dissoudre la douleur ? Sophie COHEN
Bien choisir le solvant. Aux confins de l’hypnose et des thérapies méditatives, Sophie Cohen montre comment la douleur peut être dissoute si nous sommes attentifs à ajuster notre posture. Un texte dans la continuité du travail de la grande thérapeute solutionniste Insoo Kim Berg. Soluble ? Comme un comprimé effervescent ? Oui, presque. Et si c’était possible ? Pourquoi pas ? C’est une idée tentante, qu’en pensez-vous ? Soluble, d’accord et soluble dans quoi ? C’est justement cela qu’il convient d’identifier.




Improviser l'hypnose en addictologie
Par Pascal VESPROUMIS 
Avec Jean-Mathias PETRI (flûtiste, compositeur et improvisateur) et Maurice LE MOUNIER. Il y a encore 10 ans, il était fréquemment dit que l’hypnose n’apportait aucun bénéfice dans le traitement des pharmacodépendances. C’était sans compter avec l’inventivité de thérapeutes tels Pascal Vesproumis qui développe une démarche exploratoire avec l’aide d’artistes. Ici en l’occurrence un flûtiste improvisateur. En préambule : « Certes, le cannabis peut agir comme anxiolytique, anesthésiant de la pensée, et comme stabilisateur de l’humeur limitant les grands accès de colère et les mouvements dépressifs. Mais ce gel de la pensée devient une véritable hibernation de l’imagination et de la mémoire de fixation limitant ainsi les capacités de compréhension du patient.

Le saut hors du piège à mouches. Pr Gérard LAVOIE
VERS UN TOUT NOUVEL ASPECT DES CHOSES ! 

Comment sortir d’un problème ? A cette question banale, Gérard Lavoie, professeur en sciences de l’éducation au Québec, développe en la prolongeant la réflexion de Ludwig Wittgenstein sur la notion de « changement d’aspect ». Un texte très intégratif qui éclaire tant la pratique hypnotique que celle des thérapies brèves stratégiques, solutionnistes et narratives ! Pour faire le saut hors du cadre piégeant d’un problème, le philosophe Ludwig Wittgenstein propose la voie du changement d’aspect.

Un protocole hypnotique pour l'arrêt du tabac. Dominique MEGGLÉ
Décider ce qui est bon. Autre illustration de l’intérêt actuel de l’hypnose en addictologie, cette manière de faire de Dominique Megglé pour aider ses patients à arrêter de fumer. Manière qu’il appelle protocole, mais ne soyons pas dupes : un protocole multidirectionnel bien loin des arbres décisionnels de l’Evidence Based Medecine !
PETITE HISTOIRE D’UN PROTOCOLE. Il y a une dizaine d’années, il a commencé à se savoir dans la population que l’hypnose pouvait aider au sevrage tabagique.

Zone de confort. En avoir ou pas (2e partie). Thierry Zalic
Situant comme centrale l’attention du thérapeute sur son propre confort, Thierry Zalic développe ici 10 autres points méthodologiques qui complètent les 6 premiers exposés dans notre précédent numéro. Et nous montre aussi comment il est parvenu à développer un style thérapeutique inspiré du détachement oriental tout en s’avérant très personnel. 7. Rien n’est jamais plus fort que vous / pensées auto-limitantes
Parfois vous me dites : « C’est plus fort que moi d’être triste, ou d’avoir peur ». Rien n’est plus fort que vous. La maladie, la tristesse ou la peur ressentie, c’est toujours vous. Ce qui est plus fort que vous n’est qu’une partie de vous.

Pour l’altruisme. Dr Thierry Servillat, Rédacteur de la Revue Hypnose & Thérapies Brèves
Bien souvent la notion d’altruisme nous fait penser à quelque chose de naïf, et donc de dangereux. A moins que cette bonté envers les autres, nous la considérions comme un devoir. Faire la « bonne action » qui justifierait notre existence, qui la ferait prolonger dans une sorte de marché avec la divinité, avec la Vie. Matthieu Ricard est loin de cette conception. Devenu moine bouddhiste immédiatement après avoir terminé sa thèse de biologie avec le Nobel François Jacob, il travaille depuis de nombreuses années avec des chercheurs qui souhaitent mieux comprendre les effets neurocérébraux de la méditation. Notamment de deux types particulièrement importants que sont la méditation sur l’amour altruiste et celle sur la compassion.

"Ça m’étonnerait !" Dr Stefano COLOMBO Quiprocquo, Malentendu et Incommunicabilité 32
Les Fêtes de fin d’année sont déjà bien lointaines. Et pourtant les murs de beaucoup d’appartements et de maisons résonnent encore de cette extraordinaire phrase : “ Ça m’étonnerait ! ”Elle a un timbre si marqué qu’elle est obligatoirement suivie du point exclamatif. Vous n’allez quand même pas imaginer une telle phrase, chaque fois prononcée avec une conviction sans égale, se terminer avec un misérable petit point. Non ! Il lui faut le point exclamatif. Et si je pouvais le mettre en majuscule, je n’hésiterais pas une seconde. Ça m’étonnerait que vos tapisseries, vos tapis, vos plafonds ne soient pas enrichis, inondés, envahis voire saturés par ce refrain : “ Ça m’étonnerait ! ”. Avez-vous l’impression de lire une affirmation qui ne vous concerne pas ? Eh bien, vous avez tort.

2014 verra-t-elle la fin d’un paradigme ? Antoine BIOY
La fin de l’année 2013 a été marquée par une recrudescence des évaluations « Evidence Based Medecine » en hypnose. Par exemple, Dickson-Spillmann et collaborateurs (2013) montrent qu’une séance unique d’hypnothérapie permet de maintenir un comportement d’abstinence chez 15% des fumeurs (évaluation à 6 mois). Un niveau de résultat assez habituel dans les méta-analyses depuis plusieurs années, et qui flirte avec la moyenne des méthodes alternatives et complémentaires, comme le montre une nouvelle étude portant sur près de 55000 patients (Hamm et al, 2013) : toutes méthodes MAC (« médecines alternatives et complémentaires ») confondues, on est aux alentours de 15% de réussite pour le sevrage tabagique.


Diffusé par hypnose-ericksonienne.org

Improviser l'hypnose en addictologie

lundi 24 mars 2014 - 18:39
Par Pascal VESPROUMIS Avec Jean-Mathias PETRI (flûtiste, compositeur et improvisateur) et Maurice LE MOUNIER (Peintre sculpteur) Il y a encore 10 ans, il était fréquemment dit que l’hypnose n’apportait aucun bénéfice dans le traitement des pharmacodépendances. C’était sans compter avec l’inventivité de thérapeutes tels Pascal Vesproumis qui développe une démarche exploratoire avec l’aide d’artistes. Ici en l’occurrence un flûtiste improvisateur En préambule : « Certes, le cannabis peut agir comme anxiolytique, anesthésiant de la pensée, et comme stabilisateur de l’humeur limitant les grands accès de colère et les mouvements dépressifs. Mais ce gel de la pensée devient une véritable hibernation de l’imagination et de la mé moire de fixation limitant ainsi les capacités de compréhension du patient. Ce handicap majore l’isolement du jeune patient et génère une angoisse aggravée par des épisodes paranoïaques fréquents.

QUE POUVONS-NOUS DIRE À PROPOS D’ADDICTION ?

Sans prétendre être rigoureusement exhaustif, les consultations en addictologie concernent essentiellement :

- Les addictions « avec produits » : au cannabis, à la cocaïne, à l’héroïne, au tabac, à l’alcool, au déodorant, au crack, aux nouveaux produits de synthèse de type MDMA (l’ecstasy correspond à une forme en comprimés) et amphétamines (ou speed), aux champignons hallucinogènes, aux médicaments détournés ou non de leur usage (anxiolytiques, hypnotiques, antidépresseurs, etc.), aux aliments (compulsions boulimiques)...

- Les addictions « sans produit » : aux jeux d’argent, à internet (réseaux sociaux, jeux de rôle et paris en ligne), au travail (workaholisme), au « sexe », sans oublier les dépendances affectives. Naturellement, le retentissement reste spécifique pour chaque patient au niveau du triptyque « social, familial et clinique » :

- Social : du délit pour conduite en état d’ivresse à une véritable désocialisation (avec marginalisation).

- Familial : fugues (chez l’ex adolescent), violence, séparation, plaintes.

- Clinique : Retentissement physique d’une con - sommation pathologique (surinfections, hépatites (B, C), syndrome de l’immunodéficience acquise, etc.), prise de poids ou amaigrissement. Retentissement psychologique et psychiatrique avec confusion, délire paranoïaque, agressivité, état mélancolique pouvant conduire au suicide. Mais quelles que soient les addictions, nous accueillons un patient enfermé dans l’immobilisme de sa pensée. Soit il ne parvient plus à associer ses idées pour construire ou suivre un raisonnement (le processus de mentalisation décrit par Pierre Marty se trouve altéré), soit il reste irrémédiablement préoccupé par sa problématique addictive, s’éloignant par voie de conséquence de son entourage (plus ou moins rapidement).

A PROPOS D’HYPNOSE MUSICALE

Dans la prise en charge « médico-sociopsychologique « des patients qui souffrent d’addiction, je propose d’adjoindre au traitement la pratique de l’hypnose musicale. Celle-ci permet en effet de stimuler l’imaginaire en faisant appel à la créativité. La remise en route de la fluidité de la pensée signe un retour dans le présent, autorisant de nouveau le patient à l’échange en dehors du conflit. Il peut dès lors aspirer au plaisir physique ou intellectuel sans devoir lutter en permanence pour sa survie sans « produit » ! Pour pratiquer l’hypnose avec le patient, la priorité demeure son assentiment, après lui en avoir clairement exposé les principes. Il me semble également essentiel d’en informer avec son accord, son médecin traitant et/ou l’équipe médicosociale qui le soutiennent.
L’hypnose propose d’installer le patient dans un espace de tolérance et de relative sérénité qui l’aide à retrouver sa place, et même parfois à trouver une place ! La musique facilite l’entrée en confusion afin d’éloigner ou d’atténuer la frustration face au «manque» et le ressenti douloureux des émotions les plus négatives (tristesse, regrets, honte, culpabilité, etc.). Il s’agit donc d’une invitation à l’apaisement qui (ré)ouvre un espace à la pensée libre lorsqu’elle est vécue comme une expérience positive. Le patient pourra dès lors y avoir recours par des exercices d’auto-hypnose, dans des moments difficiles (situations à risques, instants de profonde frustration, souffrance pour s’autoriser à accéder au plaisir, etc.).

A PROPOS DE L’INTERVENTION DE JEAN-MATHIAS PETRI

Afin d’amplifier l’impact de l’hypnose sur la capacité du patient à « restimuler « son imaginaire (libérateur), j’ai invité Jean-Mathias Petri, flûtiste, compositeur et improvisateur, professeur co-responsable de la classe de jazz du conservatoire à rayonnement départemental de St-Brieuc. Habitué des rencontres musicales multiculturelles et traditionnelles, il pratique et s’intéresse à l’improvisation depuis longtemps. Il a accepté de participer musicalement à deux consultations où je recevais des patients souffrants d’addictions (à l’alcool et au cannabis) après leur avoir expliqué le cadre rigoureusement respectueux dans lequel nous allions travailler, avec leur accord écrit.

Durant ces séances, j’ai induit l’hypnose par quelques mots simples et rassurants, confiant rapidement à Jean-Mathias Petri le rôle d’installer une confusion agréable mais plus profonde par sa création musicale improvisée. Tout en suivant cet échange installé naturellement entre le musicien et le patient, je proposais à ce dernier d’exprimer son ressenti au cours de l’exercice. Je le laissais s’installer dans l’espace hypnotique pour y trouver la force suffisante de raviver ses envies éteintes ou englouties sous l’emprise des « produits ». Jean-Mathias Petri et moi-même avons vécu ces séances avec une grande intensité exacerbée à chaque instant par l’aspect insaisissable de l’improvisation musicale. En effet, le patient se trouvait dans une position instable, entre l’inconnu absolu d’une improvisation et mon approche hypnotique visant à ralentir ses pensées envahissantes pour favoriser son imaginaire créatif et thérapeutique.

A PROPOS DU PREMIER PATIENT

Le patient auquel je pense me consulte depuis quelques mois, souhaitant diminuer sa consommation de cannabis qui envahit sa vie et qui le plonge peu à peu dans l’hibernation. Son travail dans le milieu de la création internet me conduit naturellement à lui proposer l’utilisation de l’hypnose musicale pour ouvrir un espace d’apaisement dans lequel nous allons pouvoir construire le projet thérapeutique.

« L’hypnose va aider le patient à s’installer face à nous, et à réinvestir sa propre présence. Ce temps où il se réapproprie l’instant comme un espace d’existence (sans produit) va lui permettre de communiquer de nouveau, protégé des émotions les plus violentes par ce paravent hypnotique […]. Il recouvre la possibilité de penser plus en paix avec lui-même. »

Constatant le « mieux être » ressenti par le patient, je présente à ce dernier un projet qui associe les outils que nous avons utilisés jusque-là, mais en les intégrant dans une séance d’hypnose particulière. En accord avec le patient, j’invite Jean- Mathias Petri à s’installer avec respect dans le bureau de consultation, en s’asseyant sur le divan. Un son « magique » apparait et vient s’associer au traditionnel colloque singulier. Je guide le patient vers une marche imaginaire dans le décor qui lui plait. Il se promène dans la nature, sur un chemin, et se laisse sereinement bercer et stimuler à la fois par les séquences musicales improvisées. Le musicien observe attentivement le patient auquel je parle lentement, doucement, pour sécuriser sa promenade hypnotique.

Les variations sonores enveloppent les manifestations discrètes du visage du patient .Celui-ci semble installé avec confort et exactitude dans le présent de la séance. Devenant un « rapace », il se met à survoler le chemin et se déplace librement. Mais il se glisse rapidement dans la peau d’un «serpent » qui se cache dans les recoins d’une ruelle. L’aigle piste sa proie, et le serpent se faufile hors de sa vue. Le patient a spontanément évoqué cette dualité « rapace-serpent », en éprouvant de l’attirance pour les deux .La menace qu’il éprouve en tant que reptile ravive son désir de fuir le danger pour vivre loin de cet aigle. Le patient exprime donc clairement son envie de mieux se situer dans le présent, en tant qu’acteur de ses pensées. L’hypnose lui ouvre « le champ des possibles »…

Pour lire la suite
Edito du Dr Thierry SERVILLAT: FORMIDABLE ANTHROPOCÈNE.
Bien que controversée, l’idée que nous entrerions dans une nouvelle période géologique dont la caractéristique serait d’être principalement déterminée par l’action de l’homme – période de ce fait appelée Anthropocène – cette idée a l’avantage, en ce début d’année, d’ouvrir ceux de nos yeux qui n’étaient pas déjà ouverts à cette réalité. Pour certains spécialistes, la date de ce changement d’époque serait celle de l’invention de la machine à vapeur : 1784. Coïncidence amusante : ce fut aussi l’année du rapport royal sur le magnétisme animal qui, s’il aboutit à la condamnation de ce dernier, fonda surtout la médecine et la thérapie par l’imagination que nous pratiquons aujourd’hui avec nos patients !

Dissoudre la douleur ? Sophie COHEN
Bien choisir le solvant. Aux confins de l’hypnose et des thérapies méditatives, Sophie Cohen montre comment la douleur peut être dissoute si nous sommes attentifs à ajuster notre posture. Un texte dans la continuité du travail de la grande thérapeute solutionniste Insoo Kim Berg. Soluble ? Comme un comprimé effervescent ? Oui, presque. Et si c’était possible ? Pourquoi pas ? C’est une idée tentante, qu’en pensez-vous ? Soluble, d’accord et soluble dans quoi ? C’est justement cela qu’il convient d’identifier.
Le saut hors du piège à mouches. Pr Gérard LAVOIE
VERS UN TOUT NOUVEL ASPECT DES CHOSES ! 

Comment sortir d’un problème ? A cette question banale, Gérard Lavoie, professeur en sciences de l’éducation au Québec, développe en la prolongeant la réflexion de Ludwig Wittgenstein sur la notion de « changement d’aspect ». Un texte très intégratif qui éclaire tant la pratique hypnotique que celle des thérapies brèves stratégiques, solutionnistes et narratives ! Pour faire le saut hors du cadre piégeant d’un problème, le philosophe Ludwig Wittgenstein propose la voie du changement d’aspect.
Un protocole hypnotique pour l'arrêt du tabac. Dominique MEGGLÉ
Décider ce qui est bon. Autre illustration de l’intérêt actuel de l’hypnose en addictologie, cette manière de faire de Dominique Megglé pour aider ses patients à arrêter de fumer. Manière qu’il appelle protocole, mais ne soyons pas dupes : un protocole multidirectionnel bien loin des arbres décisionnels de l’Evidence Based Medecine !
PETITE HISTOIRE D’UN PROTOCOLE. Il y a une dizaine d’années, il a commencé à se savoir dans la population que l’hypnose pouvait aider au sevrage tabagique.

Zone de confort. En avoir ou pas (2e partie). Thierry Zalic
Situant comme centrale l’attention du thérapeute sur son propre confort, Thierry Zalic développe ici 10 autres points méthodologiques qui complètent les 6 premiers exposés dans notre précédent numéro. Et nous montre aussi comment il est parvenu à développer un style thérapeutique inspiré du détachement oriental tout en s’avérant très personnel. 7. Rien n’est jamais plus fort que vous / pensées auto-limitantes
Parfois vous me dites : « C’est plus fort que moi d’être triste, ou d’avoir peur ». Rien n’est plus fort que vous. La maladie, la tristesse ou la peur ressentie, c’est toujours vous. Ce qui est plus fort que vous n’est qu’une partie de vous.

Pour l’altruisme. Dr Thierry Servillat, Rédacteur de la Revue Hypnose & Thérapies Brèves
Bien souvent la notion d’altruisme nous fait penser à quelque chose de naïf, et donc de dangereux. A moins que cette bonté envers les autres, nous la considérions comme un devoir. Faire la « bonne action » qui justifierait notre existence, qui la ferait prolonger dans une sorte de marché avec la divinité, avec la Vie. Matthieu Ricard est loin de cette conception. Devenu moine bouddhiste immédiatement après avoir terminé sa thèse de biologie avec le Nobel François Jacob, il travaille depuis de nombreuses années avec des chercheurs qui souhaitent mieux comprendre les effets neurocérébraux de la méditation. Notamment de deux types particulièrement importants que sont la méditation sur l’amour altruiste et celle sur la compassion.

"Ça m’étonnerait !" Dr Stefano COLOMBO Quiprocquo, Malentendu et Incommunicabilité 32
Les Fêtes de fin d’année sont déjà bien lointaines. Et pourtant les murs de beaucoup d’appartements et de maisons résonnent encore de cette extraordinaire phrase : “ Ça m’étonnerait ! ”Elle a un timbre si marqué qu’elle est obligatoirement suivie du point exclamatif. Vous n’allez quand même pas imaginer une telle phrase, chaque fois prononcée avec une conviction sans égale, se terminer avec un misérable petit point. Non ! Il lui faut le point exclamatif. Et si je pouvais le mettre en majuscule, je n’hésiterais pas une seconde. Ça m’étonnerait que vos tapisseries, vos tapis, vos plafonds ne soient pas enrichis, inondés, envahis voire saturés par ce refrain : “ Ça m’étonnerait ! ”. Avez-vous l’impression de lire une affirmation qui ne vous concerne pas ? Eh bien, vous avez tort.

2014 verra-t-elle la fin d’un paradigme ? Antoine BIOY
La fin de l’année 2013 a été marquée par une recrudescence des évaluations « Evidence Based Medecine » en hypnose. Par exemple, Dickson-Spillmann et collaborateurs (2013) montrent qu’une séance unique d’hypnothérapie permet de maintenir un comportement d’abstinence chez 15% des fumeurs (évaluation à 6 mois). Un niveau de résultat assez habituel dans les méta-analyses depuis plusieurs années, et qui flirte avec la moyenne des méthodes alternatives et complémentaires, comme le montre une nouvelle étude portant sur près de 55000 patients (Hamm et al, 2013) : toutes méthodes MAC (« médecines alternatives et complémentaires ») confondues, on est aux alentours de 15% de réussite pour le sevrage tabagique.


Un maître de l’observation créative : Jean-Martin Charcot
Entretien de Catherine BOUCHARA par Thierry SERVILLAT.
Je connaissais déjà un peu le travail que Catherine Bouchara, psychiatre et hypnothérapeute parisienne, entreprenait sur Charcot car j’avais vu son film il y a deux ans lors de l’Université d’été organisée par Patrick Bellet à Vaison la Romaine. A l’occasion de la sortie de son livre, Catherine a bien voulu m’accorder un entretien. Thierry : Catherine, cela fait plusieurs années que, en plus de ton exercice libéral en cabinet, ainsi qu’à la Salpêtrière, tu travailles assidument pour parvenir à la réalisation de ce livre magnifique. Comment l’idée de travailler sur Charcot t’est-elle venue ?


Diffusé par hypnose-ericksonienne.org

Zone de confort. En avoir ou pas (2e partie). Thierry Zalic

lundi 24 mars 2014 - 18:38
Situant comme centrale l’attention du thérapeute sur son propre confort, Thierry Zalic développe ici 10 autres points méthodologiques qui complètent les 6 premiers exposés dans notre précédent numéro. Et nous montre aussi comment il est parvenu à développer un style thérapeutique inspiré du détachement oriental tout en s’avérant très personnel.

7. Rien n’est jamais plus fort que vous / pensées auto-limitantes

Parfois vous me dites : « C’est plus fort que moi d’être triste, ou d’avoir peur ». Rien n’est plus fort que vous. La maladie, la tristesse ou la peur ressentie, c’est toujours vous. Ce qui est plus fort que vous n’est qu’une partie de vous. Une autre peut émerger. Il ne s’agit pas de penser qu’il n’y a pas d’inconscient, mais simplement d’arrêter de croire qu’il vous domine. Vous êtes responsable de ce qui en émerge. Songez à la carpe japonaise qui a une particularité étonnante : élevée dans un bocal de petite taille, elle ne mesure que quelques centimètres à l’âge adulte. Dans un bocal plus grand, elle peut atteindre 15 à 50 centimètres. Dans un environnement naturel, le plus propice à son épanouissement, elle atteindra plus d’un mètre. En renonçant à vos anciennes pensées limitantes, « C’est à cause de…», ou « Je ne peux pas », je vous sors du bocal. Vous sortez du bocal.

8. Le « ou pas », premier pas de côté, proposition binaire

Le « ou pas » est le premier pas d’une ouverture vers la liberté. Une fois acquis, chaque « ou pas » prononcé déclenche l’équivalent d’une bouffée d’oxygène dans votre poitrine. Quand vous ajoutez « ou pas » à la fin des phrases, vous êtes dans une proposition d’ouverture permanente. « Je peux être bien, ou pas. Être heureux, ou pas. Je peux être avec toi, ou pas… Je peux souffrir, ou pas. Être gêné, ou pas… Je peux t’aimer, ou pas. Ceci peut être, ou pas. » Le « ou pas » crée un premier détachement. C’est une façon de ne pas dépendre de l’autre, ou de la situation, ou du contexte, de donner de la fluidité sans s’enfermer.

9. Le « ou pas, ou oui », premier pas dans l’espace, proposition ternaire / l’auto intersubjectivité de Stern

Le « ou pas » a commencé à vous libérer. Je vous ai défini la notion du « ou pas », « Je peux être triste, ou ne pas l’être ». Allons plus loin dans l’oscillation. Vous étiez bloqué, vous voilà oscillant. C’est un jeu. Aux deux premiers termes, « Je peux être triste, ou ne pas l’être », vous pouvez en ajouter un troisième : « Je peux être triste, ou ne pas l’être, ou l’être », qui accroît encore votre liberté. Rien ne vous empêche de prendre le choix volontaire de l’être, même si c’est improbable. Si tel était le cas, ce ne sera pourtant plus la même tristesse puisqu’elle ne vous sera pas imposée par un autre. L’aliénation volontaire n’est plus l’aliénation. Dans le : « Je peux t’aimer, ou ne pas t’aimer, ou t’aimer », vous êtes dans un accroissement de liberté.

10. Renoncement aux dichotomies / Notion d’inclusion des contraires


Continuons notre aventure. Dans ce nouveau monde, rien n’est ni mal ni bien. Le mal est contenu dans le bien, ou inversement, le blanc dans le noir, ou inversement comme dans les symboles yin et yang, on trouve un point de yin dans le yang et inversement. A un moment de sa vie, on y reviendra, le pire en nous peut être nécessaire car il possède aussi ses atouts. La sauvagerie, un jour honnie, peut un autre jour devenir salvatrice.

11. Le détachement / L’intégration de la perte

Dans ce choix d’être toujours bien, de pouvoir être ou ne pas être ou être, atteignez- vous un état d’indifférence ? Oui, et non. Vous pouvez être d’autant plus présent que vous n’êtes plus encombré de rien. Vous pouvez rester bloqué sur une position, dans un stade de votre vie, et l’avoir dépassé en même temps. Je vais vous citer l’exemple d’un de mes patients : il écoute aujourd’hui, sur France Culture, à 12 h 30, une émission qui s’appelle La Grande Table. À ce moment-là, dit-il, il songe toujours que jadis, et encore maintenant pour lui, il écoutait Panorama, excellente émission qui a duré plus de trente ans sur ce même créneau horaire. Au lieu de se dire, comme il le faisait ainsi que beaucoup de personnes âgées, que c’était mieux avant et qu’il ne peut pas s’adapter, il peut aujourd’hui être dans l’émission actuelle, et dans la précédente, et dans celle-ci qui forcément n’est plus la même. Au lieu d’inventer un problème, il est dans son dépassement avant même qu’il ne se pose, ou pendant et après, tout à l’écoute de ce qui se passe aujourd’hui, et hier.
Pour parler savamment, il a une écoute polysémique, sur plusieurs niveaux et sens. De quelque chose qui pourrait le rétrécir, il sort grandi. Revenons à l’indifférence ou, plus joliment, au détachement. Dans le choix d’aimer ou de ne pas aimer, vous êtes dans la pièce qui pivote, ni pile ni face. La perte est intégrée quand vous vous sentez assez fort pour vivre sans l’autre, si besoin était. Quel superbe et nouveau détachement ! Vous pouvez être tout à votre plaisir puisque s’il n’est pas, ce n’est pas grave. Vous êtes dans le pile et le face, en tranquille mouvement. Rien n’est jamais grave si vous vous y adaptez. On est un peu dans le détachement bouddhiste qui permet de supporter la perte des biens et des êtres chers autant qu’il invite à cesser de croire que la réalité nous détermine.

12. Principe d’incertitude / Observer sans juger

Dans votre nouvel état de bien-être, ou de mieux-être, qui s’installe soudain comme s’il était ancien, vous allez savoir observer sans juger. Ça ne va pas de soi puisque, on l’a vu, on juge a priori avant même de penser. N’allez pas contre nature, c’est impossible. Vous la laissez aller, comme une vague de douleur qui monte, puis qui va redescendre. Aucune vague ne reste en suspens. Votre démarche sera toujours la même : vous jugez, puisque vous ne pouvez pas faire autrement, puis vous ne jugez plus (vous observez sans juger), puis vous jugez si cela vous apporte quelque chose de positif au niveau de votre ouverture à autrui. S’ouvrir à l’autre est avant tout s’ouvrir à soi. Prenons un exemple : vous attendez un coup de fil d’un ami. Il ne vient pas. Vous avez autant de chances d’émettre des hypothèses vraies ou fausses. « Il ne m’aime plus, il a eu un accident…» Restez au fait. Vous n’avez pas eu de coup de fil. La raison s’éclairera par la suite. Une patiente, à qui je proposai de m’envoyer des mails me demanda « Qu’allez-vous penser si j’en envoie ou non ? Serait- ce bien ou mal ? » Je lui répondis que je ne penserai rien, je constaterai seulement que je ne reçois pas de mails. C’est tout. Il est des moments pour savoir, et d’autres pour ne pas savoir.

13. Ne jamais céder (sans chercher à être le plus fort)

Je vous invite à ne jamais céder, sans pour autant vouloir être le plus fort. D’abolir la notion de conflit. Pour qu’un conflit existe, extérieur ou à l’intérieur de vous, il faut que deux parties s’opposent. Or nous savons qu’il n’y a pas de réalité. Si quelqu’un affirme une idée, même si elle nous paraît aberrante, cette proposition correspond à sa réalité selon son désir, son humeur, son histoire… Il a ses raisons. Vous acceptez, avec lui, qu’il soit dans sa réalité. Dans le même mouvement, vous suggérez que vous pouvez avoir une autre vision et que cela n’est pas un problème. Donc il n’y a pas de conflits. Vous êtes dans deux réalités. « Tu vois ceci, et moi cela. C’est parfait. » Sans tension, des voies vont s’ouvrir, des pistes. Vous allez réfléchir sur un problème comme s’il était extérieur. Teresa Robles, hypnothérapeute mexicaine, parlent des « chemins qui ont du cœur ».

14. La fantaisie du pire / approche du couple


Votre choix d’être bien, votre nouveau choix, ce si possible impossible nouveau choix en train de s’incruster en vous, « bien », un seul mot, « bien », commence à guider vos pas. Tout se renverse. Le pire, toujours présent et probable, devient impossible. Suivons vos anciennes peurs comme un archéologue remonterait le temps. Vous ne vous entendez pas avec votre conjoint. C’est un exemple. Rien ne vous oblige à rester avec lui. Si vous restez, c’est que vous y trouvez un intérêt, affectif, financier, sécuritaire… Si vous restez, au lieu de partir, regardez-le d’un autre œil, avec ce qu’il vous apporte et non avec ce qu’il vous enlève, puisque vous pouvez partir. Si vous partiez, que se passerait-il ? Vous vivriez avec moins d’argent ? Vous seriez seul(e) ? Vos enfants seraient déchirés ? Quand vous êtes serein dans votre choix d’être bien, ou le mieux possible, rien n’est un problème. On peut vivre avec moins d’argent. Si vous êtes bien dans votre peau, ce qui est votre choix, vous attirerez de nouvelles personnes, si vous le désirez. Sans le chercher, cela arrivera simplement car tous vont vers des personnes ouvertes, bien dans leur esprit et leur corps, comme le tournesol tend vers le soleil. Ils auront besoin de vous.

THIERRY ZALIC
Psychologue clinicien, hypnothérapeute, écrivain. Trente ans de thérapies orientées non solutions, de type psychanalytique, avant d’être formé par Claude Virot (Hypnose et thérapies brèves, Centre Émergences, Rennes).
Membre de l’ESH (European Society of Hypnosis). Intégration d’autres approches, quantique, Zen, ayurvédique, PNIE. Exerce en institution, ITEP (hypnose, systémie ; ateliers CNV, Wellness, Maître du Zen) et en libéral à Alençon (Orne).

Pour lire la suite
Edito du Dr Thierry SERVILLAT: FORMIDABLE ANTHROPOCÈNE.
Bien que controversée, l’idée que nous entrerions dans une nouvelle période géologique dont la caractéristique serait d’être principalement déterminée par l’action de l’homme – période de ce fait appelée Anthropocène – cette idée a l’avantage, en ce début d’année, d’ouvrir ceux de nos yeux qui n’étaient pas déjà ouverts à cette réalité. Pour certains spécialistes, la date de ce changement d’époque serait celle de l’invention de la machine à vapeur : 1784. Coïncidence amusante : ce fut aussi l’année du rapport royal sur le magnétisme animal qui, s’il aboutit à la condamnation de ce dernier, fonda surtout la médecine et la thérapie par l’imagination que nous pratiquons aujourd’hui avec nos patients !

Dissoudre la douleur ? Sophie COHEN
Bien choisir le solvant. Aux confins de l’hypnose et des thérapies méditatives, Sophie Cohen montre comment la douleur peut être dissoute si nous sommes attentifs à ajuster notre posture. Un texte dans la continuité du travail de la grande thérapeute solutionniste Insoo Kim Berg. Soluble ? Comme un comprimé effervescent ? Oui, presque. Et si c’était possible ? Pourquoi pas ? C’est une idée tentante, qu’en pensez-vous ? Soluble, d’accord et soluble dans quoi ? C’est justement cela qu’il convient d’identifier.
Improviser l'hypnose en addictologie
Par Pascal VESPROUMIS 
Avec Jean-Mathias PETRI (flûtiste, compositeur et improvisateur) et Maurice LE MOUNIER. Il y a encore 10 ans, il était fréquemment dit que l’hypnose n’apportait aucun bénéfice dans le traitement des pharmacodépendances. C’était sans compter avec l’inventivité de thérapeutes tels Pascal Vesproumis qui développe une démarche exploratoire avec l’aide d’artistes. Ici en l’occurrence un flûtiste improvisateur. En préambule : « Certes, le cannabis peut agir comme anxiolytique, anesthésiant de la pensée, et comme stabilisateur de l’humeur limitant les grands accès de colère et les mouvements dépressifs. Mais ce gel de la pensée devient une véritable hibernation de l’imagination et de la mémoire de fixation limitant ainsi les capacités de compréhension du patient.

Le saut hors du piège à mouches. Pr Gérard LAVOIE
VERS UN TOUT NOUVEL ASPECT DES CHOSES ! 

Comment sortir d’un problème ? A cette question banale, Gérard Lavoie, professeur en sciences de l’éducation au Québec, développe en la prolongeant la réflexion de Ludwig Wittgenstein sur la notion de « changement d’aspect ». Un texte très intégratif qui éclaire tant la pratique hypnotique que celle des thérapies brèves stratégiques, solutionnistes et narratives ! Pour faire le saut hors du cadre piégeant d’un problème, le philosophe Ludwig Wittgenstein propose la voie du changement d’aspect.
Un protocole hypnotique pour l'arrêt du tabac. Dominique MEGGLÉ
Décider ce qui est bon. Autre illustration de l’intérêt actuel de l’hypnose en addictologie, cette manière de faire de Dominique Megglé pour aider ses patients à arrêter de fumer. Manière qu’il appelle protocole, mais ne soyons pas dupes : un protocole multidirectionnel bien loin des arbres décisionnels de l’Evidence Based Medecine !
PETITE HISTOIRE D’UN PROTOCOLE. Il y a une dizaine d’années, il a commencé à se savoir dans la population que l’hypnose pouvait aider au sevrage tabagique.
Pour l’altruisme. Dr Thierry Servillat, Rédacteur de la Revue Hypnose & Thérapies Brèves
Bien souvent la notion d’altruisme nous fait penser à quelque chose de naïf, et donc de dangereux. A moins que cette bonté envers les autres, nous la considérions comme un devoir. Faire la « bonne action » qui justifierait notre existence, qui la ferait prolonger dans une sorte de marché avec la divinité, avec la Vie. Matthieu Ricard est loin de cette conception. Devenu moine bouddhiste immédiatement après avoir terminé sa thèse de biologie avec le Nobel François Jacob, il travaille depuis de nombreuses années avec des chercheurs qui souhaitent mieux comprendre les effets neurocérébraux de la méditation. Notamment de deux types particulièrement importants que sont la méditation sur l’amour altruiste et celle sur la compassion.

"Ça m’étonnerait !" Dr Stefano COLOMBO Quiprocquo, Malentendu et Incommunicabilité 32
Les Fêtes de fin d’année sont déjà bien lointaines. Et pourtant les murs de beaucoup d’appartements et de maisons résonnent encore de cette extraordinaire phrase : “ Ça m’étonnerait ! ”Elle a un timbre si marqué qu’elle est obligatoirement suivie du point exclamatif. Vous n’allez quand même pas imaginer une telle phrase, chaque fois prononcée avec une conviction sans égale, se terminer avec un misérable petit point. Non ! Il lui faut le point exclamatif. Et si je pouvais le mettre en majuscule, je n’hésiterais pas une seconde. Ça m’étonnerait que vos tapisseries, vos tapis, vos plafonds ne soient pas enrichis, inondés, envahis voire saturés par ce refrain : “ Ça m’étonnerait ! ”. Avez-vous l’impression de lire une affirmation qui ne vous concerne pas ? Eh bien, vous avez tort.

2014 verra-t-elle la fin d’un paradigme ? Antoine BIOY
La fin de l’année 2013 a été marquée par une recrudescence des évaluations « Evidence Based Medecine » en hypnose. Par exemple, Dickson-Spillmann et collaborateurs (2013) montrent qu’une séance unique d’hypnothérapie permet de maintenir un comportement d’abstinence chez 15% des fumeurs (évaluation à 6 mois). Un niveau de résultat assez habituel dans les méta-analyses depuis plusieurs années, et qui flirte avec la moyenne des méthodes alternatives et complémentaires, comme le montre une nouvelle étude portant sur près de 55000 patients (Hamm et al, 2013) : toutes méthodes MAC (« médecines alternatives et complémentaires ») confondues, on est aux alentours de 15% de réussite pour le sevrage tabagique.


Un maître de l’observation créative : Jean-Martin Charcot
Entretien de Catherine BOUCHARA par Thierry SERVILLAT.
Je connaissais déjà un peu le travail que Catherine Bouchara, psychiatre et hypnothérapeute parisienne, entreprenait sur Charcot car j’avais vu son film il y a deux ans lors de l’Université d’été organisée par Patrick Bellet à Vaison la Romaine. A l’occasion de la sortie de son livre, Catherine a bien voulu m’accorder un entretien. Thierry : Catherine, cela fait plusieurs années que, en plus de ton exercice libéral en cabinet, ainsi qu’à la Salpêtrière, tu travailles assidument pour parvenir à la réalisation de ce livre magnifique. Comment l’idée de travailler sur Charcot t’est-elle venue ?


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Article n°634

mardi 11 février 2014 - 14:19
Imaginaire, Transe Résilience Congrès de Cassis avec L'institut Mimethys “ Notre culture moderne œuvre à séparer les domaines du spirituel, du social et du psychologique,
du groupe et de l’individu, du normal et du pathologique. Imaginaire, transe, résilience : ces trois concepts ne viennent-ils pas interroger la pertinence de cette séparation comme mode de pensée dom”inant  
 
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« Le corps en otage, l’esprit libre »: explications du Dr Franck Garden-Brèche pour la radio suisse

mardi 4 février 2014 - 17:17
« Le corps en otage, l’esprit libre ». C’était le thème de l’émission Hautes Fréquences diffusée sur la radio suisse RTS début février. L’occasion d’évoquer la condition d’otage, situation pour le moins difficile à vivre. Et de se demander comment on gère cette situation du point de vue émotionnel et spirituel notamment. Pour y répondre, le témoignage d’un couple d’otages enlevé au Niger qui revient sur cette épreuve.

L’émission reçoit ensuite le Dr Franck Garden-Brèche, hypnothérapeute, urgentiste et victimologue. Il est l'auteur d'un travail sur l'adaptation psychologique aux prises d'otage, travail dans lequel il suit la trajectoire d'une trentaine d'otages. Il répond d'abord à la question suivante: "Existe-t-il un parcours spirituel typique de l'otage?". Voici le début de son intervention:

"Comme très souvent en psychologie, on peut dire que tout est possible. En fonction du profil initial de la personne qui peut être quelqu'un de très orienté sur la spiritualité, ou au contraire quelqu'un de très athée voire anticlérical, tout est possible. Quelqu'un qui a déjà une forte spiritualité peut la voir être renforcée avec la prise d'otage, comme on peut voir cette spiritualité s'effondrer par la sensation que le Dieu en lequel la personne croyait n'a pas su la protéger".

Pour écouter l'émission:
Le Dr Franck Garden-Brèche intervient à partir de 23’45.

http://therapies-complementaires.com/annuaire/therapie-annuaire-Victimologie-66.html



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Abstracts de la Revue Hypnose & Thérapies Brèves, Hors-Série n°4

vendredi 31 janvier 2014 - 13:07
Edito. Outre-conscience. Dr Patrick Bellet
Le Forum de Nantes au printemps dernier a attiré l’attention des congressistes sur la place de l’intuition, des voyages au sens métaphorique et de leur articulation en thérapie. Cette mise en lumière de ce qui préside à la conduite d’un traitement : perception à différents niveaux des difficultés, représentation métaphorique de la pathologie et de son traitement, nous donne techniquement « la stratégie» comme attitude thérapeutique. Si nous continuons de filer la métaphore de la stratégie nous ne pouvons que situer notre action dans un espace en expansion dans le futur. Référence aux fameuses ressources qu’Erickson postule en chacun de nous. Gagner du terrain, y cultiver des talents sont des principes de base sous-jacents à l’hypnose éricksonienne. Apprendre, découvrir et réciproquement.

Au-delà de la technique, l’intuition ? Dr Patrick Bellet
L’intuition, voilà un terme qui expose à de multiples considérations. Sans vouloir être exhaustif, ni entrer dans les différentes acceptions du mot, je souhaiterais davantage utiliser quelques approximations ou synonymes pour décrire ce qui semble relever d’une pratique intuitive. Autrement dit comment une approche de ce type peut se manifester par hasard, par opportunité ou délibérément. L’intuition est un mode de connaissance qui s’inscrit dans l’immédiateté du temps, dans une sorte d’évidence qui s’exonère de tout raisonnement logique et déductif. Pour expliquer son fonctionnement, certains arguent que ce procédé utilise de façon synthétique des souvenirs logés dans l’inconscient et dont nous n’avons pas évidemment conscience de leur présence latente.

L’intuition peut-elle s’apprendre? Comment ne pas faire d’hypnose
Par Aurélie MAINGUET, Psychologue clinicienne à Dijon. Je me suis intéressée à ce qui pouvait causer les craintes d’un thérapeute débutant en hypnose. L’objet de cet article est de retracer mon cheminement à travers quelques grandes questions. Qu’est-ce réellement que l’hypnose, comment peut-elle se situer entre une volonté de légitimation par la science et une aura magique qui reste bien ancrée ? Les principes en vigueur lorsqu’il s’agit de psychothérapie ne nous éloignent-ils pas parfois des principes éricksoniens ? Quelle est finalement la part de la technique et celle de l’intuition dans notre pratique ? Et enfin, comment se libérer des craintes et apprendre à faire confiance à l’inconscient ? Sans prétendre apporter les réponses, j’aimerais vous faire partager mes réflexions.

La relation thérapeutique revisitée
Qui influence qui? Par le Dr Irène BOUAZIZ, Psychiatre à Paris. Cet article est le résultat de multiples influences. Tout d’abord l’influence de mes patients qui m’ont appris, au fil des années, qu’ils en savent plus que nous sur ce qui est bon pour eux et qu’il peut être fructueux de se laisser influencer par eux.
L’influence, bien sûr, de mes maîtres, de mes collègues et aussi, plus spécifiquement, des organisateurs du VIe Forum qui ont su se montrer incitatifs dans leur présentation du thème de ces journées. J’ai aussi été fortement influencée par tous ceux qui étaient là devant moi dont je connais ou dont j’imagine les positions. Je dois enfin citer l’influence de ma collègue, le Docteur Chantal Gaudin, qui au fil des mille et une relectures de ce texte, m’a incitée, avec plus ou moins de succès, à le rendre plus compréhensible.

Hypnose: entre observation et perception
Variation contemporaine du « rapport exclusif » des pionniers du XVIIIe siècle. Par le Dr Sylvie LE PELLETIER-BEAUFON, Médecin psychothérapeute à Paris, hypnothérapeute et thérapeute systémique de famille et de couple. Au débuts du magnétisme étaient la synchronisation silencieuse au cours de laquelle l’attention se concentrait dans le « rapport exclusif », un mutuel échange de conscience, qui n’a rien perdu de son efficience de nos jours. A partir d’une situation clinique particulière obligeant le thérapeute à développer une autre posture, ou plus exactement à renforcer la posture thérapeutique propre à l’hypnose, je voudrais mettre en question et en lien deux grands thèmes évoqués dans ce forum : la notion d’observation en hypnose d’une part, et l’abord instrumental ou stratégique de cette approche d’autre part.

Le conte en Hypnose: Justin et l’engin magique.
La métamorphose. Par Marie-Odile Soucaze Des Soucaze, Infirmière puéricultrice, formatrice. Psychopraticienne formée à l’hypnose éricksonienne, Membre de l’Institut Milton Erickson de Biarritz-Pays Basque. Le conte a le double pouvoir de la relation, il raconte et relie. Il dit le passé au présent pour changer le futur. Il est maintenant. Comment je m'y prends. Au départ, les premiers entretiens me permettent de définir le véritable besoin de la personne, ce qui me donne l’objectif que je vais donner au conte. Je m’associe à elle, comme si j’écrivais au travers d’elle. Je ne cherche pas à comprendre le pourquoi du comment, pas d’intellectualisation sauvage… Je laisse aller, c’est tout. Et ça vient ! Et surtout, je me fais confiance… et si cette confiance fait défaut, c’est la panne… (Pour le forum, je voulais écrire un conte « court » et je me suis mis la pression et là, panne sèche pour la première fois… J’ai donc choisi un conte que j’avais écrit pour une personne dont je raconte l’expérience ci-dessous.)

Hypnose du présent, hypnose de l’acceptation
Les fondations du temps. Par le Dr Alain VALLÉE, Médecin Psychiatre à Nantes, Président d’honneur de l’AREPTA. Depuis pas mal de temps, je m’enrichis des modes de pensée constructiviste et constructionniste à propos des diverses catégories de la conscience, du temps, de la normalité ou de la pathologie, entre autres. Ceci m’a amené à approfondir ma réflexion sur la construction des problèmes, sur la thérapie en général, sur l’alliance thérapeutique et, de plus en plus, sur ce qui se passe dans le creuset de la thérapie. Déjà, dans le passé, j’enseignais combien la théorie psychanalytique n’était qu’une fiction, une métaphore permettant de mettre en place un échafaudage virtuel permettant de rendre compte de ce qui se passait, mais en rien une théorie de l’esprit humain, au plus une théorie de la relation.


Hyperesthésie des somnambules. Bertrand MEHEUST
A propos d’un article de Bergson. Par Bertrand MÉHEUST, Docteur en sociologie. Il se consacre à l’histoire de la parapsychologie et mène une réflexion épistémologique sur les tabous de la connaissance. On doit à Henri Bergson une des expériences les plus troublantes qui aient été tentées à la fin du siècle sur l’hyperesthésie des somnambules. Bergson, alors professeur à Clermont-Ferrand, est invité à participer à une séance de suggestion hypnotique. L’opérateur a pour sujets un groupe de jeunes de quinze à dix-sept ans. Ces derniers sont allongés sur un canapé situé à plusieurs mètres. Le magnétiseur se tient debout devant eux et ouvre un livre dont ils ne peuvent voir que la couverture.

Au-delà de l’hypnose. De l’intuition à la lucidité.
Par Djohar Si Ahmed, Docteur en psychologie, psychanalyste, hypnothérapeute éricksonienne. L’auteur s’inscrit dans une longue tradition de recherche des états psychophysiologiques et nous livre ses réflexions sur les états de conscience jusqu’à la lucidité. STRATÉGIE ET INTUITION. Ces deux termes, stratégie et intuition, autour desquels tourne l’intitulé du Forum, sont en principe antinomiques. La stratégie renvoie à une élaboration consciente, rationnelle et logique en vue de préparer une action, de mener un combat, un projet, de s’assurer une conquête amoureuse, ou une conquête tout court… L’intuition, connaissance immédiate, non verbale, défiant la logique ou la déduction. La stratégie domaine du cerveau gauche, l’intuition du cerveau droit. On peut déjà dire que l’une considère et analyse (rationnellement) des détails d’une situation pour aboutir à son appréhension et à la conduite à tenir, et l’autre, l’intuition, est une sorte d’appréhension immédiate et globale (et donc irrationnelle) de cette même situation.

Thérapie: Consultation du 1er février 2010. Dr Claude Virot
10 h 30 : Mr B. a 60 ans. En juin 2009, il présente brutalement une paralysie faciale « a frigore » dans un contexte de perturbation psychologique familiale aigüe et imprévisible. La perturbation familiale évolue favorablement, la paralysie disparaît en deux semaines, mais apparaît un ensemble de troubles neurologiques subjectifs : fasciculations, réduction de force musculaire, fatigue extrême… Le bilan neurologique est normal. Mais Mr B. devient angoissé, présente des troubles du sommeil. Son médecin lui prescrit alors un « petit » antidépresseur. 11 h 30 : Mme C., 36 ans. Elle est épuisée et craque de partout. Son père est décédé il y a deux mois. Elle a une longue histoire. Il y a douze ans, quelques mois après la naissance de son premier enfant, apparaît une très grande fatigue aggravée par un problème relationnel – non résolu aujourd’hui – avec sa belle-famille.

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L’art de passer de «hypnose et douleur» à «hypnose et bien être» selon Sophie Cohen

lundi 20 janvier 2014 - 02:00
Revenir régulièrement à Rennes, est pour moi une évidence, afin de venir écouter, comprendre d'autres approches. Aujourd'hui, une approche importante de la douleur par Sophie Cohen (Paris). Je reviens d’un séminaire proposé par l’institut Emergences sur la gestion de la douleur animé par Sophie Cohen qui est psychologue en libéral et qui intervient dans un centre de gestion de la douleur à Paris (Chatillon).

Son expérience et son vécu ont été un inestimable enrichissement pour chaque praticien travaillant sur la gestion de la douleur. Ce qui m’amène à évoquer ce sujet qui m’est cher dans ma pratique.

Tout d’abord, je vous invite à resituer un des champs d’application capital de l’hypnose ericksonienne: la gestion de la douleur.

En effet, aujourd’hui l’hypnose prend de plus en plus de place au sein de l’hôpital grâce à son action sur la douleur. Pour commencer, je vais décortiquer le mot douleur comme on décortiquerait une noisette de sa coquille.

La douleur au sens de l’IASP (International Association for the Study of Pain) consiste en « une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable, associée à une lésion tissulaire réelle ou potentielle, ou décrite dans des termes évoquant une telle lésion.»

En effet, des études récentes prennent de plus en plus en considération l’interaction entre les deux composantes de la douleur : la sensation et l’émotion.

Sous le regard de l’hypnose, cette interaction est importante pour permettre de comprendre comment, sur un plan psychologique, peut se trouver modifiée l’expérience de la douleur selon ces deux aspects, et pouvoir, précisément construire « la fin » de la douleur lorsque cela est envisageable.

L’analgésie engendrée par l’hypnose s’expliquerait par l’action de la relaxation hypnotique et l’absorption mentale, ce qui entrainerait des modifications dans le débit sanguin cérébral au niveau du tronc cérébral, du thalamus, du gyrus cingulaire antérieur, ainsi que du cortex préfrontal droit, du cortex pariétal postérieur droit et des cortex occipitaux.

A présent, plus simplement, Sophie Cohen nous amène à aborder l’hypnose non sous l’angle de « l’hypnose et douleur » mais sous l’angle de « l’hypnose et bien être ». Un changement d’angle de vue qui ouvre une nouvelle perspective de soin du thérapeute envers son patient et ce dernier également se déplace pour avoir une nouvelle vision de…sa sensation. Effectivement, nous ne parlons plus de douleur…

Il s’agit alors, grâce à l’utilisation de l’hypnose, d’amener le patient à sortir de sa vision unidimensionnelle vis-à-vis de sa sensation et aussi de sa vie pour lui donner une nouvelle posture face à la vie. Sophie Cohen à travers des citations de philosophes comme André Comte-Sponville et François Jullien met en avant les contours de l’approche de la gestion de la douleur avec l’hypnose.

Lorsqu’une personne expérimente la présence d’une sensation dans le corps celle-ci devient de plus en plus présente dans son esprit ce qui la conduit le plus souvent à une anticipation et ainsi c’est un système circulaire qui tourne en boucle. Travailler sur la focalisation d’une pensée afin d’en découdre les effets sur la sensation. Effectivement, Sophie Cohen énonce que « quand nous considérons que ce ressenti est très important, gênant, voire handicapant…nous fonctionnons comme si rien n’existait plus en dehors de cela ». L’hypnose peut amener à se réintroduire dans le moment présent dans le but quitter la focalisation…

Pour conclure, la philosophie est une manière de voir, d’interpréter le monde, les choses de la vie qui guide le comportement et Sophie Cohen a su nous transmettre une réelle philosophie de l’hypnose thérapeutique dans le cadre de la gestion de la douleur.

Par Laurence ADJADJ BORLA
Cabinet d'Hypnose à Marseille
57, rue Paradis
Marseille 13006
06 15 21 12 59
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