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Tout cela n’a ni queue ni tête. Dr Stefano Colombo

Dr Stefano ColomboDr Stefano Colombo

Médecin psychiatre, psychologue diplômé consultant à la Faculté de Médecine de Genève (enseignement, formation  et supervision), Hypnothérapeute.
Enseigne l’hypnose éricksonienne et la thérapie cognitive en France, Belgique, Suisse et Italie. Conférencier.







Il pleut. Il devrait neiger. Il ne neige pas, il pleut. Donc, il ne fait pas beau vu qu’il pleut et il ne neige pas.

La météo est le contenu le plus rapidement disponible quand on ne sait pas quoi dire.

Quand on ne sait pas quoi dire, on ne dit rien. Et même si l’on parle, on ne dit rien vu qu’on ne sait pas quoi dire. Alors ? Va-t-il pleuvoir ces prochains jours ou va-t-il neiger ? Et s’il faisait beau ?

Ces questions sont dites avec la certitude que la personne d’en face les partage. Non seulement, mais aussi qu’elle attend la même issue, le même temps !

Juste un peu égocentrique. Est-ce que la vieille dame, qui vient de se faire une PTH et boite passablement, souhaite une journée de neige ? J’en doute, sauf à vouloir de suite l’opération de l’autre hanche vu le succès de la première intervention. PTH ? Personne Très Hyperactive, non, non ; Personne Tronquée Hautement ? Oh ! vous êtes sinistre ! Tout simplement : Prothèse Totale de Hanche. C’est de la carrosserie appliquée à l’être humain avec un succès non négligeable.

Personne Tronquée rappelle davantage une visite dans un musée de sculptures grecques ou romaines : la « Victoire de Samothrace », ou déesse Athéna Niké, qui se retrouve sans tête après avoir trop penché de la proue du navire, Alexandre le Grand qui, sans bras gauche, ne peut plus retenir la feuille quand il signe de la droite, la brave « Vénus de Milo », ou Aphrodite de Mélos, sans ses bras qui ne peut pas relever son linge, ou encore ce « Torse masculin » au Louvre qui remplit non seulement le titre du « Quiproquo » actuel, mais bien plus par tout ce qui lui manque. Il y a aussi d’étonnants acrobates comme l’« Aphrodite Braschi », de la Glyptothèque de Munich, qui réussit à tenir sa tunique tout en ayant les mains coupées. Et encore : l’« Aurige de Delphes » (Musée archéologique de Delphes) qui, ayant perdu son bras gauche, il ne lui reste que tenir les nouilles dans la main droite.

N’empêche, l’expression « ni queue ni tête » sortirait-elle d’un musée ?
Ou d’une boîte de sardines comme l’indique, avec humour, un paragraphe de expressio. fr : « Il y a une expérience très simple à tenter. Ouvrez une boîte de sardines. Vous constatez qu’elles sont là, allongées l’une à côté de l’autre, sans queue ni tête. Prenez en une à part et demandez-lui de vous raconter une histoire. Sans surprise, pluridisce qui ne fait que confirmer l’expression, vous ne comprendrez rien à ce qu’elle va vous raconter. » Alors, d’où vient-elle ?

Les dictionnaires vous donnent aussitôt le sens : « N’avoir aucun sens. » Là, ça commence à se corser : vous demandez le sens d’une phrase et la réponse est « absence de sens ». Mais ça rime à rien ! exclamez-vous. Vous feriez mieux de désenchanter rapidement. « Cela ne rime à rien » est synonyme de « n’avoir ni queue ni tête ». Donc, vous concluez, en parfait latiniste drillé à la logique pure : « ni queue ni tête » est une phrase qui signifie que cela n’a pas de sens, et c’est ce sens, qui est absent, qui va vous faire dire que ça ne rime à rien tout en sachant que rien ne peut pas rimer vu qu’il n’existe pas et ne peut donc pas avoir le sens de quelque chose qui n’en a pas, sauf si l’absence de sens pouvait prendre le sens d’une entité contraire au rien sans être le tout, car comment le tout pourrait-il être le contraire de rien si le rien est, par définition, l’absence ou le vide ?

Bien que « absence » dérive de « abs », c.à.d. « loin de », et de « ens » pour le participe du verbe latin « esse », « être » (littre.org), nous prenons la liberté de poser la question ainsi : et si « absence » était la réunion de « ab » et « sens », loin du sens ? Seulement voilà : absence est synonyme de « ne pas être », il va donc être difficile d’être loin du « ne pas être ».Mets-toi là ! Je me mets à tes côtés. Mais comment me mettre loin de celui qui n’est pas là ? Avouons que le mot « présence » est bien plus cohérent : « pré - sent » – proche du sens ! L’on voit mal comment on peut être un peu moins proche du sens, voire être loin du sens pour argumenter que quelque chose n’a pas de sens. Cela n’a ni queue ni tête. Et si l’on invertissait les mots ? Incroyable : les Italiens disent « né testa né coda », oui, en Italie la tête vient avant ; les Allemands, « weder Hand noch Fuss », faut avouer que cela fait estropié : manquet- il une main et un pied ou manque-t-il deux mains et deux pieds ? A première vue, et même à la deuxième, ce n’est pas pareil. Les Portugais sont prudes : « sem pé nem cabeça », n’avoir ni pied ni tête », comme chez les Espagnols : « no tener ni pies ni cabeza ». Hélas, avec tant de pieds coupés, nous n’allons pas avancer.

Si les Anglais reviennent à l’anatomie de départ, ce n’est que pour semer encore davantage de confusion : « unable to make head or tail of… », qui signifie : incapable de distinguer la tête de la queue ! Il ne nous reste que chercher loin, en Asie par exemple, ou les Cantonnais disent : « … » (je ne veux pas faire des fautes de prononciation), la traduction signifie : « sans distinguer la tête du cul » (reverso.net). On se demande à quoi bon cela sert d’étudier l’anatomie si pour dire l’absence de sens il faut mettre les différentes parties anatomiques de l’humain ou de l’animal sens dessus dessous tout en les coupant. Reprenons : nous voulons exprimer que quelque chose n’a pas de sens. Nous prenons un corps entier et nous commençons à le « déglobaliser », le mettre en morceaux. Pas contents de la déconstruction, nous prenons l’une ou l’autre partie, avec des critères qui m’échappent complètement, et, cerise sur le gâteau, nous les nions, nous faisons du « ni-ni ».
L’absurde est que nous ne gardons même pas ce qui reste. Les musées sont plus conservateurs, heureusement…..   

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Une page se tourne... Edito du Dr Garden-Brèche

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Double lien thérapeutique et résistance. Dr Milton Erickson 

Roxanna nous a ouvert les pages de ce premier numéro de l’année. Nul autre que son père Milton ne pouvait en conclure les articles. Il nous démontre en pratique comment l’utilisation des résistances chez cet enfant va l’accompagner vers le succès. Il fallait oser…

 

 

 

 

Hypnose, Paradoxe Non-Vouloir. Drs Bouaziz et Gaudin

L’un des apprentissages les plus difficiles du soignant est d’accepter de ne pas avoir réponse à tout, pour tous ses patients. Accepter de ne pas toujours chercher à changer l’autre pour le laisser libre d’évoluer par lui-même. Une leçon d’humilité.

 

 

Humaniser, Réhumaniser le soin. Christine Guilloux 

Depuis l’aube de l’humanité, le soin nous accompagne. Sa perception par le patient, le ressenti, sont empreints de son rapport à la science, la technologie. Qu’en est-il de la relation ?

 

 

 

 

Enfants hyperactifs et Hypnose Ericksonienne. Dr Jean-François Marquet 

Dans ce remarquable article, Jean-François Marquet, pédopsychiatre et praticien en hypnose, nous démontre que les étiquettes liées à la nosographie et qui collent aux patients sont souvent délétères. Il vous révèle tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l’hyperactivité de l’enfant et aussi quelques-uns de ses secrets thérapeutiques.  Un voyage mouvementé..

 

 

 

« Qui était mon père Milton Erickson ? ». Roxanna Erickson 

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En coulisse avec nous… Dr Garden-Brèche 

Si notre conception du temps en thérapie, telle que nous l’exposons lors de nos séminaires*, veut que passé, présent et futur coexistent en permanence, alors tout devient possible. Boire aux racines du temps écoulé pour le (re)-vivre autrement et dessiner un présent initiateur de nouvelles graines du futur. Elles germeront pour éclore en des instants créatifs et intuitifs. Ainsi fut construit ce premier numéro de l’année, dans l’urgence et la passion, autour de l’équipe naissante présentée dans l’édito.