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Conséquences d’un Si. Cynthia DRICI

CYNTHIA DRICI - Psychologue-hypnothérapeute en cabinet privé à Eaubonne dans le Val-d'Oise

 

Il y a quelques mois, au cours d’un dîner, un ami me lance : « Et toi ? Tu ne viendrais pas sauter en parachute avec moi ? » (Sachant très bien qu’il s’adressait à la personne pour laquelle, d’ordinaire, un dos d’âne pris sans trop de précaution créait déjà des sensations vertigineuses!)

Sans que je m’y attende, ma bouche articule un mot franc et intelligible : « Si. »

A la surprise générale, ainsi qu’à la mienne, je dois l’avouer, je réponds par l’affirmative à cette demande aussi inattendue, que définitive. C’est désormais gravé dans l’esprit de tous, nous allons sauter. Comme une promesse à laquelle on ne peut plus se soustraire, « the défi ».

Très motivée, je me renseigne rapidement en vue de trouver l’aérodrome qui me donnera des ailes pour une journée. Afin d’éviter de flirter avec un Paris-New York en approche, je me lance en quête d’un club de parachutisme hors Ile-de-France, et c’est tout naturellement que je découvre le site de Péronne. Les réseaux sociaux aidant, je fouille, je fouine, et résolument cela me semble le lieu idéal pour ce baptême en tandem (oui, on ne saute pas seul, mais avec un moniteur, il ne faut pas nonplus pousser). La prise de contact est rapide, la réponse est professionnelle et rassurante, les impératifs sont détaillés.

Chute libre d’accord, mais le centre précise bien qu’aucune liberté n’est prise avec la sécurité. C’est donc une fois mon certificat médical en poche que le rendezvous est fixé au 25 février. Mais finalement, le froid glaçant, provisoirement, mon courage, de virus en prétextes et d’excuses en reports, le printemps pointe le bout de son nez et nous n’avons toujours pas sauté. Cela ne peut plus durer !

Et il faut dire que cela prend beaucoup d’énergie d’anticiper le film de ce saut, encore et encore, avec chaque fois les mêmes appréhensions : « Vais-je réussir à sauter ? » « Vais-je m’évanouir ? » Comment vais-je faire pour respirer ? » « Et si je percutais un oiseau ? » (Oui je l’accorde, celle-là est assez farfelue). Mon ami est prévenu, j’y vais dans une semaine.

Le grand jour est arrivé, et pour accroître ma motivation (et m’ôter toute idée d’évoquer un contretemps lié à la météo), un beau soleil trône au sommet d’un magnifique ciel bleu, digne des plus belles journées d’été. Il est midi, mon mari estaux commandes, direction la boulangerie pour l’ultime sandwich, car c’est un des impératifs : pas de déjeuner, pas de saut !

Après 150 km de route, voici Péronne !

Rendez-vous à 14 heures il est 14 h 01, il ne faut pas traîner. A ma grande surprise, le parking est bien chargé, la pression monte, il y a du monde. Nous rentrons au hasard dans un petit préfabriqué s’avérant être la cafétéria. Je balbutie à deux hommes en combinaison (ça y est, nous sommes dans le vif du sujet !) que « j’ai rendezvous à 14 heures ». Ils m’indiquent le bâtiment d’à côté, direction le secrétariat pour signer quelques papiers et c’est après que les choses sérieuses commencent.

« Tout droit jusqu’au hangar… »

Alors, c’est là… Une étendue verte à perte de vue et un hangar posé dessus, où nous retrouvons la personne avec laquelle j’avais échangé par mail, qui m’indique que je serai bientôt appelée au micro et qu’il me faudra rejoindre l’« avionnage » (une petite guérite) et que c’est à cet instant que me seront distillés les précieux conseils, la formation express qui fera de moi un « parachutiste » pendant quinze longues minutes. Je suis stressée et visiblement cela se voit. Chaque personne que je croise m’adresse un large sourire, ou une parole réconfortante. Je m’apprête à tutoyer les nuages et je suis de plus en plus euphorique. Je tremble lorsque j’entends des noms au micro ; pourtant il n’y pas de doute, ce n’est pas moi que l’on appelle.

Un avion se pose (« Vous êtes certains qu’il vole ce tout petit engin ? »). Des parachutistes embarquent, les choses deviennent concrètes, la peur se fait grandissante. Tout le monde rit, discute, semble apaisé. Une impression très agréable d’avoir atterri dans une bulle hors du temps, bienveillante et sereine. Je fais les cent pas et me trouve tour à tour face à la drop zone (oui, j’en profite pour apprendre le vocabulaire technique) sur des canapés aussi imposants que confortables, puis dos à tout ce spectacle, pour me concentrer un peu.

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Corine Pelluchon, Les nourritures. Philosophie du corps politique, L’Ordre philosophique, Seuil, Paris, 2015. La lecture de ce livre est un délice. Et ce pour plusieurs raisons : d’abord les propos de Corine Pelluchon, professeure de philosophie à l’université de Franche-Comté, spécialiste en éthique médicale et biomédicale, sont pleinement orientés vers la vie. Ayant déjà travaillé sur la vulnérabilité (L’autonomie brisée. Bioéthique et philosophie, 2009 ; La raison du sensible. Entretiens autour de la bioéthique, 2009.



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