en ligne

Il y a actuellement 1 utilisateur et 32 invités en ligne.

Hypnose Ericksonienne

Syndiquer le contenu
Hypnose Ericksonienne, Médicale et Thérapeutique. Thérapies Brèves, EMDR. Formations en Hypnose, trouvez un Praticien, Thérapeute des Instituts Milton Erickson à Paris, Marseille
Mis à jour : il y a 1 heure 42 sec

Formation en Hypnose à Paris. Dan SHORT en conférence sur les compétences de base pour la pratique avancée.

mercredi 1 février 2017 - 22:25
http://www.hypnose-ericksonienne.org/video/ Dan Short est psychologue de pratique privée à Scottsdale, en banlieue de Phoenix, Arizona (USA).
Il a été plusieurs années responsable des archives de la Fondation Milton H. Erickson et a ainsi pu étudier de manière approfondie les textes, les enregistrements audio et les vidéos de Milton Erickson qui y sont conservés.

Une conférence co-produite par le Rime, Institut Milton H. Erickson Ile-de-France, et le CHTIP Collège d'Hypnose et Thérapies Intégratives de Paris.
Traduction simultanée de Philippe Aïm



En savoir plus




Avec Thierry Servillat, Christian Martens, Philippe Aïm, Laurent Gross, Antoine Bioy
Diffusé par hypnose-ericksonienne.org

Rencontre avec Guillaume Martinet, jongleur

mercredi 1 février 2017 - 17:01
Par le Dr Dina ROBERTS Revue Hypnose & Thérapies brèves n°43 Dina : Mon envie de travailler avec toi est née quand je t’ai vu sur scène. Ce qui me fascinait n’était pas seulement ton niveau technique, mais surtout ta présence. Tu par- venais, en jonglant, à captiver l’attention de toute la salle. Et si dans le public un bébé pleurait, tu réagissais immédiatement, avec la réactivité d’un animal, tout en continuant à jongler. Je te sentais à la fois entièrement plongé dans ce que tu faisais tout en restant ouvert, extrêmement sensible à l’environnement. Cet état de présence m’a semblé très proche de l’état d’hypnose.

Guillaume : Aujourd’hui je dirais qu’être présent, c’est laisser assez d’espace dans le corps et dans la pensée pour pou- voir se laisser traverser. Cela nécessite d’accepter d’exister dans tout ce que l’on est et dans tout ce que l’on représente. Je cherche à laisser de la place dans le geste. Il y a des phénomènes sociaux qui emplissent l’espace du mouvement. Très concrètement, si on prend la manière de s’asseoir, elle va dé- pendre du groupe dans lequel l’action est faite. Dans un certain contexte social, on s’assoit par terre en tailleur, dans un autre ce sera plutôt sur une chaise les genoux serrés, alors qu’ailleurs on peut se laisser tomber dans le siège. ll y a plus dans le geste qu’une action mécanique. Le geste peut être rempli de notre rapport aux autres, à nous- mêmes, à notre corps et à l’espace. Chercher à « laisser de la place dans le geste » c’est rester ouvert pour permettre à toutes les intentions, y compris celles qui ne sont pas liées au contexte social, de s’exprimer. Laisser cet espace, ou le construire, m’a amené à redécouvrir une façon d’être pré- sent qui s’approche de celle d’un bébé.

D. : Jongler serait donc pour toi une présence perceptive particulière ?
G. : Je me plais à dire que le toucher est mon rapport au monde. Je ressens jongler comme un rapport d’un corps avec un objet dans l’espace et dans le temps. Je prends le temps et l’espace comme des décisions plutôt que des contraintes extérieures. Par exemple, si je lance un objet, c’est moi qui décide de quand et où je le rattrape. C’est une réalité que je construis. Nos perceptions sont notre moyen d’être au monde, de communiquer avec lui. Elles sont le rapport de notre intérieur avec l’extérieur, de notre corps avec les choses. C’est pourquoi j’en viens à ressentir que jongler est toucher, que jongler est ma manière d’être au monde.

D. : Des séances de jonglage en hypnose nous ont permis de découvrir que nous pouvions faciliter ton entrée dans cet état.
G. : Je décrirais cet état comme une concentration particulièrement focalisée : ce qu’on fait à ce moment-là devient la chose la plus importante du monde. Toutes les choses sont perceptibles mais une seule occupe toute mon attention. Le travail consiste à oublier le reste du monde, et à entrer dans l’état avec toi comme guide et lien à tout le reste. J’y travaille à faire seulement ce que je fais, vide de jugement ou d’intentions sociales, libre des « est-ce joli ? intéressant ? valable ? bien ?... » C’est ce que désormais j’appelle la justesse, que ce soit celle du mouvement ou de la présence. J’y suis en pleine confiance. Je suis un vrai bébé dans ces moments-là. Je pourrais, comme un nourrisson, oublier de me nourrir. Tu es alors mon seul repère au monde et au temps. Et c’est cet état que désormais j’appelle la présence.

D. : Lors de ces séances, nous avons renforcé notre conviction qu’imaginer c’est faire. C’était très direct à observer. Tu ratais un mouvement, on le travaillait par visualisation, et quand tu recommençais avec les balles, elles tombaient deux fois moins.

DINA ROBERTS
Psychiatre. Assistante spécialiste sur le secteur de psychiatrie adulte du Pôle Paris Centre - Hôpitaux de Saint-Maurice et Centre Médico- Psychologique Turbigo, Paris 3e. Conférencière et formatrice à l’AFEHM et au CITAC. Intervenante à Canaldanse où elle propose des ateliers d’hypnose et danse.

GUILLAUME MARTINET
Il découvre le jonglage au cours de ses études scientifiques. Il se forme au Centre des arts du cirque de Toulouse, le Lido. Il fonde ensuite la compagnie Defracto.


Ouvrir le champ des possibles. Sophie Cohen
Nous nous retrouvons avec plaisir en cet automne. Ce numéro de la Revue fait la part belle à la Médecine fonctionnelle. Henri Bensoussan et les auteurs de ce dossier thématique nous présentent l’actualité et les possibilités de l’utilisation de l’hypnose et des thérapies brèves dans ce secteur de la médecine où les croyances tricotées avec les limitations corporelles peuvent faciliter ou entraver la reprise des activités, la pour-suite de la vie dans son ensemble chez nos patients.
Danser avec le patient : l'accordage pour soulager douleur, souffrance. Dr Olivier Debas
Les cas cliniques de soulagement de la douleur et de la souffrance qui suivent, et leurs commentaires, illustrent la pratique libre et tranquille d’Olivier Debas. Quatre cas cliniques comme les quatre directions possibles de remise en mouvement. Alice a 20 ans et souffre de douleurs chroniques depuis deux ans. Initialement localisées au niveau du genou gauche, elles se sont étendues à l’ensemble des membres inférieurs puis au rachis lombaire. 
La patiente récalcitrante: sortir du burn-out. Marie-Clotilde Wurz
Avec beaucoup de sincérité, Marie-Clotilde, psychologue, nous livre la façon dont elle a utilisé l’hypnose pour ouvrir vers de la nouveauté. Je suis psychologue clinicienne et hypnothérapeute. J’ai fait le choix de travailler essentiellement en cabinet libéral et d’avoir en parallèle des activités d’enseignement pédagogique et universitaire ainsi que des groupes de parole.

La perception de l’hypnose par les patients hémodialysés. Dr Catherine Lasseur
L’hémodialyse mobilise le patient pendant de longues heures, trois fois par semaine. Au travers de cet article, le Docteur Lasseur nous fait part des résultats d’une enquête sur la façon dont l’hypnose est appréciée par ces patients. ’insuffisance rénale chronique termi- nale nécessite le recours à des techniques de suppléance du fonctionnement des reins, parmi lesquelles l’hémodialyse.
La qualité de vie des patients. Un protocole de recherche. Carole Maurer
Évaluer l’intérêt de l’hypnose dans les douleurs induites par la chimiothérapie. Passionnées par la découverte des possibilités de l’hypnose, c’est avec enthousiasme qu’avec mes collègues nous avons mis en application nos rudiments. Rapidement, il nous est apparu que les moyens hypnotiques à notre disposition allaient changer beaucoup de choses dans notre métier. Mais il nous avait été enseigné toute la pertinence de « l’œil du débutant », un regard ouvert et curieux.
Hypnose et rééducation. Dr Henri Bensoussan
Hypnose et rééducation, le rapprochement a été effectué il y a longtemps par le jeune Milton H. Erickson, lors de son second épisode de poliomyélite. L’anecdote est connue : condamné à mourir à cause de ses paralysies, il va vivre, condamné à ne plus pouvoir marcher, il va marcher. C’est en puisant dans la mémoire de son corps, en retravaillant les automatismes qui nous font bouger, en utilisant ses souvenirs de mouvements qu’il va progressivement se remettre en mouvement et repartir dans le flux de sa vie.
Hypnose en rééducation pédiatrique. Bénédicte Ansel et Dr Cécile Mareau
En pratique, pendant une séance de rééducation, le kinésithérapeute intègre l’hypnose conversationnelle lors de moments bien précis : massage, mobilisation. Il peut également proposer des séances d’hypnose formelle en dehors des séances de rééducation. Il profite ensuite des séances de rééducation pour reprendre les mots employés par l’enfant, ses métaphores, et ancrer les modifications en hypnose conversationnelle.

Hypnose médicale : Douleur et difficultés motrices. Dr Henri Bensoussan
Quel bilan faire de seize années de consultations d’hypnose médicale orientées vers la douleur chronique et les difficultés motrices ? Nous proposons de distinguer deux groupes de patients. Le premier groupe qui, une fois le diagnostic posé, se sent rejeté par des phrases du style : « je ne peux rien pour vous » ; « votre état va se dégrader » ; « vos douleurs sont inévitables ».

Faire corps ou cicatriser avec l’hypnose. Dr Patrick Bellet
En matière de rééducation et d’hypnose, le propre cas d’Erickson est exemplaire. Extrait de l’article « Autohypnotic experiences of Milton H. Erickson », de 1977, qui parut sous la forme d’un dialogue avec Ernest Rossi. Rossi : « Dans vos expériences d’auto-réhabilitation entre 17 et 19 ans, vous avez appris de votre propre expérience que vous devriez utiliser votre imagination pour obtenir les mêmes effets qu’un effort réel. ».
AVC, intérêt de l’hypnose. Revue de littérature
L’hypnose a fait ses preuves dans la gestion de la douleur et de la souffrance psychologique, entrant dans les centres de rééducation. L’arrivée de la pratique de l’hypnose dans des équipes pluridisciplinaires a ouvert des perspectives sur la prise en charge d’autres pathologies, notamment neurologiques. Il n’existe pas d’étude à notre connaissance spécifique à l’hypnose en rééducation neurologique.
Métaphores possibles dans le SDRC. Dr Philippe Marchand
Le syndrome douloureux régional complexe est une pathologie dont le diagnostic est évoqué devant des suites opératoires inhabituellement douloureuses. Ce syndrome, parfois appelé algodystrophie, entraîne une impotence, des troubles trophiques et vasomoteurs : œdème, modification de température et d’aspect de la peau. Les appellations évoluent au cours des années et de la compréhension de cette pathologie.
« Je viens vous voir, y’a rien qui marche ». Dr Stefano Colombo
Cela commence bien ! Ce verbe, marcher, est omniprésent et utilisé un peu dans toutes les sauces. A la sauce mécanique quand vous vous décarcassez avec un ustensile qui ne veut pas démarrer, à la sauce militaire avec l’ordre de marche, à la sauce numérique quand votre ordi refuse de quitter le bug. Vous êtes en surpoids ? Vous vous précipitez pour savoir si le régime X,Y,Z marche pour maigrir.
Le temps de l’été. Sophie Cohen
Il était une fois l’été... Il a été... Il était ce temps attendu, ce temps de la vacuité... le temps où on le prend, on le sent... Un temps de vacances, d’ouverture pour voir, un temps pour respirer, du temps pour trouver, à moins que ce ne soit pour retrouver ? Le temps d’aller au rythme du temps. Avec ces longues journées où le soleil est souvent en complet de soirée... Flâner dans le beau temps où l’on sent les chants d’oiseaux, le bruit des vagues, les symphonies du vent qui parcourent les fibres des corps.

Dans le mouvement. Dr Adrian Chaboche
Cette rubrique est destinée à partager des expériences cliniques en quittant l’installation statique de nos habitudes de pratiques. Ouvrons-nous aux champs des possibles, dans le mouvement. Celui du patient et le nôtre. Car il existe une représentation très ancrée de l’hypnose figée, immobile. L’image du patient hypnotisé assis, parfois allongé. Se taire pour mieux s’entendre, ne faire rien pour retrouver l’action : l’hypnose est tout sauf l’immobilisme.
Rencontre avec Guillaume Martinet, jongleur. Dr Dina Roberts
Dina : Mon envie de travailler avec toi est née quand je t’ai vu sur scène. Ce qui me fascinait n’était pas seulement ton niveau technique, mais surtout ta présence. Tu parvenais, en jonglant, à captiver l’attention de toute la salle. Et si dans le public un bébé pleurait, tu réagissais immédiatement, avec la réactivité d’un animal, tout en continuant à jongler. Je te sentais à la fois entièrement plongé dans ce que tu faisais tout en restant ouvert, extrêmement sensible à l’environnement.

Gaston Brosseau, psy non classique. Dr Gérard Fitoussi
Gaston Brosseau propose une lecture de son parcours. Je lui propose des mots extraits de son univers. Solitude. C’est le mot qui me vient lorsqu’on m’interroge sur ma conception de l’hypnose. J’ai osé, depuis plus de trente- cinq ans, établir une géolocalisation de l’hypnose en dehors de toute la cartographie classique en m’autorisant toute la liberté nécessaire pour la rendre accessible à tout le monde.

Hypnose et acupuncture en anesthésie. Dr Jean-Michel Hérin
Par le Dr Jean Becchio. Jean-Michel Hérin, confrère formé en hypnose ericksonienne par Claude Virot, nous offre un bouquin agréable à lire dans lequel il évoque et décrit le lien qui unit les espaces, en apparence différents, de l’hypnose et de l’acupuncture. Expert dans les deux domaines, le Dr Hérin illustre son bel ouvrage de cas cliniques et de réflexions sur les mécanismes, communs et particuliers de ces deux approches.
En mouvement. Une vie. Christine Guilloux
Oliver Sachs s’était déjà livré dans Oncle Tungstène où il nous avait embarqués en sa passion pour la chimie, sa fascination pour les métaux, ses explorations de l’ordre caché des choses. Une première autobiographie qui nous avait déjà familiarisés à ce parcours d’une passion scientifique, étayée d’anecdotes et d’illustrations des découvertes scientifiques en chimie inorganique des XVIIIe et XIXe siècles. 
« Interventions et thérapies brèves : 10 stratégies concrètes. Crises et opportunités »
Article écrit par Sophie Cohen. Nous retrouvons ici cinq auteurs : Yves Doutrelugne, Olivier Cottencin, Julien Betbèze, Luc Isebaert et Dominique Megglé, appréciés pour leur approche clinique pragmatique des situations. Dans leur dernier ouvrage tout juste paru, intitulé : « Interventions et thérapies brèves : 10 stratégies concrètes. Crises et opportunités », ils présentent l’utilisation des outils de thérapies brèves.

Je ne pense pas donc je suis. Christine Guilloux
Colloque « Hypnose et créativité, aux frontières de la conscience ». « Hypnose et créativité, aux frontières de la conscience », une journée menée tambour battant, riche d’histoires, d’expériences, de questions sans réponses, de réponses sans questions là où Charcot a fortement contribué à la recherche médicale. Une journée tonique, brillamment orchestrée par le Dr Eric Gibert et le Pr Bruno Fautrel, Service de Rhumatologie & CETD au CHU de La Pitié-Salpêtrière, le 16 juin dernier.
Hypnose, médecine générale, sommeil. Drs Adrian Chaboche et Lauriane Bordenave
Pour ce numéro, nous vous présentons un travail national particulièrement intéressant, et dans la continuité de l’article de Daniel Quin au précédent numéro, une récente étude portant sur le sommeil. Cordi M.J., Hirsiger S., Merillat S., Rasch B., « Improving sleep and cognition by hypnotic suggestion in the ederly », Neuropsychologia 69 (2015), pp. 176-182. Cette étude clinique s’est intéressée aux effets de l’hypnose sur le sommeil et sur les facultés cognitives du sujet âgé
La douleur ou la souffrance ? Dr Jean-Marc Benhaiem
Lorsqu’une personne est confrontée à un soin potentiellement douloureux, elle est en réalité, confrontée à la souffrance. La médecine clive la perception de la douleur en différentes composantes : émotionnelle, sensori-discriminative, cognitive et comportementale. En morcelant l’expérience de la douleur, il devient possible de mieux comprendre où se situent les difficultés.
Diffusé par hypnose-ericksonienne.org

Dans le mouvement. Dr Adrian CHABOCHE

mercredi 1 février 2017 - 17:01
Cette rubrique est destinée à partager des expériences cliniques en quittant l’installation statique de nos habitudes de pratiques. Ouvrons-nous aux champs des possibles, dans le mouvement. Celui du patient et le nôtre.
Car il existe une représentation très ancrée de l’hypnose figée, immobile. L’image du patient hypnotisé assis, parfois allongé.
Se taire pour mieux s’entendre, ne faire rien pour retrouver l’action : l’hypnose est tout sauf l’immobilisme. C’est un processus relationnel, passage d’un état à l’autre par un mouvement global, tant neurologique que dans la vie du patient.

Comment un thérapeute rendrait possible un espace de changement si lui-même est figé dans une posture ? Le patient vient « grâce » à la formulation d’une plainte. Le symptôme qu’il présente, physiquement ou psychiquement, marque une immobilisation dans sa vie. Il y est fixé, focalisé, autant qu’une hypnose léthargique négative, ses ressources sont alors exclues. Les connaissances intellectualisées du thérapeute, si elles prennent le pas sur ses perceptions, sont l’obstacle même au change- ment. Et cela implique de nous ouvrir nous-mêmes, thérapeutes, à ce jeu (je) commun... Finalement, c’est pour nous que les champs des possibles sont à autoriser, à investir, pour laisser le patient y prendre place.

Madame A. consulte pour une lombosciatalgie chronique qui a été déclenchée à la suite d’une chute dans un escalier occasionnant une fracture vertébrale. Fut-elle une femme hyperactive, voyageant en permanence, relevant les défis de son métier, elle est désormais invalide, ne travaille plus ni ne sort, a arrêté toute activité. Nous avons pris le temps d’explorer l’effraction de ce traumatisme, résonnant dans le domaine professionnel par un burn-out et par la maladresse de certains praticiens : elle raconte comment, après une longue phase de relative et difficile amélioration, un thérapeute manuel la blesse à nouveau au cours d’une manipulation. Plusieurs séances d’hypnose lui permettent d’apprendre à gérer autrement ses douleurs, et l’ouvrent à un sentiment de mieux-être. Mais toujours assise. Elle est dans un état d’immobilisation profond, d’enkystement de sa douleur. Une kinésiophobie où elle craint tout acte de soin physique, ou même marcher dehors. Son corps se fige, autant que le temps.

L’espace de parole libre l’amène un jour à me confier qu’elle voudrait que rien ne change, qu’elle ne vieillisse pas, ne devienne pas autre, et cela même avant l’accident, arrivé lui même à l’aube de sa quarantaine. Elle voulait être comme avant, et refuse son état. Pour l’induction, je lui propose de s’installer totalement dans cette immobilité et, chose inhabituelle pour moi, lui demande de me décrire tout ce qu’elle ressent :
- Allongée. Comme dans un sarcophage. Toute droite, rigide, ne pas bouger. Comme être éternelle.
- Pouvez-vous vous lever et ouvrir la porte que vous voyez là ?

Au moyen de cette suggestion directe, je lui demande de quitter sa position physique actuelle, assise/immobile, pour faire l’expérience du mouvement. Se lever du fauteuil, qu’elle connaît de trop au cours de nos séances, tout en provoquant une confusion en lui proposant d’ouvrir une porte qu’elle ne connaît pas. Celle-ci mène à une autre salle ou sont disposés des fauteuils et un divan. Très surprise, elle entre. Et voit le divan.



Ouvrir le champ des possibles. Sophie Cohen
Nous nous retrouvons avec plaisir en cet automne. Ce numéro de la Revue fait la part belle à la Médecine fonctionnelle. Henri Bensoussan et les auteurs de ce dossier thématique nous présentent l’actualité et les possibilités de l’utilisation de l’hypnose et des thérapies brèves dans ce secteur de la médecine où les croyances tricotées avec les limitations corporelles peuvent faciliter ou entraver la reprise des activités, la pour-suite de la vie dans son ensemble chez nos patients.

Danser avec le patient : l'accordage pour soulager douleur, souffrance. Dr Olivier Debas
Les cas cliniques de soulagement de la douleur et de la souffrance qui suivent, et leurs commentaires, illustrent la pratique libre et tranquille d’Olivier Debas. Quatre cas cliniques comme les quatre directions possibles de remise en mouvement. Alice a 20 ans et souffre de douleurs chroniques depuis deux ans. Initialement localisées au niveau du genou gauche, elles se sont étendues à l’ensemble des membres inférieurs puis au rachis lombaire. 

La patiente récalcitrante: sortir du burn-out. Marie-Clotilde Wurz
Avec beaucoup de sincérité, Marie-Clotilde, psychologue, nous livre la façon dont elle a utilisé l’hypnose pour ouvrir vers de la nouveauté. Je suis psychologue clinicienne et hypnothérapeute. J’ai fait le choix de travailler essentiellement en cabinet libéral et d’avoir en parallèle des activités d’enseignement pédagogique et universitaire ainsi que des groupes de parole.

La perception de l’hypnose par les patients hémodialysés. Dr Catherine Lasseur
L’hémodialyse mobilise le patient pendant de longues heures, trois fois par semaine. Au travers de cet article, le Docteur Lasseur nous fait part des résultats d’une enquête sur la façon dont l’hypnose est appréciée par ces patients. ’insuffisance rénale chronique termi- nale nécessite le recours à des techniques de suppléance du fonctionnement des reins, parmi lesquelles l’hémodialyse.

La qualité de vie des patients. Un protocole de recherche. Carole Maurer
Évaluer l’intérêt de l’hypnose dans les douleurs induites par la chimiothérapie. Passionnées par la découverte des possibilités de l’hypnose, c’est avec enthousiasme qu’avec mes collègues nous avons mis en application nos rudiments. Rapidement, il nous est apparu que les moyens hypnotiques à notre disposition allaient changer beaucoup de choses dans notre métier. Mais il nous avait été enseigné toute la pertinence de « l’œil du débutant », un regard ouvert et curieux.
Hypnose et rééducation. Dr Henri Bensoussan
Hypnose et rééducation, le rapprochement a été effectué il y a longtemps par le jeune Milton H. Erickson, lors de son second épisode de poliomyélite. L’anecdote est connue : condamné à mourir à cause de ses paralysies, il va vivre, condamné à ne plus pouvoir marcher, il va marcher. C’est en puisant dans la mémoire de son corps, en retravaillant les automatismes qui nous font bouger, en utilisant ses souvenirs de mouvements qu’il va progressivement se remettre en mouvement et repartir dans le flux de sa vie.

Hypnose en rééducation pédiatrique. Bénédicte Ansel et Dr Cécile Mareau
En pratique, pendant une séance de rééducation, le kinésithérapeute intègre l’hypnose conversationnelle lors de moments bien précis : massage, mobilisation. Il peut également proposer des séances d’hypnose formelle en dehors des séances de rééducation. Il profite ensuite des séances de rééducation pour reprendre les mots employés par l’enfant, ses métaphores, et ancrer les modifications en hypnose conversationnelle.

Hypnose médicale : Douleur et difficultés motrices. Dr Henri Bensoussan
Quel bilan faire de seize années de consultations d’hypnose médicale orientées vers la douleur chronique et les difficultés motrices ? Nous proposons de distinguer deux groupes de patients. Le premier groupe qui, une fois le diagnostic posé, se sent rejeté par des phrases du style : « je ne peux rien pour vous » ; « votre état va se dégrader » ; « vos douleurs sont inévitables ».
Faire corps ou cicatriser avec l’hypnose. Dr Patrick Bellet
En matière de rééducation et d’hypnose, le propre cas d’Erickson est exemplaire. Extrait de l’article « Autohypnotic experiences of Milton H. Erickson », de 1977, qui parut sous la forme d’un dialogue avec Ernest Rossi. Rossi : « Dans vos expériences d’auto-réhabilitation entre 17 et 19 ans, vous avez appris de votre propre expérience que vous devriez utiliser votre imagination pour obtenir les mêmes effets qu’un effort réel. ».
AVC, intérêt de l’hypnose. Revue de littérature
L’hypnose a fait ses preuves dans la gestion de la douleur et de la souffrance psychologique, entrant dans les centres de rééducation. L’arrivée de la pratique de l’hypnose dans des équipes pluridisciplinaires a ouvert des perspectives sur la prise en charge d’autres pathologies, notamment neurologiques. Il n’existe pas d’étude à notre connaissance spécifique à l’hypnose en rééducation neurologique.

Métaphores possibles dans le SDRC. Dr Philippe Marchand
Le syndrome douloureux régional complexe est une pathologie dont le diagnostic est évoqué devant des suites opératoires inhabituellement douloureuses. Ce syndrome, parfois appelé algodystrophie, entraîne une impotence, des troubles trophiques et vasomoteurs : œdème, modification de température et d’aspect de la peau. Les appellations évoluent au cours des années et de la compréhension de cette pathologie.
« Je viens vous voir, y’a rien qui marche ». Dr Stefano Colombo
Cela commence bien ! Ce verbe, marcher, est omniprésent et utilisé un peu dans toutes les sauces. A la sauce mécanique quand vous vous décarcassez avec un ustensile qui ne veut pas démarrer, à la sauce militaire avec l’ordre de marche, à la sauce numérique quand votre ordi refuse de quitter le bug. Vous êtes en surpoids ? Vous vous précipitez pour savoir si le régime X,Y,Z marche pour maigrir.
Le temps de l’été. Sophie Cohen
Il était une fois l’été... Il a été... Il était ce temps attendu, ce temps de la vacuité... le temps où on le prend, on le sent... Un temps de vacances, d’ouverture pour voir, un temps pour respirer, du temps pour trouver, à moins que ce ne soit pour retrouver ? Le temps d’aller au rythme du temps. Avec ces longues journées où le soleil est souvent en complet de soirée... Flâner dans le beau temps où l’on sent les chants d’oiseaux, le bruit des vagues, les symphonies du vent qui parcourent les fibres des corps.

Dans le mouvement. Dr Adrian Chaboche
Cette rubrique est destinée à partager des expériences cliniques en quittant l’installation statique de nos habitudes de pratiques. Ouvrons-nous aux champs des possibles, dans le mouvement. Celui du patient et le nôtre. Car il existe une représentation très ancrée de l’hypnose figée, immobile. L’image du patient hypnotisé assis, parfois allongé. Se taire pour mieux s’entendre, ne faire rien pour retrouver l’action : l’hypnose est tout sauf l’immobilisme.
Rencontre avec Guillaume Martinet, jongleur. Dr Dina Roberts
Dina : Mon envie de travailler avec toi est née quand je t’ai vu sur scène. Ce qui me fascinait n’était pas seulement ton niveau technique, mais surtout ta présence. Tu parvenais, en jonglant, à captiver l’attention de toute la salle. Et si dans le public un bébé pleurait, tu réagissais immédiatement, avec la réactivité d’un animal, tout en continuant à jongler. Je te sentais à la fois entièrement plongé dans ce que tu faisais tout en restant ouvert, extrêmement sensible à l’environnement.

Gaston Brosseau, psy non classique. Dr Gérard Fitoussi
Gaston Brosseau propose une lecture de son parcours. Je lui propose des mots extraits de son univers. Solitude. C’est le mot qui me vient lorsqu’on m’interroge sur ma conception de l’hypnose. J’ai osé, depuis plus de trente- cinq ans, établir une géolocalisation de l’hypnose en dehors de toute la cartographie classique en m’autorisant toute la liberté nécessaire pour la rendre accessible à tout le monde.
Hypnose et acupuncture en anesthésie. Dr Jean-Michel Hérin
Par le Dr Jean Becchio. Jean-Michel Hérin, confrère formé en hypnose ericksonienne par Claude Virot, nous offre un bouquin agréable à lire dans lequel il évoque et décrit le lien qui unit les espaces, en apparence différents, de l’hypnose et de l’acupuncture. Expert dans les deux domaines, le Dr Hérin illustre son bel ouvrage de cas cliniques et de réflexions sur les mécanismes, communs et particuliers de ces deux approches.
En mouvement. Une vie. Christine Guilloux
Oliver Sachs s’était déjà livré dans Oncle Tungstène où il nous avait embarqués en sa passion pour la chimie, sa fascination pour les métaux, ses explorations de l’ordre caché des choses. Une première autobiographie qui nous avait déjà familiarisés à ce parcours d’une passion scientifique, étayée d’anecdotes et d’illustrations des découvertes scientifiques en chimie inorganique des XVIIIe et XIXe siècles. 
« Interventions et thérapies brèves : 10 stratégies concrètes. Crises et opportunités »
Article écrit par Sophie Cohen. Nous retrouvons ici cinq auteurs : Yves Doutrelugne, Olivier Cottencin, Julien Betbèze, Luc Isebaert et Dominique Megglé, appréciés pour leur approche clinique pragmatique des situations. Dans leur dernier ouvrage tout juste paru, intitulé : « Interventions et thérapies brèves : 10 stratégies concrètes. Crises et opportunités », ils présentent l’utilisation des outils de thérapies brèves.

Je ne pense pas donc je suis. Christine Guilloux
Colloque « Hypnose et créativité, aux frontières de la conscience ». « Hypnose et créativité, aux frontières de la conscience », une journée menée tambour battant, riche d’histoires, d’expériences, de questions sans réponses, de réponses sans questions là où Charcot a fortement contribué à la recherche médicale. Une journée tonique, brillamment orchestrée par le Dr Eric Gibert et le Pr Bruno Fautrel, Service de Rhumatologie & CETD au CHU de La Pitié-Salpêtrière, le 16 juin dernier.

Hypnose, médecine générale, sommeil. Drs Adrian Chaboche et Lauriane Bordenave
Pour ce numéro, nous vous présentons un travail national particulièrement intéressant, et dans la continuité de l’article de Daniel Quin au précédent numéro, une récente étude portant sur le sommeil. Cordi M.J., Hirsiger S., Merillat S., Rasch B., « Improving sleep and cognition by hypnotic suggestion in the ederly », Neuropsychologia 69 (2015), pp. 176-182. Cette étude clinique s’est intéressée aux effets de l’hypnose sur le sommeil et sur les facultés cognitives du sujet âgé

La douleur ou la souffrance ? Dr Jean-Marc Benhaiem
Lorsqu’une personne est confrontée à un soin potentiellement douloureux, elle est en réalité, confrontée à la souffrance. La médecine clive la perception de la douleur en différentes composantes : émotionnelle, sensori-discriminative, cognitive et comportementale. En morcelant l’expérience de la douleur, il devient possible de mieux comprendre où se situent les difficultés.
Diffusé par hypnose-ericksonienne.org

Une écoute attentive et du sourire

jeudi 10 novembre 2016 - 17:24
Par Nathalie Saliou L’hypnose a changé mon regard sur ma vie, ma famille et mon entourage. L’art d’utiliser l’imaginaire créatif du patient est extraordinaire, riche en émotions et avec des résultats rapides : cicatrisation, confort, sérénité… Infirmière à domicile depuis vingt-six ans, j’ai toujours été sensibilisée à la relation soignant-soigné. Selon moi, c’est toujours une nouvelle rencontre positive et interactive associée à une communication, une confiance, une écoute attentive, un sourire et… la bonne humeur !
Grâce à ma formation en hypnose et thérapie brève créative, je peux proposer différentes séances d’hypnose formelle ou non dès que l’occasion se présente.
Tout d’abord, je pratique au quotidien la communication thérapeutique. Cette pratique a l’avantage d’être rapide à installer dans ma vie professionnelle. En effet, la majorité des actes prescrits demande de la rapidité d’exécution : prise de sang, perfusion, surveillance de chimiothérapie, etc.

En voici un exemple : un matin, une adolescente, nous l’appellerons Marine, m’attendait pour une prise de sang à jeun et à domicile. Jusqu’ici, pas de souci, c’est un acte simple à réaliser pour l’infirmière.
Cependant, Marine m’accueille très angoissée, tétanisée et bredouillant quelques mots : « J’ai peur, Madame », au bord des larmes à même le seuil de la porte d’entrée de l’appartement où elle vit. Avec le sourire et une voix douce et posée, je lui propose de rentrer chez elle afin de s’installer confortablement dans une pièce qui lui convient. Elle me propose la cuisine où elle a déjà préparé son petit déjeuner, le café est chaud dans son bol… Elle me dit subitement : « Faites vite, Madame ! » Je n’en doutais pas…
Je prépare donc le matériel nécessaire à la prise de sang, et soudain, en voyant ses ravissants rideaux, je lui partage ma passion pour la couture et surtout mon affection pour les beaux tissus comme la soie… Je poursuis en lui disant que cela me demandait beaucoup de temps mais que j’aimais travailler les détails tels que les ourlets… Je vois alors son regard étonné et troublé.
A ma grande surprise, elle me répond, en articulant normalement, qu’elle fait des études d’architecte d’intérieur. Alors, je la laisse me raconter ses études, la confection des rideaux, les choix des couleurs, etc. J’écoute attentivement en ratifiant son récit : « Oh ! c’est formidable ! vous êtes douée… »
Je continue ainsi la conversation en lui demandant différents conseils… Et voilà, en 5 minutes, sa prise de sang était faite. Je termine en lui disant qu’elle pouvait maintenant apprécier son petit déjeuner, le café étant encore chaud.
Marine se précipite sur moi et m’embrasse en me remerciant. C’est alors qu’elle me confie le souvenir d’une prise de sang « catastrophe » quand elle avait 8 ans.

Ainsi, j’utilise pour bon nombre d’actes dits « invasifs » la communication, une alliance, une confiance et... le sourire toujours indispensable.

Avec les enfants, je réalise les soins sans souci, souvent dans leur chambre afin de rentrer plus aisément dans leur imaginaire. Je peux facilement leur raconter une histoire avec leur doudou, et surtout sans patch anesthésie. Et je les rassure, sans oublier la maman ou le papa, bien souvent aussi angoissés que l’enfant…

Une autre facette de mon métier est la prise en charge des douleurs aiguës. Cela devient plus précis et plus délicat à la fois. Pour ma part, il me faut plus de temps à consacrer aux patients, c’est pourquoi, bien souvent, je les programme en fin de matinée.
Dieu sait combien le temps est compté pour les infirmières que nous sommes : tôt le matin, les embouteillages des voitures et des bus et je suis une spécialiste des crevaisons. Ainsi que parfois, la panne de réveil chez les patients…

En voici un autre exemple : j’ai le souvenir d’un patient, appelons-le Jean, 22 ans, opéré d’un kyste pilonidal profond.

Nathalie Saliou Infirmière libérale, j’exerce depuis seize ans à Quimper dans un cabinet pluridisciplinaire : médecins, orthophonistes, psychologue et infirmières. Formée à l’hypnose depuis 2014 par l’Institut Emergences à Rennes. Passionnée de piano et de musique depuis vingt-cinq ans.


Editorial « En mouvement ». Sophie Cohen
Chères lectrices et chers lecteurs, c’est avec grand plaisir que j’ouvre le numéro 42 de notre revue « Hypnose et Thérapies Brèves ». Je profite de cet espace pour saluer le travail effectué par mes prédécesseurs et remercier Daniel Renson qui me confie la direction de la Revue.
Traiter l'insomnie. Dr Daniel Quin
Script complet d'une séance d'hypnose. L’insomnie concerne un adulte sur cinq et atteint plus sévèrement 10 % de la population de la plupart des pays étudiés. Elle est plus fréquente chez la femme et augmente avec l’âge. Le recours aux soins des insomniaques est relativement faible puisque plus d’un insomniaque sur deux n’a jamais discuté de son problème avec son médecin. 

Constellation ericksonienne au Mexique. Cecilia Fabre
Traitement de l'anorexie chez une fille de 12 ans. Cecilia Fabre, au travers de la résolution d’un cas d’anorexie, nous montre comment elle intègre les techniques inspirées des constellations familiales développées par Bert Hellinger à la psychothérapie ericksonienne. Elle se base sur ce que Teresa Robles nomme la psychothérapie ericksonienne reposant sur la Sagesse universelle.

Les soins infirmiers. Nathalie Jammot
C’est avec beaucoup de plaisir que je coordonne ce premier dossier thématique consacré à la pratique de l’hypnose en soins infirmiers, sujet choisi par Sophie Cohen. Je tiens d’ailleurs à la remercier ici pour son accueil chaleureux dans cette revue tout comme pour son aide dans l’élaboration de ce travail mené conjointement. 
La recherche en douleur chronique. Martine Quintard
Martine Quintard nous invite à poser un autre regard sur le syndrome algodystrophique avec un traitement qui intègre l’hypnose. Elle met en avant la place des émotions. Un projet de recherche innovant et porteur... Depuis 2007, nous avons développé au CHU de Toulouse la pratique de l’hypnose pour la prise en charge du syndrome douloureux régional complexe, plus connu sous son ancienne dénomination d’algodystrophie. 

La vie vivante jusqu'au bout. Ute Hohloch
Etre soignant en soins palliatifs, c’est être en permanence à l’école du Respect et de l’Humilité, du Non-Jugement et de la Non-Interprétation. C’est apprendre et comprendre les notions de « total pain ». Cicely Saunders a la première décrit le caractère multidimensionnel de la douleur du mourant. Cette « souffrance totale » en fin de vie est à la fois physique, psychologique, sociale et spirituelle. 

Soins de support, la pratique d’un infirmier en cancérologie. Rémi Etienne
L’annonce d’un cancer provoque chez la personne un important bouleversement existentiel. La pratique de Rémi en qualité d’infirmier lui permet d’accompagner les changements les plus accessibles aux patients. Les récents progrès en matière diagnostique et thérapeutique contribuent à améliorer le pronostic des malades. A ce jour, chaque projet de soins proposé au patient est personnalisé et dépendant de nombreux paramètres, tels que : le type histologique de la tumeur, sa localisation, sa vitesse d’évolution, son extension à d’autres organes, la présence de comorbidités associées…
De la bienveillance au "prendre soin": Erickson encore et toujours. Janine Carpentier 
La réflexion autour de sa posture professionnelle a amené Janine à développer un « savoir-être » infirmier. Elle nous transmet ici tout le respect et l’humanité avec lesquels elle accompagne les patients en gériatrie. Infirmière expérimentée et déjà en fin de carrière, j’exerce en gériatrie depuis vingt-cinq ans. Après un DU de psycho-gérontologie, je me suis sensibilisée au toucher relationnel puis j’ai poursuivi par une formation en hypnose ericksonienne et thérapies brèves à Brive-la-Gaillarde au sein de l’association ACTIIF.

Une laverie communautaire. Nathalie de Marville
Raconter des histoires, se poser dans un bois sur une couverture, découvrir de nouvelles possibilités... Ou comment ma pratique professionnelle s’est transformée. A l’image d’une laverie communautaire avec l’extension des programmes adaptés à chaque type de linge : froissé, décoloré, déchiré... Il arrive un moment dans sa carrière où le travail devient une routine. Le savoir est installé et c’est un peu comme si l’on n’avançait plus. Vient alors un désir, une envie de cultiver un nouveau jardin, ensemencer de nouvelles graines, pour les faire naître et redonner du sens à une vie professionnelle.

L'Hypnose: confort patient-thérapeute. Audrey Weidmann
La pratique de l’hypnose dans les soins infirmiers à domicile est un complément très apprécié par les patients – qui se retrouvent sous hypnose conversationnelle sans le savoir ou en séance formelle – autant que par le soignant qui y voit aussi, je vous l’avoue, ses avantages. 
Elle nous permet de faire des pansements sans aucune difficulté, de faire une injection sans créer un inconfort nuisible pour celles à venir, d’enlever des fils à un enfant sans passer sa matinée à trouver un moyen de le calmer, donc de façon générale de gagner un temps précieux. Mais elle nous sert également dans un contexte bien plus particulier, celui du patient chronique qui vit seul avec ses angoisses. 
Une écoute attentive et du sourire. Nathalie Saliou 
L’hypnose a changé mon regard sur ma vie, ma famille et mon entourage. L’art d’utiliser l’imaginaire créatif du patient est extraordinaire, riche en émotions et avec des résultats rapides : cicatrisation, confort, sérénité…Infirmière à domicile depuis vingt-six ans, j’ai toujours été sensibilisée à la relation soignant-soigné.

Hypnose en anesthésie : une aventure extraordinaire. Sylvie Girardot-Despiau
En tant qu’infirmière anesthésiste, je travaille au sein d’une équipe d’hypno-anesthésie en chirurgie à Lyon. Voici un témoignage du vécu d’un accompagnement en hypno-anesthésie pédiatrique au bloc. Pour découvrir mon travail, je vous emmène vivre l’expérience de Roman. Au fur et à mesure de l’intervention, vous trouverez les explications de la mise en place du processus hypnotique. Voici son aventure.
« Docteur, j’ai un problème… » Dr Stefano Colombo
Il ne manquait plus que ça ! Les patients ont vraiment du culot. Vous dites : « toupet » ?
Oh ! ne commencez pas à me poser des problèmes ! Le mot « culot » ne vous convient pas ? Remplacez-le par toupet, témérité, impertinence, hardiesse. Le mot a beau changer, la substance reste la même. Nous médecins, nous avons déjà assez de problèmes : horaires sans fin, vie de famille virtuelle, urgences jour et nuit, responsabilités sans frontières, pressions des pharmaceutiques, des politiciens, des assurances.
La technique Alexander. Dina Roberts 
Rencontre avec Matthieu Gaudeau et la technique Alexander. Dina : Qu’est-ce que la technique Alexander ? Matthieu : Elle appartient au champ des techniques d’éducation somatique et s’appuie sur un travail de l’équilibre postural. Elle considère l’être humain dans sa globalité, affirmant que l’ensemble corps-pensée-émotion constitue un tout indissociable, en perpétuelle interaction. Elle propose de faire l’expérience de la cohérence d’un geste équilibré et coordonné, condition nécessaire au relâchement des tensions et à l’apprentissage d’un équilibre général. 


Les cartes postales de mon enfance volent dans le ciel. Sophie Cohen
Les cartes postales de mon enfance volent dans le ciel. Je ne les vois pas... Je les entends. 
Les entendez-vous ? Attirée par le son... ma main veut tenir... tout mon être se tourne avec curiosité... Ma peau écoute, mon cœur cherche... Mes oreilles s’ouvrent... D’où vient le son... Le son des cartes postales de mon enfance. Je suis là et mes petites mains tiennent cette merveille... Une carte avec un petit caneton... Jaune, duveteux, avec un bec rosé... Il semble me regarder.
Pas de côté hors temps et à travers le temps. Christine Guilloux
Tenus en haleine, depuis le numéro de mai, pour visiter l’un des ouvrages de Nuccio Ordine, l’un des meilleurs spécialistes mondiaux de la Renaissance et de l’œuvre du philosophe Giordano Bruno : « L’utilité de l’inutile : Un manifeste ». Parcours du combattant pour accéder à ce petit ouvrage, d’abord indisponible chez le libraire, parallèlement subtilisé par un lecteur rapiat à la bibliothèque municipale. Il se fait désirer, ce manifeste. 

8e Colloque de l’AFEHM à Paris : « Hypnose et phobies ». Dr Grégory Tosti
Le samedi  21 mai 2016 s’est tenu à Paris le 8e Congrès de l’AFEHM, ayant pour thème cette année « Hypnose et phobies ». Tout au long de cette journée, le Dr Jean-Marc Benhaiem et son équipe ont mis en évidence que l’on retrouve dans le traitement de la phobie par l’hypnose l’essence même de ce qui constitue la thérapie par l’hypnose, à savoir la fin de la mise à distance du patient avec sa peur, la réintégration de tous les éléments de sa vie pour, à nouveau, appartenir à un tout, se fondre à nouveau dans cette « circulation universelle » que décrit si bien Hegel.

Interview du Dr Bruno Dubos. Dr Gérard Fitoussi
« L’hypnose est un art thérapeutique, et comme dans toute démarche artistique, il faut de la créativité ». Bonjour Bruno ! Peux-tu nous parler de ton parcours personnel ? Bruno Dubos : Je me suis formé à l’hypnose en 1990, durant mon internat de spécialité en psychiatrie. J’ai rapidement exercé en cabinet libéral, car il me semblait difficile de travailler dans un cadre institutionnel. La pratique de l’hypnose thérapeutique nécessitant de la souplesse dans les modalités d’intervention auprès des patients, il me semblait impossible de composer avec les contraintes de l’institution psychiatrique. 
Hypnose, Science et Recherche. Dr Adrian Chaboche 
Cette rubrique naît de la volonté de nous (in)former en partageant les découvertes et travaux récents ou remarquables. Depuis une quinzaine d’années, l’intérêt scientifique porté à l’hypnose est proportionnel à sa notoriété renouvelée. Il n’est pas sans rappeler le nombre d’hôpitaux et de soignants qui utilisent l’hypnose au quotidien et les demandes sont exponentielles. Mais dès le XVIIIe siècle, et les deux commissions nommées par Louis XVI soldées par l’éviction du magnétisme animal de la scène médicale, hypnose et science n’ont cessé de débattre de leurs liens partagés autant que de leurs divergences.

Eloge du Hamac. Dr Patrick Bellet
Hamac. Hamac. Quel son, quel élan ! Si tu l’as lu vite, alors recommence. Plus lentement. Aspire le H et souffle ensuite. Ça y est, il oscille, il se balance. Ecoute le chant du hamac. Une sorte de battement lent et souple. Feutré, rond et grave. Une houle de terre avec les subtils arômes de l’été comme écume. Il a deux boucles, son corps est flexible, élastique, et quand l’été revient, accroché à l’ombre entre deux arbres, il s’étire et se creuse. Avec les tilleuls comme points d’amarrage, en apothéose de la sieste.

Diffusé par hypnose-ericksonienne.org

Une écoute attentive et du sourire

jeudi 10 novembre 2016 - 17:24
Par Nathalie Saliou L’hypnose a changé mon regard sur ma vie, ma famille et mon entourage. L’art d’utiliser l’imaginaire créatif du patient est extraordinaire, riche en émotions et avec des résultats rapides : cicatrisation, confort, sérénité… Infirmière à domicile depuis vingt-six ans, j’ai toujours été sensibilisée à la relation soignant-soigné. Selon moi, c’est toujours une nouvelle rencontre positive et interactive associée à une communication, une confiance, une écoute attentive, un sourire et… la bonne humeur !
Grâce à ma formation en hypnose et thérapie brève créative, je peux proposer différentes séances d’hypnose formelle ou non dès que l’occasion se présente.
Tout d’abord, je pratique au quotidien la communication thérapeutique. Cette pratique a l’avantage d’être rapide à installer dans ma vie professionnelle. En effet, la majorité des actes prescrits demande de la rapidité d’exécution : prise de sang, perfusion, surveillance de chimiothérapie, etc.

En voici un exemple : un matin, une adolescente, nous l’appellerons Marine, m’attendait pour une prise de sang à jeun et à domicile. Jusqu’ici, pas de souci, c’est un acte simple à réaliser pour l’infirmière.
Cependant, Marine m’accueille très angoissée, tétanisée et bredouillant quelques mots : « J’ai peur, Madame », au bord des larmes à même le seuil de la porte d’entrée de l’appartement où elle vit. Avec le sourire et une voix douce et posée, je lui propose de rentrer chez elle afin de s’installer confortablement dans une pièce qui lui convient. Elle me propose la cuisine où elle a déjà préparé son petit déjeuner, le café est chaud dans son bol… Elle me dit subitement : « Faites vite, Madame ! » Je n’en doutais pas…
Je prépare donc le matériel nécessaire à la prise de sang, et soudain, en voyant ses ravissants rideaux, je lui partage ma passion pour la couture et surtout mon affection pour les beaux tissus comme la soie… Je poursuis en lui disant que cela me demandait beaucoup de temps mais que j’aimais travailler les détails tels que les ourlets… Je vois alors son regard étonné et troublé.
A ma grande surprise, elle me répond, en articulant normalement, qu’elle fait des études d’architecte d’intérieur. Alors, je la laisse me raconter ses études, la confection des rideaux, les choix des couleurs, etc. J’écoute attentivement en ratifiant son récit : « Oh ! c’est formidable ! vous êtes douée… »
Je continue ainsi la conversation en lui demandant différents conseils… Et voilà, en 5 minutes, sa prise de sang était faite. Je termine en lui disant qu’elle pouvait maintenant apprécier son petit déjeuner, le café étant encore chaud.
Marine se précipite sur moi et m’embrasse en me remerciant. C’est alors qu’elle me confie le souvenir d’une prise de sang « catastrophe » quand elle avait 8 ans.

Ainsi, j’utilise pour bon nombre d’actes dits « invasifs » la communication, une alliance, une confiance et... le sourire toujours indispensable.

Avec les enfants, je réalise les soins sans souci, souvent dans leur chambre afin de rentrer plus aisément dans leur imaginaire. Je peux facilement leur raconter une histoire avec leur doudou, et surtout sans patch anesthésie. Et je les rassure, sans oublier la maman ou le papa, bien souvent aussi angoissés que l’enfant…

Une autre facette de mon métier est la prise en charge des douleurs aiguës. Cela devient plus précis et plus délicat à la fois. Pour ma part, il me faut plus de temps à consacrer aux patients, c’est pourquoi, bien souvent, je les programme en fin de matinée.
Dieu sait combien le temps est compté pour les infirmières que nous sommes : tôt le matin, les embouteillages des voitures et des bus et je suis une spécialiste des crevaisons. Ainsi que parfois, la panne de réveil chez les patients…

En voici un autre exemple : j’ai le souvenir d’un patient, appelons-le Jean, 22 ans, opéré d’un kyste pilonidal profond.

Nathalie Saliou Infirmière libérale, j’exerce depuis seize ans à Quimper dans un cabinet pluridisciplinaire : médecins, orthophonistes, psychologue et infirmières. Formée à l’hypnose depuis 2014 par l’Institut Emergences à Rennes. Passionnée de piano et de musique depuis vingt-cinq ans.


Editorial « En mouvement ». Sophie Cohen
Chères lectrices et chers lecteurs, c’est avec grand plaisir que j’ouvre le numéro 42 de notre revue « Hypnose et Thérapies Brèves ». Je profite de cet espace pour saluer le travail effectué par mes prédécesseurs et remercier Daniel Renson qui me confie la direction de la Revue.
Traiter l'insomnie. Dr Daniel Quin
Script complet d'une séance d'hypnose. L’insomnie concerne un adulte sur cinq et atteint plus sévèrement 10 % de la population de la plupart des pays étudiés. Elle est plus fréquente chez la femme et augmente avec l’âge. Le recours aux soins des insomniaques est relativement faible puisque plus d’un insomniaque sur deux n’a jamais discuté de son problème avec son médecin. 

Constellation ericksonienne au Mexique. Cecilia Fabre
Traitement de l'anorexie chez une fille de 12 ans. Cecilia Fabre, au travers de la résolution d’un cas d’anorexie, nous montre comment elle intègre les techniques inspirées des constellations familiales développées par Bert Hellinger à la psychothérapie ericksonienne. Elle se base sur ce que Teresa Robles nomme la psychothérapie ericksonienne reposant sur la Sagesse universelle.

Les soins infirmiers. Nathalie Jammot
C’est avec beaucoup de plaisir que je coordonne ce premier dossier thématique consacré à la pratique de l’hypnose en soins infirmiers, sujet choisi par Sophie Cohen. Je tiens d’ailleurs à la remercier ici pour son accueil chaleureux dans cette revue tout comme pour son aide dans l’élaboration de ce travail mené conjointement. 
La recherche en douleur chronique. Martine Quintard
Martine Quintard nous invite à poser un autre regard sur le syndrome algodystrophique avec un traitement qui intègre l’hypnose. Elle met en avant la place des émotions. Un projet de recherche innovant et porteur... Depuis 2007, nous avons développé au CHU de Toulouse la pratique de l’hypnose pour la prise en charge du syndrome douloureux régional complexe, plus connu sous son ancienne dénomination d’algodystrophie. 

La vie vivante jusqu'au bout. Ute Hohloch
Etre soignant en soins palliatifs, c’est être en permanence à l’école du Respect et de l’Humilité, du Non-Jugement et de la Non-Interprétation. C’est apprendre et comprendre les notions de « total pain ». Cicely Saunders a la première décrit le caractère multidimensionnel de la douleur du mourant. Cette « souffrance totale » en fin de vie est à la fois physique, psychologique, sociale et spirituelle. 

Soins de support, la pratique d’un infirmier en cancérologie. Rémi Etienne
L’annonce d’un cancer provoque chez la personne un important bouleversement existentiel. La pratique de Rémi en qualité d’infirmier lui permet d’accompagner les changements les plus accessibles aux patients. Les récents progrès en matière diagnostique et thérapeutique contribuent à améliorer le pronostic des malades. A ce jour, chaque projet de soins proposé au patient est personnalisé et dépendant de nombreux paramètres, tels que : le type histologique de la tumeur, sa localisation, sa vitesse d’évolution, son extension à d’autres organes, la présence de comorbidités associées…
De la bienveillance au "prendre soin": Erickson encore et toujours. Janine Carpentier 
La réflexion autour de sa posture professionnelle a amené Janine à développer un « savoir-être » infirmier. Elle nous transmet ici tout le respect et l’humanité avec lesquels elle accompagne les patients en gériatrie. Infirmière expérimentée et déjà en fin de carrière, j’exerce en gériatrie depuis vingt-cinq ans. Après un DU de psycho-gérontologie, je me suis sensibilisée au toucher relationnel puis j’ai poursuivi par une formation en hypnose ericksonienne et thérapies brèves à Brive-la-Gaillarde au sein de l’association ACTIIF.

Une laverie communautaire. Nathalie de Marville
Raconter des histoires, se poser dans un bois sur une couverture, découvrir de nouvelles possibilités... Ou comment ma pratique professionnelle s’est transformée. A l’image d’une laverie communautaire avec l’extension des programmes adaptés à chaque type de linge : froissé, décoloré, déchiré... Il arrive un moment dans sa carrière où le travail devient une routine. Le savoir est installé et c’est un peu comme si l’on n’avançait plus. Vient alors un désir, une envie de cultiver un nouveau jardin, ensemencer de nouvelles graines, pour les faire naître et redonner du sens à une vie professionnelle.

L'Hypnose: confort patient-thérapeute. Audrey Weidmann
La pratique de l’hypnose dans les soins infirmiers à domicile est un complément très apprécié par les patients – qui se retrouvent sous hypnose conversationnelle sans le savoir ou en séance formelle – autant que par le soignant qui y voit aussi, je vous l’avoue, ses avantages. 
Elle nous permet de faire des pansements sans aucune difficulté, de faire une injection sans créer un inconfort nuisible pour celles à venir, d’enlever des fils à un enfant sans passer sa matinée à trouver un moyen de le calmer, donc de façon générale de gagner un temps précieux. Mais elle nous sert également dans un contexte bien plus particulier, celui du patient chronique qui vit seul avec ses angoisses. 
Une écoute attentive et du sourire. Nathalie Saliou 
L’hypnose a changé mon regard sur ma vie, ma famille et mon entourage. L’art d’utiliser l’imaginaire créatif du patient est extraordinaire, riche en émotions et avec des résultats rapides : cicatrisation, confort, sérénité…Infirmière à domicile depuis vingt-six ans, j’ai toujours été sensibilisée à la relation soignant-soigné.

Hypnose en anesthésie : une aventure extraordinaire. Sylvie Girardot-Despiau
En tant qu’infirmière anesthésiste, je travaille au sein d’une équipe d’hypno-anesthésie en chirurgie à Lyon. Voici un témoignage du vécu d’un accompagnement en hypno-anesthésie pédiatrique au bloc. Pour découvrir mon travail, je vous emmène vivre l’expérience de Roman. Au fur et à mesure de l’intervention, vous trouverez les explications de la mise en place du processus hypnotique. Voici son aventure.
« Docteur, j’ai un problème… » Dr Stefano Colombo
Il ne manquait plus que ça ! Les patients ont vraiment du culot. Vous dites : « toupet » ?
Oh ! ne commencez pas à me poser des problèmes ! Le mot « culot » ne vous convient pas ? Remplacez-le par toupet, témérité, impertinence, hardiesse. Le mot a beau changer, la substance reste la même. Nous médecins, nous avons déjà assez de problèmes : horaires sans fin, vie de famille virtuelle, urgences jour et nuit, responsabilités sans frontières, pressions des pharmaceutiques, des politiciens, des assurances.
La technique Alexander. Dina Roberts 
Rencontre avec Matthieu Gaudeau et la technique Alexander. Dina : Qu’est-ce que la technique Alexander ? Matthieu : Elle appartient au champ des techniques d’éducation somatique et s’appuie sur un travail de l’équilibre postural. Elle considère l’être humain dans sa globalité, affirmant que l’ensemble corps-pensée-émotion constitue un tout indissociable, en perpétuelle interaction. Elle propose de faire l’expérience de la cohérence d’un geste équilibré et coordonné, condition nécessaire au relâchement des tensions et à l’apprentissage d’un équilibre général. 


Les cartes postales de mon enfance volent dans le ciel. Sophie Cohen
Les cartes postales de mon enfance volent dans le ciel. Je ne les vois pas... Je les entends. 
Les entendez-vous ? Attirée par le son... ma main veut tenir... tout mon être se tourne avec curiosité... Ma peau écoute, mon cœur cherche... Mes oreilles s’ouvrent... D’où vient le son... Le son des cartes postales de mon enfance. Je suis là et mes petites mains tiennent cette merveille... Une carte avec un petit caneton... Jaune, duveteux, avec un bec rosé... Il semble me regarder.
Pas de côté hors temps et à travers le temps. Christine Guilloux
Tenus en haleine, depuis le numéro de mai, pour visiter l’un des ouvrages de Nuccio Ordine, l’un des meilleurs spécialistes mondiaux de la Renaissance et de l’œuvre du philosophe Giordano Bruno : « L’utilité de l’inutile : Un manifeste ». Parcours du combattant pour accéder à ce petit ouvrage, d’abord indisponible chez le libraire, parallèlement subtilisé par un lecteur rapiat à la bibliothèque municipale. Il se fait désirer, ce manifeste. 

8e Colloque de l’AFEHM à Paris : « Hypnose et phobies ». Dr Grégory Tosti
Le samedi  21 mai 2016 s’est tenu à Paris le 8e Congrès de l’AFEHM, ayant pour thème cette année « Hypnose et phobies ». Tout au long de cette journée, le Dr Jean-Marc Benhaiem et son équipe ont mis en évidence que l’on retrouve dans le traitement de la phobie par l’hypnose l’essence même de ce qui constitue la thérapie par l’hypnose, à savoir la fin de la mise à distance du patient avec sa peur, la réintégration de tous les éléments de sa vie pour, à nouveau, appartenir à un tout, se fondre à nouveau dans cette « circulation universelle » que décrit si bien Hegel.

Interview du Dr Bruno Dubos. Dr Gérard Fitoussi
« L’hypnose est un art thérapeutique, et comme dans toute démarche artistique, il faut de la créativité ». Bonjour Bruno ! Peux-tu nous parler de ton parcours personnel ? Bruno Dubos : Je me suis formé à l’hypnose en 1990, durant mon internat de spécialité en psychiatrie. J’ai rapidement exercé en cabinet libéral, car il me semblait difficile de travailler dans un cadre institutionnel. La pratique de l’hypnose thérapeutique nécessitant de la souplesse dans les modalités d’intervention auprès des patients, il me semblait impossible de composer avec les contraintes de l’institution psychiatrique. 
Hypnose, Science et Recherche. Dr Adrian Chaboche 
Cette rubrique naît de la volonté de nous (in)former en partageant les découvertes et travaux récents ou remarquables. Depuis une quinzaine d’années, l’intérêt scientifique porté à l’hypnose est proportionnel à sa notoriété renouvelée. Il n’est pas sans rappeler le nombre d’hôpitaux et de soignants qui utilisent l’hypnose au quotidien et les demandes sont exponentielles. Mais dès le XVIIIe siècle, et les deux commissions nommées par Louis XVI soldées par l’éviction du magnétisme animal de la scène médicale, hypnose et science n’ont cessé de débattre de leurs liens partagés autant que de leurs divergences.

Eloge du Hamac. Dr Patrick Bellet
Hamac. Hamac. Quel son, quel élan ! Si tu l’as lu vite, alors recommence. Plus lentement. Aspire le H et souffle ensuite. Ça y est, il oscille, il se balance. Ecoute le chant du hamac. Une sorte de battement lent et souple. Feutré, rond et grave. Une houle de terre avec les subtils arômes de l’été comme écume. Il a deux boucles, son corps est flexible, élastique, et quand l’été revient, accroché à l’ombre entre deux arbres, il s’étire et se creuse. Avec les tilleuls comme points d’amarrage, en apothéose de la sieste.

Diffusé par hypnose-ericksonienne.org

Les soins infirmiers. Nathalie Jammot

jeudi 10 novembre 2016 - 17:23
C’est avec beaucoup de plaisir que je coordonne ce premier dossier thématique consacré à la pratique de l’hypnose en soins infirmiers, sujet choisi par Sophie Cohen. Je tiens d’ailleurs à la remercier ici pour son accueil chaleureux dans cette revue tout comme pour son aide dans l’élaboration de ce travail mené conjointement.

J’ai souhaité réunir des témoignages de soignants qui exercent dans des domaines de soins très différents. Cette diversité reflète la richesse même de la dimension à la fois technique, relationnelle et sociale du soin. Soigner, prendre soin de la vie, telle qu’elle est, là, maintenant, du premier cri au dernier souffle. Accompagner les événements de la vie, la maladie, la douleur, la vieillesse, la souffrance… nous demande d’être inventifs, avec chaque patient, dans la singularité de chaque rencontre. Pour Marie-Françoise Collière, grande dame de la profession infirmière, soigner est un acte de créativité, une « capacité de continuer à être en éveil, à être à l’écoute des possibilités de développement et d’épanouissement à partir des ressources existantes, pour savoir les mobiliser et s’en servir », écrit-elle dans « Soigner… le premier art de la vie ». C’est dans ce sens que l’hypnose vient naturellement s’intégrer dans notre pratique soignante. Elle permet de réinscrire la créativité au cœur du soin, tout en nourrissant sa dimension humaine et relationnelle.


Nathalie JAMMOT, Infirmière Anesthésiste en clinique privée à Paris. Formée à l’Institut Français d’Hypnose à Paris et à l’Institut Emergences à Rennes. DIU d’hypnose médicale et clinique de Dijon.

Editorial « En mouvement ». Sophie Cohen
Chères lectrices et chers lecteurs, c’est avec grand plaisir que j’ouvre le numéro 42 de notre revue « Hypnose et Thérapies Brèves ». Je profite de cet espace pour saluer le travail effectué par mes prédécesseurs et remercier Daniel Renson qui me confie la direction de la Revue.


Traiter l'insomnie. Dr Daniel Quin
Script complet d'une séance d'hypnose. L’insomnie concerne un adulte sur cinq et atteint plus sévèrement 10 % de la population de la plupart des pays étudiés. Elle est plus fréquente chez la femme et augmente avec l’âge. Le recours aux soins des insomniaques est relativement faible puisque plus d’un insomniaque sur deux n’a jamais discuté de son problème avec son médecin. 

Constellation ericksonienne au Mexique. Cecilia Fabre
Traitement de l'anorexie chez une fille de 12 ans. Cecilia Fabre, au travers de la résolution d’un cas d’anorexie, nous montre comment elle intègre les techniques inspirées des constellations familiales développées par Bert Hellinger à la psychothérapie ericksonienne. Elle se base sur ce que Teresa Robles nomme la psychothérapie ericksonienne reposant sur la Sagesse universelle.

Les soins infirmiers. Nathalie Jammot
C’est avec beaucoup de plaisir que je coordonne ce premier dossier thématique consacré à la pratique de l’hypnose en soins infirmiers, sujet choisi par Sophie Cohen. Je tiens d’ailleurs à la remercier ici pour son accueil chaleureux dans cette revue tout comme pour son aide dans l’élaboration de ce travail mené conjointement. 

La recherche en douleur chronique. Martine Quintard
Martine Quintard nous invite à poser un autre regard sur le syndrome algodystrophique avec un traitement qui intègre l’hypnose. Elle met en avant la place des émotions. Un projet de recherche innovant et porteur... Depuis 2007, nous avons développé au CHU de Toulouse la pratique de l’hypnose pour la prise en charge du syndrome douloureux régional complexe, plus connu sous son ancienne dénomination d’algodystrophie. 
La vie vivante jusqu'au bout. Ute Hohloch
Etre soignant en soins palliatifs, c’est être en permanence à l’école du Respect et de l’Humilité, du Non-Jugement et de la Non-Interprétation. C’est apprendre et comprendre les notions de « total pain ». Cicely Saunders a la première décrit le caractère multidimensionnel de la douleur du mourant. Cette « souffrance totale » en fin de vie est à la fois physique, psychologique, sociale et spirituelle. 

Soins de support, la pratique d’un infirmier en cancérologie. Rémi Etienne
L’annonce d’un cancer provoque chez la personne un important bouleversement existentiel. La pratique de Rémi en qualité d’infirmier lui permet d’accompagner les changements les plus accessibles aux patients. Les récents progrès en matière diagnostique et thérapeutique contribuent à améliorer le pronostic des malades. A ce jour, chaque projet de soins proposé au patient est personnalisé et dépendant de nombreux paramètres, tels que : le type histologique de la tumeur, sa localisation, sa vitesse d’évolution, son extension à d’autres organes, la présence de comorbidités associées…

De la bienveillance au "prendre soin": Erickson encore et toujours. Janine Carpentier 
La réflexion autour de sa posture professionnelle a amené Janine à développer un « savoir-être » infirmier. Elle nous transmet ici tout le respect et l’humanité avec lesquels elle accompagne les patients en gériatrie. Infirmière expérimentée et déjà en fin de carrière, j’exerce en gériatrie depuis vingt-cinq ans. Après un DU de psycho-gérontologie, je me suis sensibilisée au toucher relationnel puis j’ai poursuivi par une formation en hypnose ericksonienne et thérapies brèves à Brive-la-Gaillarde au sein de l’association ACTIIF.
Une laverie communautaire. Nathalie de Marville
Raconter des histoires, se poser dans un bois sur une couverture, découvrir de nouvelles possibilités... Ou comment ma pratique professionnelle s’est transformée. A l’image d’une laverie communautaire avec l’extension des programmes adaptés à chaque type de linge : froissé, décoloré, déchiré... Il arrive un moment dans sa carrière où le travail devient une routine. Le savoir est installé et c’est un peu comme si l’on n’avançait plus. Vient alors un désir, une envie de cultiver un nouveau jardin, ensemencer de nouvelles graines, pour les faire naître et redonner du sens à une vie professionnelle.
L'Hypnose: confort patient-thérapeute. Audrey Weidmann
La pratique de l’hypnose dans les soins infirmiers à domicile est un complément très apprécié par les patients – qui se retrouvent sous hypnose conversationnelle sans le savoir ou en séance formelle – autant que par le soignant qui y voit aussi, je vous l’avoue, ses avantages. Elle nous permet de faire des pansements sans aucune difficulté, de faire une injection sans créer un inconfort nuisible pour celles à venir, d’enlever des fils à un enfant sans passer sa matinée à trouver un moyen de le calmer, donc de façon générale de gagner un temps précieux. Mais elle nous sert également dans un contexte bien plus particulier, celui du patient chronique qui vit seul avec ses angoisses. 

Une écoute attentive et du sourire. Nathalie Saliou 
L’hypnose a changé mon regard sur ma vie, ma famille et mon entourage. L’art d’utiliser l’imaginaire créatif du patient est extraordinaire, riche en émotions et avec des résultats rapides : cicatrisation, confort, sérénité…Infirmière à domicile depuis vingt-six ans, j’ai toujours été sensibilisée à la relation soignant-soigné.


Hypnose en anesthésie : une aventure extraordinaire. Sylvie Girardot-Despiau
En tant qu’infirmière anesthésiste, je travaille au sein d’une équipe d’hypno-anesthésie en chirurgie à Lyon. Voici un témoignage du vécu d’un accompagnement en hypno-anesthésie pédiatrique au bloc. Pour découvrir mon travail, je vous emmène vivre l’expérience de Roman. Au fur et à mesure de l’intervention, vous trouverez les explications de la mise en place du processus hypnotique. Voici son aventure.
« Docteur, j’ai un problème… » Dr Stefano Colombo
Il ne manquait plus que ça ! Les patients ont vraiment du culot. Vous dites : « toupet » ?
Oh ! ne commencez pas à me poser des problèmes ! Le mot « culot » ne vous convient pas ? Remplacez-le par toupet, témérité, impertinence, hardiesse. Le mot a beau changer, la substance reste la même. Nous médecins, nous avons déjà assez de problèmes : horaires sans fin, vie de famille virtuelle, urgences jour et nuit, responsabilités sans frontières, pressions des pharmaceutiques, des politiciens, des assurances.
La technique Alexander. Dina Roberts 
Rencontre avec Matthieu Gaudeau et la technique Alexander. Dina : Qu’est-ce que la technique Alexander ? Matthieu : Elle appartient au champ des techniques d’éducation somatique et s’appuie sur un travail de l’équilibre postural. Elle considère l’être humain dans sa globalité, affirmant que l’ensemble corps-pensée-émotion constitue un tout indissociable, en perpétuelle interaction. Elle propose de faire l’expérience de la cohérence d’un geste équilibré et coordonné, condition nécessaire au relâchement des tensions et à l’apprentissage d’un équilibre général. 
Les cartes postales de mon enfance volent dans le ciel. Sophie Cohen
Les cartes postales de mon enfance volent dans le ciel. Je ne les vois pas... Je les entends. Les entendez-vous ? Attirée par le son... ma main veut tenir... tout mon être se tourne avec curiosité... Ma peau écoute, mon cœur cherche... Mes oreilles s’ouvrent... D’où vient le son... Le son des cartes postales de mon enfance. Je suis là et mes petites mains tiennent cette merveille... Une carte avec un petit caneton... Jaune, duveteux, avec un bec rosé... Il semble me regarder.
Pas de côté hors temps et à travers le temps. Christine Guilloux
Tenus en haleine, depuis le numéro de mai, pour visiter l’un des ouvrages de Nuccio Ordine, l’un des meilleurs spécialistes mondiaux de la Renaissance et de l’œuvre du philosophe Giordano Bruno : « L’utilité de l’inutile : Un manifeste ». Parcours du combattant pour accéder à ce petit ouvrage, d’abord indisponible chez le libraire, parallèlement subtilisé par un lecteur rapiat à la bibliothèque municipale. Il se fait désirer, ce manifeste. 
8e Colloque de l’AFEHM à Paris : « Hypnose et phobies ». Dr Grégory Tosti
Le samedi  21 mai 2016 s’est tenu à Paris le 8e Congrès de l’AFEHM, ayant pour thème cette année « Hypnose et phobies ». Tout au long de cette journée, le Dr Jean-Marc Benhaiem et son équipe ont mis en évidence que l’on retrouve dans le traitement de la phobie par l’hypnose l’essence même de ce qui constitue la thérapie par l’hypnose, à savoir la fin de la mise à distance du patient avec sa peur, la réintégration de tous les éléments de sa vie pour, à nouveau, appartenir à un tout, se fondre à nouveau dans cette « circulation universelle » que décrit si bien Hegel.

Interview du Dr Bruno Dubos. Dr Gérard Fitoussi
« L’hypnose est un art thérapeutique, et comme dans toute démarche artistique, il faut de la créativité ». Bonjour Bruno ! Peux-tu nous parler de ton parcours personnel ? Bruno Dubos : Je me suis formé à l’hypnose en 1990, durant mon internat de spécialité en psychiatrie. J’ai rapidement exercé en cabinet libéral, car il me semblait difficile de travailler dans un cadre institutionnel. La pratique de l’hypnose thérapeutique nécessitant de la souplesse dans les modalités d’intervention auprès des patients, il me semblait impossible de composer avec les contraintes de l’institution psychiatrique. 
Hypnose, Science et Recherche. Dr Adrian Chaboche 
Cette rubrique naît de la volonté de nous (in)former en partageant les découvertes et travaux récents ou remarquables. Depuis une quinzaine d’années, l’intérêt scientifique porté à l’hypnose est proportionnel à sa notoriété renouvelée. Il n’est pas sans rappeler le nombre d’hôpitaux et de soignants qui utilisent l’hypnose au quotidien et les demandes sont exponentielles. Mais dès le XVIIIe siècle, et les deux commissions nommées par Louis XVI soldées par l’éviction du magnétisme animal de la scène médicale, hypnose et science n’ont cessé de débattre de leurs liens partagés autant que de leurs divergences.

Eloge du Hamac. Dr Patrick Bellet
Hamac. Hamac. Quel son, quel élan ! Si tu l’as lu vite, alors recommence. Plus lentement. Aspire le H et souffle ensuite. Ça y est, il oscille, il se balance. Ecoute le chant du hamac. Une sorte de battement lent et souple. Feutré, rond et grave. Une houle de terre avec les subtils arômes de l’été comme écume. Il a deux boucles, son corps est flexible, élastique, et quand l’été revient, accroché à l’ombre entre deux arbres, il s’étire et se creuse. Avec les tilleuls comme points d’amarrage, en apothéose de la sieste.

Diffusé par hypnose-ericksonienne.org

Les soins infirmiers. Nathalie Jammot

jeudi 10 novembre 2016 - 17:23
C’est avec beaucoup de plaisir que je coordonne ce premier dossier thématique consacré à la pratique de l’hypnose en soins infirmiers, sujet choisi par Sophie Cohen. Je tiens d’ailleurs à la remercier ici pour son accueil chaleureux dans cette revue tout comme pour son aide dans l’élaboration de ce travail mené conjointement.

J’ai souhaité réunir des témoignages de soignants qui exercent dans des domaines de soins très différents. Cette diversité reflète la richesse même de la dimension à la fois technique, relationnelle et sociale du soin. Soigner, prendre soin de la vie, telle qu’elle est, là, maintenant, du premier cri au dernier souffle. Accompagner les événements de la vie, la maladie, la douleur, la vieillesse, la souffrance… nous demande d’être inventifs, avec chaque patient, dans la singularité de chaque rencontre. Pour Marie-Françoise Collière, grande dame de la profession infirmière, soigner est un acte de créativité, une « capacité de continuer à être en éveil, à être à l’écoute des possibilités de développement et d’épanouissement à partir des ressources existantes, pour savoir les mobiliser et s’en servir », écrit-elle dans « Soigner… le premier art de la vie ». C’est dans ce sens que l’hypnose vient naturellement s’intégrer dans notre pratique soignante. Elle permet de réinscrire la créativité au cœur du soin, tout en nourrissant sa dimension humaine et relationnelle.


Nathalie JAMMOT, Infirmière Anesthésiste en clinique privée à Paris. Formée à l’Institut Français d’Hypnose à Paris et à l’Institut Emergences à Rennes. DIU d’hypnose médicale et clinique de Dijon.

Editorial « En mouvement ». Sophie Cohen
Chères lectrices et chers lecteurs, c’est avec grand plaisir que j’ouvre le numéro 42 de notre revue « Hypnose et Thérapies Brèves ». Je profite de cet espace pour saluer le travail effectué par mes prédécesseurs et remercier Daniel Renson qui me confie la direction de la Revue.


Traiter l'insomnie. Dr Daniel Quin
Script complet d'une séance d'hypnose. L’insomnie concerne un adulte sur cinq et atteint plus sévèrement 10 % de la population de la plupart des pays étudiés. Elle est plus fréquente chez la femme et augmente avec l’âge. Le recours aux soins des insomniaques est relativement faible puisque plus d’un insomniaque sur deux n’a jamais discuté de son problème avec son médecin. 

Constellation ericksonienne au Mexique. Cecilia Fabre
Traitement de l'anorexie chez une fille de 12 ans. Cecilia Fabre, au travers de la résolution d’un cas d’anorexie, nous montre comment elle intègre les techniques inspirées des constellations familiales développées par Bert Hellinger à la psychothérapie ericksonienne. Elle se base sur ce que Teresa Robles nomme la psychothérapie ericksonienne reposant sur la Sagesse universelle.

Les soins infirmiers. Nathalie Jammot
C’est avec beaucoup de plaisir que je coordonne ce premier dossier thématique consacré à la pratique de l’hypnose en soins infirmiers, sujet choisi par Sophie Cohen. Je tiens d’ailleurs à la remercier ici pour son accueil chaleureux dans cette revue tout comme pour son aide dans l’élaboration de ce travail mené conjointement. 

La recherche en douleur chronique. Martine Quintard
Martine Quintard nous invite à poser un autre regard sur le syndrome algodystrophique avec un traitement qui intègre l’hypnose. Elle met en avant la place des émotions. Un projet de recherche innovant et porteur... Depuis 2007, nous avons développé au CHU de Toulouse la pratique de l’hypnose pour la prise en charge du syndrome douloureux régional complexe, plus connu sous son ancienne dénomination d’algodystrophie. 
La vie vivante jusqu'au bout. Ute Hohloch
Etre soignant en soins palliatifs, c’est être en permanence à l’école du Respect et de l’Humilité, du Non-Jugement et de la Non-Interprétation. C’est apprendre et comprendre les notions de « total pain ». Cicely Saunders a la première décrit le caractère multidimensionnel de la douleur du mourant. Cette « souffrance totale » en fin de vie est à la fois physique, psychologique, sociale et spirituelle. 

Soins de support, la pratique d’un infirmier en cancérologie. Rémi Etienne
L’annonce d’un cancer provoque chez la personne un important bouleversement existentiel. La pratique de Rémi en qualité d’infirmier lui permet d’accompagner les changements les plus accessibles aux patients. Les récents progrès en matière diagnostique et thérapeutique contribuent à améliorer le pronostic des malades. A ce jour, chaque projet de soins proposé au patient est personnalisé et dépendant de nombreux paramètres, tels que : le type histologique de la tumeur, sa localisation, sa vitesse d’évolution, son extension à d’autres organes, la présence de comorbidités associées…

De la bienveillance au "prendre soin": Erickson encore et toujours. Janine Carpentier 
La réflexion autour de sa posture professionnelle a amené Janine à développer un « savoir-être » infirmier. Elle nous transmet ici tout le respect et l’humanité avec lesquels elle accompagne les patients en gériatrie. Infirmière expérimentée et déjà en fin de carrière, j’exerce en gériatrie depuis vingt-cinq ans. Après un DU de psycho-gérontologie, je me suis sensibilisée au toucher relationnel puis j’ai poursuivi par une formation en hypnose ericksonienne et thérapies brèves à Brive-la-Gaillarde au sein de l’association ACTIIF.
Une laverie communautaire. Nathalie de Marville
Raconter des histoires, se poser dans un bois sur une couverture, découvrir de nouvelles possibilités... Ou comment ma pratique professionnelle s’est transformée. A l’image d’une laverie communautaire avec l’extension des programmes adaptés à chaque type de linge : froissé, décoloré, déchiré... Il arrive un moment dans sa carrière où le travail devient une routine. Le savoir est installé et c’est un peu comme si l’on n’avançait plus. Vient alors un désir, une envie de cultiver un nouveau jardin, ensemencer de nouvelles graines, pour les faire naître et redonner du sens à une vie professionnelle.
L'Hypnose: confort patient-thérapeute. Audrey Weidmann
La pratique de l’hypnose dans les soins infirmiers à domicile est un complément très apprécié par les patients – qui se retrouvent sous hypnose conversationnelle sans le savoir ou en séance formelle – autant que par le soignant qui y voit aussi, je vous l’avoue, ses avantages. Elle nous permet de faire des pansements sans aucune difficulté, de faire une injection sans créer un inconfort nuisible pour celles à venir, d’enlever des fils à un enfant sans passer sa matinée à trouver un moyen de le calmer, donc de façon générale de gagner un temps précieux. Mais elle nous sert également dans un contexte bien plus particulier, celui du patient chronique qui vit seul avec ses angoisses. 

Une écoute attentive et du sourire. Nathalie Saliou 
L’hypnose a changé mon regard sur ma vie, ma famille et mon entourage. L’art d’utiliser l’imaginaire créatif du patient est extraordinaire, riche en émotions et avec des résultats rapides : cicatrisation, confort, sérénité…Infirmière à domicile depuis vingt-six ans, j’ai toujours été sensibilisée à la relation soignant-soigné.


Hypnose en anesthésie : une aventure extraordinaire. Sylvie Girardot-Despiau
En tant qu’infirmière anesthésiste, je travaille au sein d’une équipe d’hypno-anesthésie en chirurgie à Lyon. Voici un témoignage du vécu d’un accompagnement en hypno-anesthésie pédiatrique au bloc. Pour découvrir mon travail, je vous emmène vivre l’expérience de Roman. Au fur et à mesure de l’intervention, vous trouverez les explications de la mise en place du processus hypnotique. Voici son aventure.
« Docteur, j’ai un problème… » Dr Stefano Colombo
Il ne manquait plus que ça ! Les patients ont vraiment du culot. Vous dites : « toupet » ?
Oh ! ne commencez pas à me poser des problèmes ! Le mot « culot » ne vous convient pas ? Remplacez-le par toupet, témérité, impertinence, hardiesse. Le mot a beau changer, la substance reste la même. Nous médecins, nous avons déjà assez de problèmes : horaires sans fin, vie de famille virtuelle, urgences jour et nuit, responsabilités sans frontières, pressions des pharmaceutiques, des politiciens, des assurances.
La technique Alexander. Dina Roberts 
Rencontre avec Matthieu Gaudeau et la technique Alexander. Dina : Qu’est-ce que la technique Alexander ? Matthieu : Elle appartient au champ des techniques d’éducation somatique et s’appuie sur un travail de l’équilibre postural. Elle considère l’être humain dans sa globalité, affirmant que l’ensemble corps-pensée-émotion constitue un tout indissociable, en perpétuelle interaction. Elle propose de faire l’expérience de la cohérence d’un geste équilibré et coordonné, condition nécessaire au relâchement des tensions et à l’apprentissage d’un équilibre général. 
Les cartes postales de mon enfance volent dans le ciel. Sophie Cohen
Les cartes postales de mon enfance volent dans le ciel. Je ne les vois pas... Je les entends. Les entendez-vous ? Attirée par le son... ma main veut tenir... tout mon être se tourne avec curiosité... Ma peau écoute, mon cœur cherche... Mes oreilles s’ouvrent... D’où vient le son... Le son des cartes postales de mon enfance. Je suis là et mes petites mains tiennent cette merveille... Une carte avec un petit caneton... Jaune, duveteux, avec un bec rosé... Il semble me regarder.
Pas de côté hors temps et à travers le temps. Christine Guilloux
Tenus en haleine, depuis le numéro de mai, pour visiter l’un des ouvrages de Nuccio Ordine, l’un des meilleurs spécialistes mondiaux de la Renaissance et de l’œuvre du philosophe Giordano Bruno : « L’utilité de l’inutile : Un manifeste ». Parcours du combattant pour accéder à ce petit ouvrage, d’abord indisponible chez le libraire, parallèlement subtilisé par un lecteur rapiat à la bibliothèque municipale. Il se fait désirer, ce manifeste. 
8e Colloque de l’AFEHM à Paris : « Hypnose et phobies ». Dr Grégory Tosti
Le samedi  21 mai 2016 s’est tenu à Paris le 8e Congrès de l’AFEHM, ayant pour thème cette année « Hypnose et phobies ». Tout au long de cette journée, le Dr Jean-Marc Benhaiem et son équipe ont mis en évidence que l’on retrouve dans le traitement de la phobie par l’hypnose l’essence même de ce qui constitue la thérapie par l’hypnose, à savoir la fin de la mise à distance du patient avec sa peur, la réintégration de tous les éléments de sa vie pour, à nouveau, appartenir à un tout, se fondre à nouveau dans cette « circulation universelle » que décrit si bien Hegel.

Interview du Dr Bruno Dubos. Dr Gérard Fitoussi
« L’hypnose est un art thérapeutique, et comme dans toute démarche artistique, il faut de la créativité ». Bonjour Bruno ! Peux-tu nous parler de ton parcours personnel ? Bruno Dubos : Je me suis formé à l’hypnose en 1990, durant mon internat de spécialité en psychiatrie. J’ai rapidement exercé en cabinet libéral, car il me semblait difficile de travailler dans un cadre institutionnel. La pratique de l’hypnose thérapeutique nécessitant de la souplesse dans les modalités d’intervention auprès des patients, il me semblait impossible de composer avec les contraintes de l’institution psychiatrique. 
Hypnose, Science et Recherche. Dr Adrian Chaboche 
Cette rubrique naît de la volonté de nous (in)former en partageant les découvertes et travaux récents ou remarquables. Depuis une quinzaine d’années, l’intérêt scientifique porté à l’hypnose est proportionnel à sa notoriété renouvelée. Il n’est pas sans rappeler le nombre d’hôpitaux et de soignants qui utilisent l’hypnose au quotidien et les demandes sont exponentielles. Mais dès le XVIIIe siècle, et les deux commissions nommées par Louis XVI soldées par l’éviction du magnétisme animal de la scène médicale, hypnose et science n’ont cessé de débattre de leurs liens partagés autant que de leurs divergences.

Eloge du Hamac. Dr Patrick Bellet
Hamac. Hamac. Quel son, quel élan ! Si tu l’as lu vite, alors recommence. Plus lentement. Aspire le H et souffle ensuite. Ça y est, il oscille, il se balance. Ecoute le chant du hamac. Une sorte de battement lent et souple. Feutré, rond et grave. Une houle de terre avec les subtils arômes de l’été comme écume. Il a deux boucles, son corps est flexible, élastique, et quand l’été revient, accroché à l’ombre entre deux arbres, il s’étire et se creuse. Avec les tilleuls comme points d’amarrage, en apothéose de la sieste.

Diffusé par hypnose-ericksonienne.org

Eloge du Hamac. Dr Patrick Bellet

jeudi 10 novembre 2016 - 17:10
Hamac. Hamac. Quel son, quel élan !
Si tu l’as lu vite, alors recommence. Plus lentement. Aspire le H et souffle ensuite. Ça y est, il oscille, il se balance.
Ecoute le chant du hamac. Une sorte de battement lent et souple. Feutré, rond et grave. Une houle de terre avec les subtils arômes de l’été comme écume.
Il a deux boucles, son corps est flexible, élastique, et quand l’été revient, accroché à l’ombre entre deux arbres, il s’étire et se creuse. Avec les tilleuls comme points d’amarrage, en apothéose de la sieste.

Carla, je compte jusqu’à 3…
3 !
Embarquement immédiat dans l’amorce nonchalante d’une zébrure cigalière. Une randonnée chaloupée s’amorce avec le hamac comme passeport.
La vitesse ? Pour quoi faire ? Le rythme suffit.
Rythm is everything, everywhere.

Et il me revient une vieille histoire, celle d’un jeune homme de 17 ans environ, foudroyé, par la maladie. Sombrant dans le coma, incertain entre la vie et la mort.
Etonnamment, il se réveilla. Peu à peu, le balancement régulier d’un rocking-chair sera le métronome de sa renaissance. Dans le déplacement imperceptible d’une luge de campagne, subtilement immobile par la chaleur de l’été, Milton observe, observe et observe.
Et c’est une autre bascule, un autre tremplin qu’il appréciera. Plus tard. Bien plus tard. L’expérience précède la compréhension.

La sieste est musardise.
A l’épaule. Le filet gorgé de la cueillette. Pour la rentrée.
Magnifiques fruits doucement confits de verbes d’action lente. Déjà moelleux et prêts à déguster, infuser, diffuser, transfuser même. Décanter au besoin.
Se balancer nonchalamment dans la voûte inversée de cette coupole. Accueillante.
Cette insouciance du hamac, Carla, où tu prends une tangente parfumée. Le tilleul, en chef d’orchestre improvisé et bourdonnant de son miel prochain, t’enveloppe de la transparence dorée de ses bractées.
Les lavandes ne sont pas loin. Au carrefour, la source est améthyste et les désaltère doucement. La rivière déambule, un peu comme elle veut. Elle n’est pas pressée non plus, ses écluses sont hypnovalves et irriguent son parcours.

Le temps est en cure ou n’en a cure. Le temps s’en fout et s’en balance.
Rythm is everything, everywhere.


Editorial « En mouvement ». Sophie Cohen
Chères lectrices et chers lecteurs, c’est avec grand plaisir que j’ouvre le numéro 42 de notre revue « Hypnose et Thérapies Brèves ». Je profite de cet espace pour saluer le travail effectué par mes prédécesseurs et remercier Daniel Renson qui me confie la direction de la Revue.
Traiter l'insomnie. Dr Daniel Quin
Script complet d'une séance d'hypnose. L’insomnie concerne un adulte sur cinq et atteint plus sévèrement 10 % de la population de la plupart des pays étudiés. Elle est plus fréquente chez la femme et augmente avec l’âge. Le recours aux soins des insomniaques est relativement faible puisque plus d’un insomniaque sur deux n’a jamais discuté de son problème avec son médecin. 
Constellation ericksonienne au Mexique. Cecilia Fabre
Traitement de l'anorexie chez une fille de 12 ans. Cecilia Fabre, au travers de la résolution d’un cas d’anorexie, nous montre comment elle intègre les techniques inspirées des constellations familiales développées par Bert Hellinger à la psychothérapie ericksonienne. Elle se base sur ce que Teresa Robles nomme la psychothérapie ericksonienne reposant sur la Sagesse universelle.

Les soins infirmiers. Nathalie Jammot
C’est avec beaucoup de plaisir que je coordonne ce premier dossier thématique consacré à la pratique de l’hypnose en soins infirmiers, sujet choisi par Sophie Cohen. Je tiens d’ailleurs à la remercier ici pour son accueil chaleureux dans cette revue tout comme pour son aide dans l’élaboration de ce travail mené conjointement. 

La recherche en douleur chronique. Martine Quintard
Martine Quintard nous invite à poser un autre regard sur le syndrome algodystrophique avec un traitement qui intègre l’hypnose. Elle met en avant la place des émotions. Un projet de recherche innovant et porteur... Depuis 2007, nous avons développé au CHU de Toulouse la pratique de l’hypnose pour la prise en charge du syndrome douloureux régional complexe, plus connu sous son ancienne dénomination d’algodystrophie. 
La vie vivante jusqu'au bout. Ute Hohloch
Etre soignant en soins palliatifs, c’est être en permanence à l’école du Respect et de l’Humilité, du Non-Jugement et de la Non-Interprétation. C’est apprendre et comprendre les notions de « total pain ». Cicely Saunders a la première décrit le caractère multidimensionnel de la douleur du mourant. Cette « souffrance totale » en fin de vie est à la fois physique, psychologique, sociale et spirituelle. 
Soins de support, la pratique d’un infirmier en cancérologie. Rémi Etienne
L’annonce d’un cancer provoque chez la personne un important bouleversement existentiel. La pratique de Rémi en qualité d’infirmier lui permet d’accompagner les changements les plus accessibles aux patients. Les récents progrès en matière diagnostique et thérapeutique contribuent à améliorer le pronostic des malades. A ce jour, chaque projet de soins proposé au patient est personnalisé et dépendant de nombreux paramètres, tels que : le type histologique de la tumeur, sa localisation, sa vitesse d’évolution, son extension à d’autres organes, la présence de comorbidités associées…
De la bienveillance au "prendre soin": Erickson encore et toujours. Janine Carpentier 
La réflexion autour de sa posture professionnelle a amené Janine à développer un « savoir-être » infirmier. Elle nous transmet ici tout le respect et l’humanité avec lesquels elle accompagne les patients en gériatrie. Infirmière expérimentée et déjà en fin de carrière, j’exerce en gériatrie depuis vingt-cinq ans. Après un DU de psycho-gérontologie, je me suis sensibilisée au toucher relationnel puis j’ai poursuivi par une formation en hypnose ericksonienne et thérapies brèves à Brive-la-Gaillarde au sein de l’association ACTIIF.
Une laverie communautaire. Nathalie de Marville
Raconter des histoires, se poser dans un bois sur une couverture, découvrir de nouvelles possibilités... Ou comment ma pratique professionnelle s’est transformée. A l’image d’une laverie communautaire avec l’extension des programmes adaptés à chaque type de linge : froissé, décoloré, déchiré... Il arrive un moment dans sa carrière où le travail devient une routine. Le savoir est installé et c’est un peu comme si l’on n’avançait plus. Vient alors un désir, une envie de cultiver un nouveau jardin, ensemencer de nouvelles graines, pour les faire naître et redonner du sens à une vie professionnelle.
L'Hypnose: confort patient-thérapeute. Audrey Weidmann
La pratique de l’hypnose dans les soins infirmiers à domicile est un complément très apprécié par les patients – qui se retrouvent sous hypnose conversationnelle sans le savoir ou en séance formelle – autant que par le soignant qui y voit aussi, je vous l’avoue, ses avantages. Elle nous permet de faire des pansements sans aucune difficulté, de faire une injection sans créer un inconfort nuisible pour celles à venir, d’enlever des fils à un enfant sans passer sa matinée à trouver un moyen de le calmer, donc de façon générale de gagner un temps précieux. Mais elle nous sert également dans un contexte bien plus particulier, celui du patient chronique qui vit seul avec ses angoisses. 

Une écoute attentive et du sourire. Nathalie Saliou 
L’hypnose a changé mon regard sur ma vie, ma famille et mon entourage. L’art d’utiliser l’imaginaire créatif du patient est extraordinaire, riche en émotions et avec des résultats rapides : cicatrisation, confort, sérénité…Infirmière à domicile depuis vingt-six ans, j’ai toujours été sensibilisée à la relation soignant-soigné.


Hypnose en anesthésie : une aventure extraordinaire. Sylvie Girardot-Despiau
En tant qu’infirmière anesthésiste, je travaille au sein d’une équipe d’hypno-anesthésie en chirurgie à Lyon. Voici un témoignage du vécu d’un accompagnement en hypno-anesthésie pédiatrique au bloc. Pour découvrir mon travail, je vous emmène vivre l’expérience de Roman. Au fur et à mesure de l’intervention, vous trouverez les explications de la mise en place du processus hypnotique. Voici son aventure.

« Docteur, j’ai un problème… » Dr Stefano Colombo
Il ne manquait plus que ça ! Les patients ont vraiment du culot. Vous dites : « toupet » ?
Oh ! ne commencez pas à me poser des problèmes ! Le mot « culot » ne vous convient pas ? Remplacez-le par toupet, témérité, impertinence, hardiesse. Le mot a beau changer, la substance reste la même. Nous médecins, nous avons déjà assez de problèmes : horaires sans fin, vie de famille virtuelle, urgences jour et nuit, responsabilités sans frontières, pressions des pharmaceutiques, des politiciens, des assurances.

La technique Alexander. Dina Roberts 
Rencontre avec Matthieu Gaudeau et la technique Alexander. Dina : Qu’est-ce que la technique Alexander ? Matthieu : Elle appartient au champ des techniques d’éducation somatique et s’appuie sur un travail de l’équilibre postural. Elle considère l’être humain dans sa globalité, affirmant que l’ensemble corps-pensée-émotion constitue un tout indissociable, en perpétuelle interaction. Elle propose de faire l’expérience de la cohérence d’un geste équilibré et coordonné, condition nécessaire au relâchement des tensions et à l’apprentissage d’un équilibre général. 

Les cartes postales de mon enfance volent dans le ciel. Sophie Cohen
Les cartes postales de mon enfance volent dans le ciel. Je ne les vois pas... Je les entends. 
Les entendez-vous ? Attirée par le son... ma main veut tenir... tout mon être se tourne avec curiosité... Ma peau écoute, mon cœur cherche... Mes oreilles s’ouvrent... D’où vient le son... Le son des cartes postales de mon enfance. Je suis là et mes petites mains tiennent cette merveille... Une carte avec un petit caneton... Jaune, duveteux, avec un bec rosé... Il semble me regarder.

Pas de côté hors temps et à travers le temps. Christine Guilloux
Tenus en haleine, depuis le numéro de mai, pour visiter l’un des ouvrages de Nuccio Ordine, l’un des meilleurs spécialistes mondiaux de la Renaissance et de l’œuvre du philosophe Giordano Bruno : « L’utilité de l’inutile : Un manifeste ». Parcours du combattant pour accéder à ce petit ouvrage, d’abord indisponible chez le libraire, parallèlement subtilisé par un lecteur rapiat à la bibliothèque municipale. Il se fait désirer, ce manifeste. 

8e Colloque de l’AFEHM à Paris : « Hypnose et phobies ». Dr Grégory Tosti
Le samedi  21 mai 2016 s’est tenu à Paris le 8e Congrès de l’AFEHM, ayant pour thème cette année « Hypnose et phobies ». Tout au long de cette journée, le Dr Jean-Marc Benhaiem et son équipe ont mis en évidence que l’on retrouve dans le traitement de la phobie par l’hypnose l’essence même de ce qui constitue la thérapie par l’hypnose, à savoir la fin de la mise à distance du patient avec sa peur, la réintégration de tous les éléments de sa vie pour, à nouveau, appartenir à un tout, se fondre à nouveau dans cette « circulation universelle » que décrit si bien Hegel.
Interview du Dr Bruno Dubos. Dr Gérard Fitoussi
« L’hypnose est un art thérapeutique, et comme dans toute démarche artistique, il faut de la créativité ». Bonjour Bruno ! Peux-tu nous parler de ton parcours personnel ? Bruno Dubos : Je me suis formé à l’hypnose en 1990, durant mon internat de spécialité en psychiatrie. J’ai rapidement exercé en cabinet libéral, car il me semblait difficile de travailler dans un cadre institutionnel. La pratique de l’hypnose thérapeutique nécessitant de la souplesse dans les modalités d’intervention auprès des patients, il me semblait impossible de composer avec les contraintes de l’institution psychiatrique. 

Hypnose, Science et Recherche. Dr Adrian Chaboche 
Cette rubrique naît de la volonté de nous (in)former en partageant les découvertes et travaux récents ou remarquables. Depuis une quinzaine d’années, l’intérêt scientifique porté à l’hypnose est proportionnel à sa notoriété renouvelée. Il n’est pas sans rappeler le nombre d’hôpitaux et de soignants qui utilisent l’hypnose au quotidien et les demandes sont exponentielles. Mais dès le XVIIIe siècle, et les deux commissions nommées par Louis XVI soldées par l’éviction du magnétisme animal de la scène médicale, hypnose et science n’ont cessé de débattre de leurs liens partagés autant que de leurs divergences.

Eloge du Hamac. Dr Patrick Bellet
Hamac. Hamac. Quel son, quel élan ! Si tu l’as lu vite, alors recommence. Plus lentement. Aspire le H et souffle ensuite. Ça y est, il oscille, il se balance. Ecoute le chant du hamac. Une sorte de battement lent et souple. Feutré, rond et grave. Une houle de terre avec les subtils arômes de l’été comme écume. Il a deux boucles, son corps est flexible, élastique, et quand l’été revient, accroché à l’ombre entre deux arbres, il s’étire et se creuse. Avec les tilleuls comme points d’amarrage, en apothéose de la sieste.
Diffusé par hypnose-ericksonienne.org

Eloge du Hamac. Dr Patrick Bellet

jeudi 10 novembre 2016 - 17:10
Hamac. Hamac. Quel son, quel élan !
Si tu l’as lu vite, alors recommence. Plus lentement. Aspire le H et souffle ensuite. Ça y est, il oscille, il se balance.
Ecoute le chant du hamac. Une sorte de battement lent et souple. Feutré, rond et grave. Une houle de terre avec les subtils arômes de l’été comme écume.
Il a deux boucles, son corps est flexible, élastique, et quand l’été revient, accroché à l’ombre entre deux arbres, il s’étire et se creuse. Avec les tilleuls comme points d’amarrage, en apothéose de la sieste.

Carla, je compte jusqu’à 3…
3 !
Embarquement immédiat dans l’amorce nonchalante d’une zébrure cigalière. Une randonnée chaloupée s’amorce avec le hamac comme passeport.
La vitesse ? Pour quoi faire ? Le rythme suffit.
Rythm is everything, everywhere.

Et il me revient une vieille histoire, celle d’un jeune homme de 17 ans environ, foudroyé, par la maladie. Sombrant dans le coma, incertain entre la vie et la mort.
Etonnamment, il se réveilla. Peu à peu, le balancement régulier d’un rocking-chair sera le métronome de sa renaissance. Dans le déplacement imperceptible d’une luge de campagne, subtilement immobile par la chaleur de l’été, Milton observe, observe et observe.
Et c’est une autre bascule, un autre tremplin qu’il appréciera. Plus tard. Bien plus tard. L’expérience précède la compréhension.

La sieste est musardise.
A l’épaule. Le filet gorgé de la cueillette. Pour la rentrée.
Magnifiques fruits doucement confits de verbes d’action lente. Déjà moelleux et prêts à déguster, infuser, diffuser, transfuser même. Décanter au besoin.
Se balancer nonchalamment dans la voûte inversée de cette coupole. Accueillante.
Cette insouciance du hamac, Carla, où tu prends une tangente parfumée. Le tilleul, en chef d’orchestre improvisé et bourdonnant de son miel prochain, t’enveloppe de la transparence dorée de ses bractées.
Les lavandes ne sont pas loin. Au carrefour, la source est améthyste et les désaltère doucement. La rivière déambule, un peu comme elle veut. Elle n’est pas pressée non plus, ses écluses sont hypnovalves et irriguent son parcours.

Le temps est en cure ou n’en a cure. Le temps s’en fout et s’en balance.
Rythm is everything, everywhere.


Editorial « En mouvement ». Sophie Cohen
Chères lectrices et chers lecteurs, c’est avec grand plaisir que j’ouvre le numéro 42 de notre revue « Hypnose et Thérapies Brèves ». Je profite de cet espace pour saluer le travail effectué par mes prédécesseurs et remercier Daniel Renson qui me confie la direction de la Revue.
Traiter l'insomnie. Dr Daniel Quin
Script complet d'une séance d'hypnose. L’insomnie concerne un adulte sur cinq et atteint plus sévèrement 10 % de la population de la plupart des pays étudiés. Elle est plus fréquente chez la femme et augmente avec l’âge. Le recours aux soins des insomniaques est relativement faible puisque plus d’un insomniaque sur deux n’a jamais discuté de son problème avec son médecin. 
Constellation ericksonienne au Mexique. Cecilia Fabre
Traitement de l'anorexie chez une fille de 12 ans. Cecilia Fabre, au travers de la résolution d’un cas d’anorexie, nous montre comment elle intègre les techniques inspirées des constellations familiales développées par Bert Hellinger à la psychothérapie ericksonienne. Elle se base sur ce que Teresa Robles nomme la psychothérapie ericksonienne reposant sur la Sagesse universelle.

Les soins infirmiers. Nathalie Jammot
C’est avec beaucoup de plaisir que je coordonne ce premier dossier thématique consacré à la pratique de l’hypnose en soins infirmiers, sujet choisi par Sophie Cohen. Je tiens d’ailleurs à la remercier ici pour son accueil chaleureux dans cette revue tout comme pour son aide dans l’élaboration de ce travail mené conjointement. 

La recherche en douleur chronique. Martine Quintard
Martine Quintard nous invite à poser un autre regard sur le syndrome algodystrophique avec un traitement qui intègre l’hypnose. Elle met en avant la place des émotions. Un projet de recherche innovant et porteur... Depuis 2007, nous avons développé au CHU de Toulouse la pratique de l’hypnose pour la prise en charge du syndrome douloureux régional complexe, plus connu sous son ancienne dénomination d’algodystrophie. 
La vie vivante jusqu'au bout. Ute Hohloch
Etre soignant en soins palliatifs, c’est être en permanence à l’école du Respect et de l’Humilité, du Non-Jugement et de la Non-Interprétation. C’est apprendre et comprendre les notions de « total pain ». Cicely Saunders a la première décrit le caractère multidimensionnel de la douleur du mourant. Cette « souffrance totale » en fin de vie est à la fois physique, psychologique, sociale et spirituelle. 
Soins de support, la pratique d’un infirmier en cancérologie. Rémi Etienne
L’annonce d’un cancer provoque chez la personne un important bouleversement existentiel. La pratique de Rémi en qualité d’infirmier lui permet d’accompagner les changements les plus accessibles aux patients. Les récents progrès en matière diagnostique et thérapeutique contribuent à améliorer le pronostic des malades. A ce jour, chaque projet de soins proposé au patient est personnalisé et dépendant de nombreux paramètres, tels que : le type histologique de la tumeur, sa localisation, sa vitesse d’évolution, son extension à d’autres organes, la présence de comorbidités associées…
De la bienveillance au "prendre soin": Erickson encore et toujours. Janine Carpentier 
La réflexion autour de sa posture professionnelle a amené Janine à développer un « savoir-être » infirmier. Elle nous transmet ici tout le respect et l’humanité avec lesquels elle accompagne les patients en gériatrie. Infirmière expérimentée et déjà en fin de carrière, j’exerce en gériatrie depuis vingt-cinq ans. Après un DU de psycho-gérontologie, je me suis sensibilisée au toucher relationnel puis j’ai poursuivi par une formation en hypnose ericksonienne et thérapies brèves à Brive-la-Gaillarde au sein de l’association ACTIIF.
Une laverie communautaire. Nathalie de Marville
Raconter des histoires, se poser dans un bois sur une couverture, découvrir de nouvelles possibilités... Ou comment ma pratique professionnelle s’est transformée. A l’image d’une laverie communautaire avec l’extension des programmes adaptés à chaque type de linge : froissé, décoloré, déchiré... Il arrive un moment dans sa carrière où le travail devient une routine. Le savoir est installé et c’est un peu comme si l’on n’avançait plus. Vient alors un désir, une envie de cultiver un nouveau jardin, ensemencer de nouvelles graines, pour les faire naître et redonner du sens à une vie professionnelle.
L'Hypnose: confort patient-thérapeute. Audrey Weidmann
La pratique de l’hypnose dans les soins infirmiers à domicile est un complément très apprécié par les patients – qui se retrouvent sous hypnose conversationnelle sans le savoir ou en séance formelle – autant que par le soignant qui y voit aussi, je vous l’avoue, ses avantages. Elle nous permet de faire des pansements sans aucune difficulté, de faire une injection sans créer un inconfort nuisible pour celles à venir, d’enlever des fils à un enfant sans passer sa matinée à trouver un moyen de le calmer, donc de façon générale de gagner un temps précieux. Mais elle nous sert également dans un contexte bien plus particulier, celui du patient chronique qui vit seul avec ses angoisses. 

Une écoute attentive et du sourire. Nathalie Saliou 
L’hypnose a changé mon regard sur ma vie, ma famille et mon entourage. L’art d’utiliser l’imaginaire créatif du patient est extraordinaire, riche en émotions et avec des résultats rapides : cicatrisation, confort, sérénité…Infirmière à domicile depuis vingt-six ans, j’ai toujours été sensibilisée à la relation soignant-soigné.


Hypnose en anesthésie : une aventure extraordinaire. Sylvie Girardot-Despiau
En tant qu’infirmière anesthésiste, je travaille au sein d’une équipe d’hypno-anesthésie en chirurgie à Lyon. Voici un témoignage du vécu d’un accompagnement en hypno-anesthésie pédiatrique au bloc. Pour découvrir mon travail, je vous emmène vivre l’expérience de Roman. Au fur et à mesure de l’intervention, vous trouverez les explications de la mise en place du processus hypnotique. Voici son aventure.

« Docteur, j’ai un problème… » Dr Stefano Colombo
Il ne manquait plus que ça ! Les patients ont vraiment du culot. Vous dites : « toupet » ?
Oh ! ne commencez pas à me poser des problèmes ! Le mot « culot » ne vous convient pas ? Remplacez-le par toupet, témérité, impertinence, hardiesse. Le mot a beau changer, la substance reste la même. Nous médecins, nous avons déjà assez de problèmes : horaires sans fin, vie de famille virtuelle, urgences jour et nuit, responsabilités sans frontières, pressions des pharmaceutiques, des politiciens, des assurances.

La technique Alexander. Dina Roberts 
Rencontre avec Matthieu Gaudeau et la technique Alexander. Dina : Qu’est-ce que la technique Alexander ? Matthieu : Elle appartient au champ des techniques d’éducation somatique et s’appuie sur un travail de l’équilibre postural. Elle considère l’être humain dans sa globalité, affirmant que l’ensemble corps-pensée-émotion constitue un tout indissociable, en perpétuelle interaction. Elle propose de faire l’expérience de la cohérence d’un geste équilibré et coordonné, condition nécessaire au relâchement des tensions et à l’apprentissage d’un équilibre général. 

Les cartes postales de mon enfance volent dans le ciel. Sophie Cohen
Les cartes postales de mon enfance volent dans le ciel. Je ne les vois pas... Je les entends. 
Les entendez-vous ? Attirée par le son... ma main veut tenir... tout mon être se tourne avec curiosité... Ma peau écoute, mon cœur cherche... Mes oreilles s’ouvrent... D’où vient le son... Le son des cartes postales de mon enfance. Je suis là et mes petites mains tiennent cette merveille... Une carte avec un petit caneton... Jaune, duveteux, avec un bec rosé... Il semble me regarder.

Pas de côté hors temps et à travers le temps. Christine Guilloux
Tenus en haleine, depuis le numéro de mai, pour visiter l’un des ouvrages de Nuccio Ordine, l’un des meilleurs spécialistes mondiaux de la Renaissance et de l’œuvre du philosophe Giordano Bruno : « L’utilité de l’inutile : Un manifeste ». Parcours du combattant pour accéder à ce petit ouvrage, d’abord indisponible chez le libraire, parallèlement subtilisé par un lecteur rapiat à la bibliothèque municipale. Il se fait désirer, ce manifeste. 

8e Colloque de l’AFEHM à Paris : « Hypnose et phobies ». Dr Grégory Tosti
Le samedi  21 mai 2016 s’est tenu à Paris le 8e Congrès de l’AFEHM, ayant pour thème cette année « Hypnose et phobies ». Tout au long de cette journée, le Dr Jean-Marc Benhaiem et son équipe ont mis en évidence que l’on retrouve dans le traitement de la phobie par l’hypnose l’essence même de ce qui constitue la thérapie par l’hypnose, à savoir la fin de la mise à distance du patient avec sa peur, la réintégration de tous les éléments de sa vie pour, à nouveau, appartenir à un tout, se fondre à nouveau dans cette « circulation universelle » que décrit si bien Hegel.
Interview du Dr Bruno Dubos. Dr Gérard Fitoussi
« L’hypnose est un art thérapeutique, et comme dans toute démarche artistique, il faut de la créativité ». Bonjour Bruno ! Peux-tu nous parler de ton parcours personnel ? Bruno Dubos : Je me suis formé à l’hypnose en 1990, durant mon internat de spécialité en psychiatrie. J’ai rapidement exercé en cabinet libéral, car il me semblait difficile de travailler dans un cadre institutionnel. La pratique de l’hypnose thérapeutique nécessitant de la souplesse dans les modalités d’intervention auprès des patients, il me semblait impossible de composer avec les contraintes de l’institution psychiatrique. 

Hypnose, Science et Recherche. Dr Adrian Chaboche 
Cette rubrique naît de la volonté de nous (in)former en partageant les découvertes et travaux récents ou remarquables. Depuis une quinzaine d’années, l’intérêt scientifique porté à l’hypnose est proportionnel à sa notoriété renouvelée. Il n’est pas sans rappeler le nombre d’hôpitaux et de soignants qui utilisent l’hypnose au quotidien et les demandes sont exponentielles. Mais dès le XVIIIe siècle, et les deux commissions nommées par Louis XVI soldées par l’éviction du magnétisme animal de la scène médicale, hypnose et science n’ont cessé de débattre de leurs liens partagés autant que de leurs divergences.

Eloge du Hamac. Dr Patrick Bellet
Hamac. Hamac. Quel son, quel élan ! Si tu l’as lu vite, alors recommence. Plus lentement. Aspire le H et souffle ensuite. Ça y est, il oscille, il se balance. Ecoute le chant du hamac. Une sorte de battement lent et souple. Feutré, rond et grave. Une houle de terre avec les subtils arômes de l’été comme écume. Il a deux boucles, son corps est flexible, élastique, et quand l’été revient, accroché à l’ombre entre deux arbres, il s’étire et se creuse. Avec les tilleuls comme points d’amarrage, en apothéose de la sieste.
Diffusé par hypnose-ericksonienne.org

Interview du Dr Bruno Dubos. Dr Gérard Fitoussi

jeudi 10 novembre 2016 - 17:09
« « L’hypnose est un art thérapeutique, et comme dans toute démarche artistique, il faut de la créativité »  »

Bonjour Bruno ! Peux-tu nous parler de ton parcours personnel ?

Bruno Dubos : Je me suis formé à l’hypnose en 1990, durant mon internat de spécialité en psychiatrie. J’ai rapidement exercé en cabinet libéral, car il me semblait difficile de travailler dans un cadre institutionnel. La pratique de l’hypnose thérapeutique nécessitant de la souplesse dans les modalités d’intervention auprès des patients, il me semblait impossible de composer avec les contraintes de l’institution psychiatrique. Pour me former, à l’époque, il n’y avait que deux formateurs qui dispensaient cet enseignement : Jacques-Antoine Malarewicz et Jean Godin. Ils avaient animé ensemble la formation pendant quelques années. Suite à un « désaccord », ils proposèrent deux enseignements séparés. Jacques-Antoine proposait une vision « stratégique » associée à l’utilisation de l’hypnose. Cette vision me faisait écho. Nous étions seulement une douzaine de participants. J’ai eu la chance de profiter d’une formation quasi individuelle. A l’époque, il a fallu batailler dur pour pouvoir suivre cet enseignement, l’hypnose n’avait pas bonne réputation auprès des agrégés de psychiatrie. Je me rappelle d’ailleurs une anecdote qui me fait sourire aujourd’hui. Mon chef de service, psychanalyste freudien convaincu, a été ravi lorsque je lui ai annoncé mon projet de me former à la psychothérapie : « Monsieur Dubos, tous les internes devraient suivre votre exemple et se former le plus tôt possible. » Il s’est raidi lorsque je lui ai annoncé que j’allais me former à l’hypnose ericksonienne : « Cela n’est pas possible, vous ne pouvez pas vous former à des techniques de manipulation mentale... » Je suis passé à deux doigts d’un refus de validation de mon cursus d’internat. Néanmoins, et je l’en remercie, devant mon insistance il m’autorisera à faire mes voyages à Paris, j’étais définitivement perdu pour la psychanalyse. Dès mon installation en libéral, j’ai immédiatement travaillé avec l’aide de la vidéo. Ma caméra a tout de suite été un remarquable cothérapeute.
Le hasard a fait que quelques autres psychiatres et psychologues rennais, dans les mêmes années, se sont aussi formés à cet art thérapeutique. Nous avons commencé à mettre en place un système inédit à l’époque, celui des « intervisions », nous partagions nos expériences en nous « auto-supervisant ». Pendant plus de dix ans, nous nous sommes vus une fois par mois, pour visionner des vidéos de patients, et travailler sur des thèmes que nous décidions à l’avance. Tous ces amis et collègues ont grandement contribué à m’apprendre mon métier. Je leur en serai toujours reconnaissant. Mes patients ont participé bien sûr à mon apprentissage de l’hypnose.

Quelle a été ta première rencontre avec l’hypnose ?

Par hasard.
Je suis arrivé à l’hôpital psychiatrique comme interne sans aucune vocation de psychiatre. Assez rapidement, je me suis rendu compte que mes quatre années de formation allaient être longues et difficiles. L’utilisation massive des psychotropes dans la prise en charge des patients et la rigidité du cadre institutionnel ne me correspondaient pas. Je ne comprenais rien aux approches psychanalytiques bien que, très honnêtement, j’ai essayé... sans succès. La bibliothécaire connaissant mon manque de motivation, et qui devait être compatissante, m’a proposé deux livres : le premier était un petit livre de Paul Watzlawick, « Une logique de la communication », et le second celui de Jay Haley, « Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson ». Ce fut pour moi ce jour-là une révélation. Je suis petit à petit rentré dans l’univers de Palo Alto, de Milton Erickson, et par extension aux thérapies familiales de l’école de Rome et de Milan.

Quelles sont les rencontres qui t’ont marqué, inspiré ?
Les rencontres littéraires bien sûr et les rencontres humaines, qui restent à mon sens la base de la transmission du savoir, un peu comme le petit scarabée dans la série « Kung-Fu » ou Maître Yoda de « La guerre des étoiles ». (Nous avons les références que nous méritons...)
J’en citerai trois : mon maître Jacques-Antoine Malarewicz, qui m’a formé, qui a contribué à développer une « vision globale » de l’individu, qui m’a initié à la stratégie avec une grande pédagogie. Ernest Rossi qui m’a définitivement convaincu de la puissance de l’observation. Enfin mes amis et collègues de notre groupe d’intervision.


Le Docteur Bruno DUBOS est Psychiatre à Rennes. Il exerce en libéral depuis plus de vingt ans. Formé à l’hypnose ericksonienne, aux thérapies brèves, aux thérapies systémiques, il est formateur et superviseur pour divers instituts. Bruno Dubos est l’auteur de plusieurs articles et communications. Il est l’auteur d’un livre sur les troubles des conduites alimentaires

Editorial « En mouvement ». Sophie Cohen
Chères lectrices et chers lecteurs, c’est avec grand plaisir que j’ouvre le numéro 42 de notre revue « Hypnose et Thérapies Brèves ». Je profite de cet espace pour saluer le travail effectué par mes prédécesseurs et remercier Daniel Renson qui me confie la direction de la Revue.


Traiter l'insomnie. Dr Daniel Quin
Script complet d'une séance d'hypnose. L’insomnie concerne un adulte sur cinq et atteint plus sévèrement 10 % de la population de la plupart des pays étudiés. Elle est plus fréquente chez la femme et augmente avec l’âge. Le recours aux soins des insomniaques est relativement faible puisque plus d’un insomniaque sur deux n’a jamais discuté de son problème avec son médecin. 
Constellation ericksonienne au Mexique. Cecilia Fabre
Traitement de l'anorexie chez une fille de 12 ans. Cecilia Fabre, au travers de la résolution d’un cas d’anorexie, nous montre comment elle intègre les techniques inspirées des constellations familiales développées par Bert Hellinger à la psychothérapie ericksonienne. Elle se base sur ce que Teresa Robles nomme la psychothérapie ericksonienne reposant sur la Sagesse universelle.

Les soins infirmiers. Nathalie Jammot
C’est avec beaucoup de plaisir que je coordonne ce premier dossier thématique consacré à la pratique de l’hypnose en soins infirmiers, sujet choisi par Sophie Cohen. Je tiens d’ailleurs à la remercier ici pour son accueil chaleureux dans cette revue tout comme pour son aide dans l’élaboration de ce travail mené conjointement. 
La recherche en douleur chronique. Martine Quintard
Martine Quintard nous invite à poser un autre regard sur le syndrome algodystrophique avec un traitement qui intègre l’hypnose. Elle met en avant la place des émotions. Un projet de recherche innovant et porteur... Depuis 2007, nous avons développé au CHU de Toulouse la pratique de l’hypnose pour la prise en charge du syndrome douloureux régional complexe, plus connu sous son ancienne dénomination d’algodystrophie. 
La vie vivante jusqu'au bout. Ute Hohloch
Etre soignant en soins palliatifs, c’est être en permanence à l’école du Respect et de l’Humilité, du Non-Jugement et de la Non-Interprétation. C’est apprendre et comprendre les notions de « total pain ». Cicely Saunders a la première décrit le caractère multidimensionnel de la douleur du mourant. Cette « souffrance totale » en fin de vie est à la fois physique, psychologique, sociale et spirituelle. 
Soins de support, la pratique d’un infirmier en cancérologie. Rémi Etienne
L’annonce d’un cancer provoque chez la personne un important bouleversement existentiel. La pratique de Rémi en qualité d’infirmier lui permet d’accompagner les changements les plus accessibles aux patients. Les récents progrès en matière diagnostique et thérapeutique contribuent à améliorer le pronostic des malades. A ce jour, chaque projet de soins proposé au patient est personnalisé et dépendant de nombreux paramètres, tels que : le type histologique de la tumeur, sa localisation, sa vitesse d’évolution, son extension à d’autres organes, la présence de comorbidités associées…

De la bienveillance au "prendre soin": Erickson encore et toujours. Janine Carpentier 
La réflexion autour de sa posture professionnelle a amené Janine à développer un « savoir-être » infirmier. Elle nous transmet ici tout le respect et l’humanité avec lesquels elle accompagne les patients en gériatrie. Infirmière expérimentée et déjà en fin de carrière, j’exerce en gériatrie depuis vingt-cinq ans. Après un DU de psycho-gérontologie, je me suis sensibilisée au toucher relationnel puis j’ai poursuivi par une formation en hypnose ericksonienne et thérapies brèves à Brive-la-Gaillarde au sein de l’association ACTIIF.
Une laverie communautaire. Nathalie de Marville
Raconter des histoires, se poser dans un bois sur une couverture, découvrir de nouvelles possibilités... Ou comment ma pratique professionnelle s’est transformée. A l’image d’une laverie communautaire avec l’extension des programmes adaptés à chaque type de linge : froissé, décoloré, déchiré... Il arrive un moment dans sa carrière où le travail devient une routine. Le savoir est installé et c’est un peu comme si l’on n’avançait plus. Vient alors un désir, une envie de cultiver un nouveau jardin, ensemencer de nouvelles graines, pour les faire naître et redonner du sens à une vie professionnelle.
L'Hypnose: confort patient-thérapeute. Audrey Weidmann
La pratique de l’hypnose dans les soins infirmiers à domicile est un complément très apprécié par les patients – qui se retrouvent sous hypnose conversationnelle sans le savoir ou en séance formelle – autant que par le soignant qui y voit aussi, je vous l’avoue, ses avantages. 
Elle nous permet de faire des pansements sans aucune difficulté, de faire une injection sans créer un inconfort nuisible pour celles à venir, d’enlever des fils à un enfant sans passer sa matinée à trouver un moyen de le calmer, donc de façon générale de gagner un temps précieux. Mais elle nous sert également dans un contexte bien plus particulier, celui du patient chronique qui vit seul avec ses angoisses. 

Une écoute attentive et du sourire. Nathalie Saliou 
L’hypnose a changé mon regard sur ma vie, ma famille et mon entourage. L’art d’utiliser l’imaginaire créatif du patient est extraordinaire, riche en émotions et avec des résultats rapides : cicatrisation, confort, sérénité…Infirmière à domicile depuis vingt-six ans, j’ai toujours été sensibilisée à la relation soignant-soigné.
Hypnose en anesthésie : une aventure extraordinaire. Sylvie Girardot-Despiau
En tant qu’infirmière anesthésiste, je travaille au sein d’une équipe d’hypno-anesthésie en chirurgie à Lyon. Voici un témoignage du vécu d’un accompagnement en hypno-anesthésie pédiatrique au bloc. Pour découvrir mon travail, je vous emmène vivre l’expérience de Roman. Au fur et à mesure de l’intervention, vous trouverez les explications de la mise en place du processus hypnotique. Voici son aventure.

« Docteur, j’ai un problème… » Dr Stefano Colombo
Il ne manquait plus que ça ! Les patients ont vraiment du culot. Vous dites : « toupet » ?
Oh ! ne commencez pas à me poser des problèmes ! Le mot « culot » ne vous convient pas ? Remplacez-le par toupet, témérité, impertinence, hardiesse. Le mot a beau changer, la substance reste la même. Nous médecins, nous avons déjà assez de problèmes : horaires sans fin, vie de famille virtuelle, urgences jour et nuit, responsabilités sans frontières, pressions des pharmaceutiques, des politiciens, des assurances.
La technique Alexander. Dina Roberts 
Rencontre avec Matthieu Gaudeau et la technique Alexander. Dina : Qu’est-ce que la technique Alexander ? Matthieu : Elle appartient au champ des techniques d’éducation somatique et s’appuie sur un travail de l’équilibre postural. Elle considère l’être humain dans sa globalité, affirmant que l’ensemble corps-pensée-émotion constitue un tout indissociable, en perpétuelle interaction. Elle propose de faire l’expérience de la cohérence d’un geste équilibré et coordonné, condition nécessaire au relâchement des tensions et à l’apprentissage d’un équilibre général. 
Les cartes postales de mon enfance volent dans le ciel. Sophie Cohen
Les cartes postales de mon enfance volent dans le ciel. Je ne les vois pas... Je les entends. 
Les entendez-vous ? Attirée par le son... ma main veut tenir... tout mon être se tourne avec curiosité... Ma peau écoute, mon cœur cherche... Mes oreilles s’ouvrent... D’où vient le son... Le son des cartes postales de mon enfance. Je suis là et mes petites mains tiennent cette merveille... Une carte avec un petit caneton... Jaune, duveteux, avec un bec rosé... Il semble me regarder.

Pas de côté hors temps et à travers le temps. Christine Guilloux
Tenus en haleine, depuis le numéro de mai, pour visiter l’un des ouvrages de Nuccio Ordine, l’un des meilleurs spécialistes mondiaux de la Renaissance et de l’œuvre du philosophe Giordano Bruno : « L’utilité de l’inutile : Un manifeste ». Parcours du combattant pour accéder à ce petit ouvrage, d’abord indisponible chez le libraire, parallèlement subtilisé par un lecteur rapiat à la bibliothèque municipale. Il se fait désirer, ce manifeste. 

8e Colloque de l’AFEHM à Paris : « Hypnose et phobies ». Dr Grégory Tosti
Le samedi  21 mai 2016 s’est tenu à Paris le 8e Congrès de l’AFEHM, ayant pour thème cette année « Hypnose et phobies ». Tout au long de cette journée, le Dr Jean-Marc Benhaiem et son équipe ont mis en évidence que l’on retrouve dans le traitement de la phobie par l’hypnose l’essence même de ce qui constitue la thérapie par l’hypnose, à savoir la fin de la mise à distance du patient avec sa peur, la réintégration de tous les éléments de sa vie pour, à nouveau, appartenir à un tout, se fondre à nouveau dans cette « circulation universelle » que décrit si bien Hegel.

Interview du Dr Bruno Dubos. Dr Gérard Fitoussi
« L’hypnose est un art thérapeutique, et comme dans toute démarche artistique, il faut de la créativité ». Bonjour Bruno ! Peux-tu nous parler de ton parcours personnel ? Bruno Dubos : Je me suis formé à l’hypnose en 1990, durant mon internat de spécialité en psychiatrie. J’ai rapidement exercé en cabinet libéral, car il me semblait difficile de travailler dans un cadre institutionnel. La pratique de l’hypnose thérapeutique nécessitant de la souplesse dans les modalités d’intervention auprès des patients, il me semblait impossible de composer avec les contraintes de l’institution psychiatrique. 
Hypnose, Science et Recherche. Dr Adrian Chaboche 
Cette rubrique naît de la volonté de nous (in)former en partageant les découvertes et travaux récents ou remarquables. Depuis une quinzaine d’années, l’intérêt scientifique porté à l’hypnose est proportionnel à sa notoriété renouvelée. Il n’est pas sans rappeler le nombre d’hôpitaux et de soignants qui utilisent l’hypnose au quotidien et les demandes sont exponentielles. Mais dès le XVIIIe siècle, et les deux commissions nommées par Louis XVI soldées par l’éviction du magnétisme animal de la scène médicale, hypnose et science n’ont cessé de débattre de leurs liens partagés autant que de leurs divergences.

Eloge du Hamac. Dr Patrick Bellet
Hamac. Hamac. Quel son, quel élan ! Si tu l’as lu vite, alors recommence. Plus lentement. Aspire le H et souffle ensuite. Ça y est, il oscille, il se balance. Ecoute le chant du hamac. Une sorte de battement lent et souple. Feutré, rond et grave. Une houle de terre avec les subtils arômes de l’été comme écume. Il a deux boucles, son corps est flexible, élastique, et quand l’été revient, accroché à l’ombre entre deux arbres, il s’étire et se creuse. Avec les tilleuls comme points d’amarrage, en apothéose de la sieste.
Diffusé par hypnose-ericksonienne.org

Interview du Dr Bruno Dubos. Dr Gérard Fitoussi

jeudi 10 novembre 2016 - 17:09
« « L’hypnose est un art thérapeutique, et comme dans toute démarche artistique, il faut de la créativité »  »

Bonjour Bruno ! Peux-tu nous parler de ton parcours personnel ?

Bruno Dubos : Je me suis formé à l’hypnose en 1990, durant mon internat de spécialité en psychiatrie. J’ai rapidement exercé en cabinet libéral, car il me semblait difficile de travailler dans un cadre institutionnel. La pratique de l’hypnose thérapeutique nécessitant de la souplesse dans les modalités d’intervention auprès des patients, il me semblait impossible de composer avec les contraintes de l’institution psychiatrique. Pour me former, à l’époque, il n’y avait que deux formateurs qui dispensaient cet enseignement : Jacques-Antoine Malarewicz et Jean Godin. Ils avaient animé ensemble la formation pendant quelques années. Suite à un « désaccord », ils proposèrent deux enseignements séparés. Jacques-Antoine proposait une vision « stratégique » associée à l’utilisation de l’hypnose. Cette vision me faisait écho. Nous étions seulement une douzaine de participants. J’ai eu la chance de profiter d’une formation quasi individuelle. A l’époque, il a fallu batailler dur pour pouvoir suivre cet enseignement, l’hypnose n’avait pas bonne réputation auprès des agrégés de psychiatrie. Je me rappelle d’ailleurs une anecdote qui me fait sourire aujourd’hui. Mon chef de service, psychanalyste freudien convaincu, a été ravi lorsque je lui ai annoncé mon projet de me former à la psychothérapie : « Monsieur Dubos, tous les internes devraient suivre votre exemple et se former le plus tôt possible. » Il s’est raidi lorsque je lui ai annoncé que j’allais me former à l’hypnose ericksonienne : « Cela n’est pas possible, vous ne pouvez pas vous former à des techniques de manipulation mentale... » Je suis passé à deux doigts d’un refus de validation de mon cursus d’internat. Néanmoins, et je l’en remercie, devant mon insistance il m’autorisera à faire mes voyages à Paris, j’étais définitivement perdu pour la psychanalyse. Dès mon installation en libéral, j’ai immédiatement travaillé avec l’aide de la vidéo. Ma caméra a tout de suite été un remarquable cothérapeute.
Le hasard a fait que quelques autres psychiatres et psychologues rennais, dans les mêmes années, se sont aussi formés à cet art thérapeutique. Nous avons commencé à mettre en place un système inédit à l’époque, celui des « intervisions », nous partagions nos expériences en nous « auto-supervisant ». Pendant plus de dix ans, nous nous sommes vus une fois par mois, pour visionner des vidéos de patients, et travailler sur des thèmes que nous décidions à l’avance. Tous ces amis et collègues ont grandement contribué à m’apprendre mon métier. Je leur en serai toujours reconnaissant. Mes patients ont participé bien sûr à mon apprentissage de l’hypnose.

Quelle a été ta première rencontre avec l’hypnose ?

Par hasard.
Je suis arrivé à l’hôpital psychiatrique comme interne sans aucune vocation de psychiatre. Assez rapidement, je me suis rendu compte que mes quatre années de formation allaient être longues et difficiles. L’utilisation massive des psychotropes dans la prise en charge des patients et la rigidité du cadre institutionnel ne me correspondaient pas. Je ne comprenais rien aux approches psychanalytiques bien que, très honnêtement, j’ai essayé... sans succès. La bibliothécaire connaissant mon manque de motivation, et qui devait être compatissante, m’a proposé deux livres : le premier était un petit livre de Paul Watzlawick, « Une logique de la communication », et le second celui de Jay Haley, « Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson ». Ce fut pour moi ce jour-là une révélation. Je suis petit à petit rentré dans l’univers de Palo Alto, de Milton Erickson, et par extension aux thérapies familiales de l’école de Rome et de Milan.

Quelles sont les rencontres qui t’ont marqué, inspiré ?
Les rencontres littéraires bien sûr et les rencontres humaines, qui restent à mon sens la base de la transmission du savoir, un peu comme le petit scarabée dans la série « Kung-Fu » ou Maître Yoda de « La guerre des étoiles ». (Nous avons les références que nous méritons...)
J’en citerai trois : mon maître Jacques-Antoine Malarewicz, qui m’a formé, qui a contribué à développer une « vision globale » de l’individu, qui m’a initié à la stratégie avec une grande pédagogie. Ernest Rossi qui m’a définitivement convaincu de la puissance de l’observation. Enfin mes amis et collègues de notre groupe d’intervision.


Le Docteur Bruno DUBOS est Psychiatre à Rennes. Il exerce en libéral depuis plus de vingt ans. Formé à l’hypnose ericksonienne, aux thérapies brèves, aux thérapies systémiques, il est formateur et superviseur pour divers instituts. Bruno Dubos est l’auteur de plusieurs articles et communications. Il est l’auteur d’un livre sur les troubles des conduites alimentaires

Editorial « En mouvement ». Sophie Cohen
Chères lectrices et chers lecteurs, c’est avec grand plaisir que j’ouvre le numéro 42 de notre revue « Hypnose et Thérapies Brèves ». Je profite de cet espace pour saluer le travail effectué par mes prédécesseurs et remercier Daniel Renson qui me confie la direction de la Revue.


Traiter l'insomnie. Dr Daniel Quin
Script complet d'une séance d'hypnose. L’insomnie concerne un adulte sur cinq et atteint plus sévèrement 10 % de la population de la plupart des pays étudiés. Elle est plus fréquente chez la femme et augmente avec l’âge. Le recours aux soins des insomniaques est relativement faible puisque plus d’un insomniaque sur deux n’a jamais discuté de son problème avec son médecin. 
Constellation ericksonienne au Mexique. Cecilia Fabre
Traitement de l'anorexie chez une fille de 12 ans. Cecilia Fabre, au travers de la résolution d’un cas d’anorexie, nous montre comment elle intègre les techniques inspirées des constellations familiales développées par Bert Hellinger à la psychothérapie ericksonienne. Elle se base sur ce que Teresa Robles nomme la psychothérapie ericksonienne reposant sur la Sagesse universelle.

Les soins infirmiers. Nathalie Jammot
C’est avec beaucoup de plaisir que je coordonne ce premier dossier thématique consacré à la pratique de l’hypnose en soins infirmiers, sujet choisi par Sophie Cohen. Je tiens d’ailleurs à la remercier ici pour son accueil chaleureux dans cette revue tout comme pour son aide dans l’élaboration de ce travail mené conjointement. 
La recherche en douleur chronique. Martine Quintard
Martine Quintard nous invite à poser un autre regard sur le syndrome algodystrophique avec un traitement qui intègre l’hypnose. Elle met en avant la place des émotions. Un projet de recherche innovant et porteur... Depuis 2007, nous avons développé au CHU de Toulouse la pratique de l’hypnose pour la prise en charge du syndrome douloureux régional complexe, plus connu sous son ancienne dénomination d’algodystrophie. 
La vie vivante jusqu'au bout. Ute Hohloch
Etre soignant en soins palliatifs, c’est être en permanence à l’école du Respect et de l’Humilité, du Non-Jugement et de la Non-Interprétation. C’est apprendre et comprendre les notions de « total pain ». Cicely Saunders a la première décrit le caractère multidimensionnel de la douleur du mourant. Cette « souffrance totale » en fin de vie est à la fois physique, psychologique, sociale et spirituelle. 
Soins de support, la pratique d’un infirmier en cancérologie. Rémi Etienne
L’annonce d’un cancer provoque chez la personne un important bouleversement existentiel. La pratique de Rémi en qualité d’infirmier lui permet d’accompagner les changements les plus accessibles aux patients. Les récents progrès en matière diagnostique et thérapeutique contribuent à améliorer le pronostic des malades. A ce jour, chaque projet de soins proposé au patient est personnalisé et dépendant de nombreux paramètres, tels que : le type histologique de la tumeur, sa localisation, sa vitesse d’évolution, son extension à d’autres organes, la présence de comorbidités associées…

De la bienveillance au "prendre soin": Erickson encore et toujours. Janine Carpentier 
La réflexion autour de sa posture professionnelle a amené Janine à développer un « savoir-être » infirmier. Elle nous transmet ici tout le respect et l’humanité avec lesquels elle accompagne les patients en gériatrie. Infirmière expérimentée et déjà en fin de carrière, j’exerce en gériatrie depuis vingt-cinq ans. Après un DU de psycho-gérontologie, je me suis sensibilisée au toucher relationnel puis j’ai poursuivi par une formation en hypnose ericksonienne et thérapies brèves à Brive-la-Gaillarde au sein de l’association ACTIIF.
Une laverie communautaire. Nathalie de Marville
Raconter des histoires, se poser dans un bois sur une couverture, découvrir de nouvelles possibilités... Ou comment ma pratique professionnelle s’est transformée. A l’image d’une laverie communautaire avec l’extension des programmes adaptés à chaque type de linge : froissé, décoloré, déchiré... Il arrive un moment dans sa carrière où le travail devient une routine. Le savoir est installé et c’est un peu comme si l’on n’avançait plus. Vient alors un désir, une envie de cultiver un nouveau jardin, ensemencer de nouvelles graines, pour les faire naître et redonner du sens à une vie professionnelle.
L'Hypnose: confort patient-thérapeute. Audrey Weidmann
La pratique de l’hypnose dans les soins infirmiers à domicile est un complément très apprécié par les patients – qui se retrouvent sous hypnose conversationnelle sans le savoir ou en séance formelle – autant que par le soignant qui y voit aussi, je vous l’avoue, ses avantages. 
Elle nous permet de faire des pansements sans aucune difficulté, de faire une injection sans créer un inconfort nuisible pour celles à venir, d’enlever des fils à un enfant sans passer sa matinée à trouver un moyen de le calmer, donc de façon générale de gagner un temps précieux. Mais elle nous sert également dans un contexte bien plus particulier, celui du patient chronique qui vit seul avec ses angoisses. 

Une écoute attentive et du sourire. Nathalie Saliou 
L’hypnose a changé mon regard sur ma vie, ma famille et mon entourage. L’art d’utiliser l’imaginaire créatif du patient est extraordinaire, riche en émotions et avec des résultats rapides : cicatrisation, confort, sérénité…Infirmière à domicile depuis vingt-six ans, j’ai toujours été sensibilisée à la relation soignant-soigné.
Hypnose en anesthésie : une aventure extraordinaire. Sylvie Girardot-Despiau
En tant qu’infirmière anesthésiste, je travaille au sein d’une équipe d’hypno-anesthésie en chirurgie à Lyon. Voici un témoignage du vécu d’un accompagnement en hypno-anesthésie pédiatrique au bloc. Pour découvrir mon travail, je vous emmène vivre l’expérience de Roman. Au fur et à mesure de l’intervention, vous trouverez les explications de la mise en place du processus hypnotique. Voici son aventure.

« Docteur, j’ai un problème… » Dr Stefano Colombo
Il ne manquait plus que ça ! Les patients ont vraiment du culot. Vous dites : « toupet » ?
Oh ! ne commencez pas à me poser des problèmes ! Le mot « culot » ne vous convient pas ? Remplacez-le par toupet, témérité, impertinence, hardiesse. Le mot a beau changer, la substance reste la même. Nous médecins, nous avons déjà assez de problèmes : horaires sans fin, vie de famille virtuelle, urgences jour et nuit, responsabilités sans frontières, pressions des pharmaceutiques, des politiciens, des assurances.
La technique Alexander. Dina Roberts 
Rencontre avec Matthieu Gaudeau et la technique Alexander. Dina : Qu’est-ce que la technique Alexander ? Matthieu : Elle appartient au champ des techniques d’éducation somatique et s’appuie sur un travail de l’équilibre postural. Elle considère l’être humain dans sa globalité, affirmant que l’ensemble corps-pensée-émotion constitue un tout indissociable, en perpétuelle interaction. Elle propose de faire l’expérience de la cohérence d’un geste équilibré et coordonné, condition nécessaire au relâchement des tensions et à l’apprentissage d’un équilibre général. 
Les cartes postales de mon enfance volent dans le ciel. Sophie Cohen
Les cartes postales de mon enfance volent dans le ciel. Je ne les vois pas... Je les entends. 
Les entendez-vous ? Attirée par le son... ma main veut tenir... tout mon être se tourne avec curiosité... Ma peau écoute, mon cœur cherche... Mes oreilles s’ouvrent... D’où vient le son... Le son des cartes postales de mon enfance. Je suis là et mes petites mains tiennent cette merveille... Une carte avec un petit caneton... Jaune, duveteux, avec un bec rosé... Il semble me regarder.

Pas de côté hors temps et à travers le temps. Christine Guilloux
Tenus en haleine, depuis le numéro de mai, pour visiter l’un des ouvrages de Nuccio Ordine, l’un des meilleurs spécialistes mondiaux de la Renaissance et de l’œuvre du philosophe Giordano Bruno : « L’utilité de l’inutile : Un manifeste ». Parcours du combattant pour accéder à ce petit ouvrage, d’abord indisponible chez le libraire, parallèlement subtilisé par un lecteur rapiat à la bibliothèque municipale. Il se fait désirer, ce manifeste. 

8e Colloque de l’AFEHM à Paris : « Hypnose et phobies ». Dr Grégory Tosti
Le samedi  21 mai 2016 s’est tenu à Paris le 8e Congrès de l’AFEHM, ayant pour thème cette année « Hypnose et phobies ». Tout au long de cette journée, le Dr Jean-Marc Benhaiem et son équipe ont mis en évidence que l’on retrouve dans le traitement de la phobie par l’hypnose l’essence même de ce qui constitue la thérapie par l’hypnose, à savoir la fin de la mise à distance du patient avec sa peur, la réintégration de tous les éléments de sa vie pour, à nouveau, appartenir à un tout, se fondre à nouveau dans cette « circulation universelle » que décrit si bien Hegel.

Interview du Dr Bruno Dubos. Dr Gérard Fitoussi
« L’hypnose est un art thérapeutique, et comme dans toute démarche artistique, il faut de la créativité ». Bonjour Bruno ! Peux-tu nous parler de ton parcours personnel ? Bruno Dubos : Je me suis formé à l’hypnose en 1990, durant mon internat de spécialité en psychiatrie. J’ai rapidement exercé en cabinet libéral, car il me semblait difficile de travailler dans un cadre institutionnel. La pratique de l’hypnose thérapeutique nécessitant de la souplesse dans les modalités d’intervention auprès des patients, il me semblait impossible de composer avec les contraintes de l’institution psychiatrique. 
Hypnose, Science et Recherche. Dr Adrian Chaboche 
Cette rubrique naît de la volonté de nous (in)former en partageant les découvertes et travaux récents ou remarquables. Depuis une quinzaine d’années, l’intérêt scientifique porté à l’hypnose est proportionnel à sa notoriété renouvelée. Il n’est pas sans rappeler le nombre d’hôpitaux et de soignants qui utilisent l’hypnose au quotidien et les demandes sont exponentielles. Mais dès le XVIIIe siècle, et les deux commissions nommées par Louis XVI soldées par l’éviction du magnétisme animal de la scène médicale, hypnose et science n’ont cessé de débattre de leurs liens partagés autant que de leurs divergences.

Eloge du Hamac. Dr Patrick Bellet
Hamac. Hamac. Quel son, quel élan ! Si tu l’as lu vite, alors recommence. Plus lentement. Aspire le H et souffle ensuite. Ça y est, il oscille, il se balance. Ecoute le chant du hamac. Une sorte de battement lent et souple. Feutré, rond et grave. Une houle de terre avec les subtils arômes de l’été comme écume. Il a deux boucles, son corps est flexible, élastique, et quand l’été revient, accroché à l’ombre entre deux arbres, il s’étire et se creuse. Avec les tilleuls comme points d’amarrage, en apothéose de la sieste.
Diffusé par hypnose-ericksonienne.org