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« Au fait, j’y pense, j’ai oublié d’vous dire… » Dr Stefano Colombo

Frédéric venait de poser son téléphone.
Après d’innombrables hésitations, il avait pris la décision de consulter un thérapeute.
Cela faisait un bon moment que son épouse insistait pour qu’« il voit quelqu’un ».
« Ça te fera du bien, précisait-elle, on ne peut pas continuer ainsi. »
Il en avait conscience. Il partageait l’avis de sa femme tout en se questionnant sur l’efficacité d’une telle démarche.
 
Le rendez-vous était fixé treize jours exactement après le téléphone.
Frédéric n’était pas fort en mathématiques, pourtant ces treize jours commençaient à se multiplier par deux, par cinq, par dix, ils se mirent au carré. L’attente devenait exponentielle.
N’avait-il rien à dire ? Les problèmes ne manquaient pas : le couple vacillant, les enfants dans l’âge ingrat, le travail stressant, la situation financière en équilibre précaire, les maux de tête et les douleurs au dos, le sommeil perturbé, l’appétit oscillant entre jeûner et s’empiffrer, l’alcool faisant une concurrence déloyale à l’eau.
 
Non, les problèmes ne manquaient pas. Mais était-il seul responsable de tout ce malheur ? L’entourage en était convaincu. Des beaux-parents à la vieille tante, de son frère au voisin de palier, de son chef de bureau à la concierge.
La prise de rendez-vous faisait écho à ces pressions. Une manière comme une autre d’avoir la paix. Ce fut au quatrième jour qu’un événement exceptionnel se produisit. Une histoire incroyable, à vous couper le souffle. La voici.
 
- Au fait, j’y pense, j’ai oublié d’vous dire que le quatrième jour peut être un mercredi alors que beaucoup situent le quatrième jour un jeudi. La quarta-feira est un mercredi au Portugal.  - Pourquoi le Portugal ?
- Parce que j’y suis. Tout simplement.
 
Frédéric sortit de chez lui, s’immergeant dans un épais brouillard. Il ne savait pas que...
- Au fait, j’y pense, j’ai oublié d’vous dire qu’il y a aussi une autre particularité au Portugal, c’est l’heure : 11 heures à Paris, Zurich ou Rome ? C’est 10 heures à Lisbonne. Il faut donc regarder de près les horaires d’avions ou de trains, quitte à rater un départ et devoir renoncer à un voyage.
 
Le quatrième jour fut donc, pour Frédéric, le jour de l’événement exceptionnel. A l’encontre de toutes ses habitudes, il se rendit à la gare avec la plus ferme intention d’acheter un billet de train.
- Au fait, j’y pense, j’ai oublié d’vous dire que les trains, au Portugal, ont un écartement large comme en Espagne, de 1 668 mm pour l’exactitude, alors que la majorité des pays européens ont un écartement dit standard de 1 435 mm.
Frédéric, sans savoir où aller, désirait goûter à la vitesse d’un TGV.
- Au fait, j’y pense, j’ai oublié d’vous dire que, pour les TGV, l’Espagne a opté pour l’écartement standard.
Frédéric avait un faible pour la vitesse.
- Au fait, j’y pense, j’ai oublié d’vous dire qu’à propos d’écartement, ce dernier varie selon qu’il s'agit de trains ou de trams, comme en Suisse. Ainsi les trams sont plus minces à Berne qu’à Lille.
 
Revenons à Frédéric. Arrivé à la gare, il descendit du taxi. Sa main plongea dans la poche gauche du pantalon... ce fut un choc, le porte-monnaie n’y était pas !
Cela me rappelle une fois que j’étais à Lille et, me trouvant sans monnaie, j’ai tout simplement resquillé.
 
- Au fait, j’y pense, j’ai oublié d’vous dire que Lille me fait penser à la première partie du nom « Lisbonne ».
L’histoire de ce nom traverse bien des siècles. Imaginez : Olissipo pour les Phéniciens, Ulishbona pour les Wisigoths, al-Ushbuna pour les Maures, puis Lisipona, Lisibona, Lisbona... et enfin Lisboa.
Ce n’est pas à Lisboa que Frédéric rêvait d’aller. Son rêve était...
- Au fait, j’y pense, j’ai oublié d’vous dire que les rêves occupaient une place déterminante dans la vie nocturne de Frédéric. Et non seulement dans sa vie nocturne. La journée n’avait d’autre objectif que faire écho aux rêves de la nuit.

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Des étoiles pour nous guider. Sophie Cohen

Chères lectrices et chers lecteurs, Comme vous le savez certainement, le monde de l’hypnose vient de perdre l’une de ses grandes figures en la personne de François Roustang. Il a été l’un des grands « penseurs » de l’hypnose. Il a en particulier cherché à définir et comprendre ce qui se déroulait dans une rencontre et lors d’une séance. Nous lirons l’hommage de Jean-Marc Benhaiem, son ami et disciple.

 

 

Se réinventer grâce à l’hypnose. Nicole Prieur

Une nécessité pour notre XXIe siècle. Notre siècle génère de nouvelles souffrances liées aux progrès mêmes qu’il a mis en œuvre. L’accélération de notre époque impose un rapport au temps très paradoxal, nous n’avons jamais eu autant de temps à notre disposition (davantage de temps de loisirs, plus grande espérance de vie) et pourtant nous en manquons sans cesse au regard de toutes les tâches à faire en un temps donné. 

 

 

Les suggestions directes. Dr Dominique Megglé

Qu’en pense le Docteur Erickson ? Dominique Megglé a fait un vrai travail de recherches dans tous les livres et articles d’Erickson. Il développe sa pensée qu’il avait déjà en partie évoquée dans le numéro 30 de notre Revue. Des échanges avec des spécialistes ont invité Dominique Megglé à réaliser davantage de recherches. 

 

 





Anorexie/boulimie : véritable enjeu de santé publique. Dr Bruno Dubos

Les données de l’Inserm s’accordent sur deux constats : 0,5 % des jeunes filles dans leur dix-huitième année, et seulement 0,03 % des garçons, présentent des symptômes évocateurs d’anorexie. Le deuxième aspect est que ces troubles évoluent vers la chronicité. Ces problèmes représentent un véritable défi pour les thérapeutes et donc pour les hypnothérapeutes que nous sommes. Lorsqu’il m’a été confié la responsabilité de diriger ce numéro thématique sur l’anorexie et la boulimie, le titre m’est venu spontanément : « Un nouveau regard ».

 

 





Anorexie : du symptôme aux processus. Dr Bruno Dubos

L’anorexie et la boulimie sont un véritable défi pour les thérapeutes. Mais plutôt que de parler d’anorexie ou de boulimie, il convient de prendre en compte qu’il s’agit de patientes, adolescentes ou moins jeunes qui viennent dans nos cabinets de consultation avec ce symptôme. La réputation de ces problèmes est particulière, renforcée il est vrai par nos expériences en thérapie avec ces patientes.

 

 

 

 

La réassociation dans les troubles alimentaires. Sophie Cohen

Le thème de la réassociation est souvent peu traité. On parle et on écrit en effet volontiers de la dissociation en hypnose. La dissociation est utile dans nombre de situations où, par exemple, des soins génèrent de la douleur. Ainsi l’on enseigne le savoir-accompagner le patient dans un état dissociatif. Dans un ensemble de pathologies, savoir si une personne est dissociée ou associée n’est pas pris en compte. Alors que la dissociation spontanée peut représenter une protection naturelle dans les premiers temps d’une situation, elle devient pathologique si elle s’inscrit comme une façon d’être dans la durée.

 

 

 

Thérapie du couple parental. Dr Patrice CHARBONNEL

L’anorexie mentale est une pathologie essentiellement féminine qui se révèle le plus souvent juste après la puberté. Ce trouble des conduites alimentaires associe des symptômes de comportements nutritionnels (privation alimentaire stricte et volontaire pendant plusieurs mois ou années, éviction de certains aliments, phases boulimiques) et somatiques (aménorrhée, arrêt de la croissance chez l’adolescente) à des symptômes psychologiques (perception déformée de son corps et en particulier de sa maigreur, peur de grossir, besoin de contrôle sur le corps, obsessions alimentaires, hyperactivité, surinvestissement intellectuel, régression en âge émotionnel).

 

 

« Au fait, j’y pense, j’ai oublié d’vous dire… » Dr Stefano Colombo

Frédéric venait de poser son téléphone. Après d’innombrables hésitations, il avait pris la décision de consulter un thérapeute. Cela faisait un bon moment que son épouse insistait pour qu’« il voit quelqu’un ». « Ça te fera du bien, précisait-elle, on ne peut pas continuer ainsi. » Il en avait conscience. Il partageait l’avis de sa femme tout en se questionnant sur l’efficacité d’une telle démarche.

 

 


Des étoiles pour guide. Sophie Cohen

Des étoiles... des stars... en anglais... des personnes... des personnes de passage avec une présence merveilleuse... comme ça, une chaleur offerte à ce moment-là...
Au bon moment... Des personnes comme de petites ou de grandes étoiles... Etoiles qui clignotent dans le ciel dont la lumière éclaire les larmes de joie qui ruissellent sur nos visages... Qui n’a pas pleuré sous un ciel étoilé ? Qui ne s’est pas ému devant la fragilité de nos vies ? 

 

 



Les champs du possible. Dr Adrian Chaboche 

Chers lecteurs, continuons de nous interroger sur la façon dont l’hypnose amène à réinstaller un mouvement dans la vie du patient. Et enrichissons-nous de prolonger la réflexion : n’appartient-il pas déjà au thérapeute d’être dans son mouvement et s’autoriser à ne plus savoir pour entrer dans la créativité thérapeutique ? Autant que deux danseurs, le thérapeute serait alors celui qui ouvre le premier pas à l’aide d’une suggestion, autant que d’une main il invite son partenaire à s’avancer. 

 

 



Pédagogie Kaddouch. Dr Dina Roberts

Ce « pas de côté » vers la pédagogie musicale est né de ma rencontre avec Julien Laroche lors d’une conférence sur le thème « Jouer ensemble », organisée par des danseurs. J’ai été immédiatement tentée de l’inviter ici quand je l’ai entendu se définir comme « chercheur indiscipliné » plutôt qu’interdisciplinaire. Sa démarche même est faite de pas de côté : il part du phénomène qu’il étudie et convoque les disciplines qui permettent de l’éclairer. Ses études sur les interactions sociales l’ont amené à travailler sur l’improvisation musicale dans la méthode Kaddouch.

 

 



Entretien avec le Docteur Jeffrey Zeig. Dr Gérard Fitoussi

Bonjour Docteur Zeig, vous avez une énorme influence dans le champ de l’hypnose ericksonienne, pouvez-vous nous donner des précisions sur votre cheminement personnel ? Jeffrey Zeig : J’ai commencé à étudier l’hypnose à l’université de San Francisco au moment de mon master de psychologie clinique. Un des psychiatres présents, qui était mon superviseur, m’a fait connaître l’hypnose et m’a indiqué qu’une des meilleures façons de la découvrir était de l’expérimenter moi-même.

 

 



Livres en bouche. Dr Grégory Lambrette

Compte-rendu. Voilà qu’à l’occasion de la rentrée littéraire de septembre 2015 est arrivé sur les étagères de nos librairies non pas un, mais deux ouvrages signés de la main de Giorgio Nardone, l’une des figures de proue les plus actives et créatives du modèle stratégique en psychothérapie. On le sait, Nardone cultive depuis plusieurs décennies maintenant un art du changement consistant à trouver des solutions simples aux problèmes insolubles comme il le qualifie lui-même.

 




Colloque « L’œuvre de François Roustang ». Dr Grégory Tosti

Le 23 novembre 2016, François Roustang s’est éteint à l’âge de 93 ans. Psychanalyste dissident, philosophe, hypnothérapeute, écrivain, cet ancien jésuite a bouleversé la pratique et la compréhension de l’hypnose et a créé en 1996, avec le Dr Jean-Marc Benhaiem, l’Association française pour l’étude de l’hypnose médicale (AFEHM) ; association qui donna le jour au premier Diplôme universitaire d’hypnose médicale en 2001.

 

 



Recherches: les applications. Dr Lauriane Bordenave et Dr Adrian Chaboche

La neurochirurgie éveillée est un mythe qu’on agite souvent lorsqu’on parle d’hypnose au bloc opératoire. Sauf qu’il s’agit d’une réalité. La preuve avec cette belle série française. Les glioblastomes de bas grade sont des tumeurs cérébrales malignes infiltrantes, et le défi de la chirurgie est de trouver le meilleur compromis entre l’exérèse la plus complète possible et la préservation des tissus sains adjacents. Pour ce faire, certaines équipes réalisent des craniotomies sur des patients éveillés.

 

 



Hommage à François Roustang. Dr Jean-Marc Benhaiem

Je m’exprime au nom de tous les soignants, médecins, psychologues si nombreux à avoir lu, entendu, aimé et intégré l’œuvre de François Roustang dans leur pratique. Je parle aussi, bien entendu, en mon nom propre. François a bien voulu s’associer à mon projet de formation. Nous avons ainsi travaillé ensemble pendant vingt années, côte à côte, dans notre association d’enseignement de l’hypnose médicale et au sein de l’Université Paris VI à la Pitié-Salpêtrière.