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Quiprocquo, Malentendu et Incommunicabilité - 29 Dr Stefano COLOMBO

Dr ColomboQUIPROQUO, MALENTENDU ET INCOMMUNICABILITÉ
« Trop bien ! » Dr Stefano COLOMBO

Deux mots qui sont déjà trop pour moi. J’avais déjà de la peine avec le bien et le mal, mais là ç’en est trop.

Regardons de plus près et commençons par la deuxième partie, le bien. Je peux dire que j’ai du mal avec le bien alors que la langue française a du mal à me laisser dire que j’ai du bien avec le mal.

C’est comme si je pouvais faire le bien un peu plus mal mais pas le mal un peu plus bien ou, si vous voulez, c’est comme si je pouvais faire le bien un peu moins bien mais pas le mal un peu moins mal.

Vous conviendrez que nous ne pouvons pas dire mieux.

Quand, en plus, vous apprenez que le mieux est l’ennemi du bien vous ne savez plus comment vous situer par rapport au mal. Si le mieux est l’ennemi du bien, puisje dire que le pire est l’ami du mal ?

À première vue, rien ne l’empêche, sauf que si le pire est l’ami du mal cela signifie que le pire est un bien pour le mal ce qui rend contradictoire l’affirmation précédente car le bien ne peut pas être pire que le bien lui-même et, encore moins, être le mieux pour le mal qui, à son tour, se retrouverait pire que le mal lui-même

Seulement voilà : il n’y a pas pire que le mal, si non le mal ne serait pas assez bien à l’exception d’être mieux que le mal ce qui revient à dire qu’il est pire.

Je vous avoue avoir du mal à bien m’en sortir de cet embrouillamini. Je sais bien, il n’y a pas de mal à ne pas bien s’en sortir. Il serait toutefois souhaitable de s’en sortir mieux sans mal. Tiens ! « S’en sortir mieux sans mal » : voilà une phrase qui passe sans mal la rampe de la linguistique. Et si je disais : « S’en sortir pire sans bien » ?

Vous en perdriez votre latin, encore faut-il que vous l’ayez eu, une fois, votre latin. Encore une expression qui n’attend que le temps qui passe jusqu’au jour où l’on dira : « en perdre son français », avec la nuance que cette phrase ne sera pas en français autrement vous ne l’auriez pas encore perdu. Il est passionnant que, pour trouver une nouvelle expression, il faut avoir perdu toute une langue.

Le doute m’envahit : et si la langue utilisée, une fois perdue la langue française, n’avait pas cette expression ? Bon ! Cela serait un moindre mal. Un moindre mal ? Et pourquoi pas un plus grand bien, voire un bien supérieur ?

Je m’aperçois que ce n’est pas bien de jouer avec les synonymes et les antonymes. Il ne serait pas plus mal de simplifier l’expression de la langue. Un exemple ? « Il ne serait pas plus mal » devient : « il serait mieux », ce qui n’est pas mal du tout pour une meilleure compréhension.

En d’autres mots : c’est très bien de dire il serait mieux plutôt que d’insister sur le fait qu’il n’est pas mal du tout de dire qu’il ne serait pas si mal. Il y a mieux ! C’est de ne pas s’immiscer dans une querelle de mots.

Hélas, nous ne pouvons pas oublier l’affirmation du début qui dit que le mieux est l’ennemi du bien. Restons donc dans la mêlée et passons au premier mot de notre phrase : « trop ». Trop signifie qu’il y en a plus qu’assez, que la mesure est dépassée. Mais quelle mesure ? Et qui décide quand c’est assez ? Celui qui donne ou celui qui reçoit ?

Celui qui parle ou celui qui écoute ? Celui qui écrit ou celui qui lit ? Je pourrais continuer la liste à l’infini, mais Trop c’est trop. Trop c’est trop ! Qui n’a pas entendu ou prononcé cette petite phrase qui dit tout en ne disant rien ? Elle a la particularité d’être formulée au positif et de donner une injonction négative : stop, ça suffit, basta !


Dr STEFANO COLOMBO
Médecin psychiatre, psychologue diplômé
consultant à la Faculté de Médecine de Genève (enseignement et supervision).
Enseigne l’hypnose éricksonienne et la thérapie cognitive en France, Belgique, Suisse et Italie. Conférencier.

 

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Revue Hypnose Thérapies Brèves 29


 
 



 

Hypnose & Thérapies Brèves : la Revue N° 29 Mai Juin Juillet 2013

 

EDITORIAL : AMUSANT N'EST- CE PAS ? Dr Thierry SERVILLAT

Une des attitudes fondamentales –peut-être la principale- qu’avait Milton Erickson envers la vie était d’essayer de s’amuser (to have some fun). Y compris dans son travail.
Un thérapeute qui veut s’amuser ? Paradoxe, dirons-nous très vite ! Aider, soigner l’autre est théoriquement un métier… sérieux, ne pensez-vous pas ?
Comment concevoir cela ? La thérapie aurait-elle à voir avec les Muses et la musique ? Oui sûrement, mais le mot « amuser » ne semble, contrairement aux apparences, avoir aucun rapport avec celles-ci.

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POUR UN CHANGEMENT DE TYPE 3

Stéphanie GUILLOU et Dr Franck GARDEN-BRÈCHE

Rencontre de troisième type avec une infirmière en hématooncologie et un algologue urgentiste qui proposent, à partir d’une pratique laissant l’esprit rationnel de côté, une conception nouvelle du changement thérapeutique se situant dans la continuité des travaux de Gregory Bateson menés avec Paul Waztlawick, et basée sur un accueil total de l’émotion naissant de la rencontre.

L’ACCUEIL BRAS OUVERTS

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POUR JOUER AVEC LES LIMITES INVERSER LE SENS.

J. de MARTINO

 

Variation sur le « Non !... J’déconne… » utilisé par de nombreux adolescents, le texte de l’intervention de Joël de Martino très remarquée lors des Transversales de Vaison la Romaine en 2008 est publiée en hommage à Franck Farrelly.  DÉFINITIONS Déconner (v. intr.) : dire des bêtises, des inepties, ne pas être sérieux (argot) ; exagérer, divaguer, déraisonner ; plaisanter, s’amuser, faire des bêtises, se laisser aller. Etymologie (1883) : de -, con-, et suffixe verbal. Le sens initial érotique est vieux ou très rare ; le passage de ce sens (à celui-ci) n’est pas clair (métaphore de « sortir du vagin » ou croisement avec le sens familier : de con : « imbécile ») (Grand Robert). A noter cependant qu’on ne dit pas : « Non ! J’dévagine ! »

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EN VIE JUSQU’À LA FIN, ACCOMPAGNER L’HUMAIN

Véronique LESAGE, psychologue, pratique une hypnose issue des thérapies humanistes.

Elle nous raconte le chemin fait avec Catherine, malade d’un cancer colique. Un accompagnement utilisant l’hypnose afin de répondre au mieux à l’objectif demandé par la patiente : préserver son humanité.  La pratique de l’hypnothérapie s’inscrit dans un relationnel, un accompagnement singulier entre un professionnel et son patient. Je vous propose une illustration de cette dimension à travers l’histoire de Catherine D., atteinte d’un cancer. Elle est maintenant décédée, et ce témoignage est aussi une forme d’hommage qui lui est rendu. Je rencontre Catherine pour la première fois à l’automne 2008. Elle m’est envoyée pour de l’hypnose par une collègue psychologue qui chante avec elle dans la même chorale.

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INTERACTIONS THÉRAPEUTIQUES ÉCLAIRAGES DÉVELOPPEMENTAUX

I. CAPPONI ; A. RAMBAUD ; J.P. COURTIAL

Dans la continuité de la réflexion systémique, la compréhension de ce qui se passe en hypnose et lors de certaines approches psychothérapiques peut s’enrichir de nombreux travaux en psychologie de l’enfant. Des recherches qui le plus souvent préexistaient à celles du groupe de Palo Alto.  L’hypnose met en jeu des interactions entre thérapeutes et patients qui vont bien au-delà de la notion psychanalytique de transfert. Il en va de même pour les thérapies dites énergétiques que nous désignerons dans la suite du texte par thérapies interactionnistes. L’hypnose et les thérapies dites énergétiques mettent en jeu des objets médiateurs, concrets ou abstraits (pendule, fétiche, aiguilles, prière, etc.), que nous appellerons, à la suite de la sociologie de la traduction, acteurs réseaux, dans la mesure où ils interviennent à partir de ce à quoi ils sont associés.

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Robert Montaudouin

Bernadette Audrain-Servillat

Originaire de Chartres, Robert Montaudouin a dessiné très tôt. Dans les années 70, poussé par un prof d’anglais il a durant quatre années étudié à l’Ecole des Arts Appliqués et des Métiers d’Art de Paris où il obtient un diplôme en art mural. Il continue son cursus à l’Ecole des Beaux Arts de Paris (atelier de peinture de Gustave Singier). Paris lui plaît peu. Il y travaille cependant quelques temps dans un petit atelier avant de se tourner vers le travail de la terre. Il fait un stage de potier à Besançon et s’installe comme céramiste dans la Loire en 1981. Certaines de ses oeuvres sont acquises par le musée national de la céramique de Sèvres et par le musée de Grenoble. Il pratiquera cette activité durant une quinzaine d’années. Et puis soudain, « le corps ne veut plus faire »…

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HYPNO-PHILO

Procrastination(s). Dr Thierry SERVILLAT

Professeur de philosophie à Stanford, John Perry, procrastinateur lui-même (si nous le croyons) a écrit, sur un mode humoristique, un manuel qui pourra aider bon nombre de nos patients, et aussi pas mal de thérapeutes. Sur un problème souvent qualifié de « stupide », car semblant tout à fait irrationnel (nous dirons acrasique1 pour faire « branché philo grecque »), l’auteur va écrire un livre brillant, grand succès de librairie témoignant, si besoin était, de la difficulté de nos contemporains à gérer leur temps. Car il s’agit bien – je reconnais moi aussi avoir procrastiné pour avoir attendu la 16ème ligne pour le définir, de remettre à plus tard une tâche considérée comme importante. Le livre commence par un témoignage, récit d’une révélation telle celle de Saint Paul sur le chemin de Damas : l’auteur prend conscience, il y presque 20 ans, qu’il est un « procrastinateur structuré », c’està- dire « un individu capable d’accomplir beaucoup de choses tout en négligeant d’en accomplir d’autres ».

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CONGRÈS ET CONFÉRENCES

Tentatives, solutions, logiques.
Christine GUILLOUX

Compte rendu de Christine GUILLOUX Hors contexte, les mots et les gestes n’ont pas de signification. Gregory BATESON Ordonner le monde ou le désordonner ? Décrire les parties jusqu’à l’infiniment petit ou comprendre les relations, les interactions des parties entre elles, avec les autres, le monde, l’univers ? Lier, délier, relier… Deux journées offertes par l’Institut Grégory Bateson, les 13 et 14 octobre 2012, à Paris, sur le traitement des troubles mentaux par l’approche systémique et stratégique. Deux journées, denses et menées tambour battant, à nous fabriquer des foies gras pour préparer nos voyages, nos migrations et nos apprentissages sans cesse renouvelés. Une belle brochette d’intervenants, à nous faire saliver. Pour n’en citer que quelques uns : Betty Alice Erickson, François Jullien, Giorgio Nardone...

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HUMEUR

Pour une psycho-allergologie. Dr Christian MARTENS

Les médecins s’appuient sur les sciences physiques et biologiques pour expliquer les symptômes. Elles nous permettent d’en déterminer les causes et les conséquences, d’ex-pliquer, c’est-à-dire littéralement de dé-plier les signes dans une série de cause à effet. Mais par souci d’objectivité, celles-ci se refusent à s’interroger sur leur sens, sur les questions relatives au sens de ces signes, à les comprendre. Car comprendre, c’est de l’intérieur, découvrir le sens.

 

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