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"Ça m’étonnerait !" Dr Stefano COLOMBO Quiprocquo, Malentendu et Incommunicabilité 32

 Dr Stefano ColomboDr Stefano Colombo



Médecin psychiatre, psychologue diplômé consultant à la Faculté de Médecine de Genève (enseignement et supervision).
Enseigne l’hypnose éricksonienne et la thérapie cognitive en France, Belgique, Suisse et Italie. Conférencier.

 

Les Fêtes de fin d’année sont déjà bien lointaines.
 
Et pourtant les murs de beaucoup d’appartements et de maisons résonnent encore de cette extraordinaire phrase : “ Ça m’étonnerait ! ”.
 
Elle a un timbre si marqué qu’elle est obligatoirement suivie du point exclamatif. Vous n’allez quand même pas imaginer une telle phrase, chaque fois prononcée avec une conviction sans égale, se terminer avec un misérable petit point. Non ! Il lui faut le point exclamatif. Et si je pouvais le mettre en majuscule, je n’hésiterais pas une seconde.
 
Ça m’étonnerait que vos tapisseries, vos tapis, vos plafonds ne soient pas enrichis, inondés, envahis voire saturés par ce refrain : “ Ça m’étonnerait ! ”.
 
Avez-vous l’impression de lire une affirmation qui ne vous concerne pas ? Eh bien, vous avez tort.
 
Qu’est-ce que cela a à faire avec les Fêtes de fin d’année ? Allez à la cave, dans le garage, enfilez la tête dans la niche du chien. Même le tapis du chien est imprégné de ce “ Ça m’étonnerait ! ”. Vous n’avez pas de chien et, encore moins, une niche ? Pensez-vous que cela vous autorise à être d’autant plus convaincu que le “ Ça m’étonnerait ! ” n’a rien à faire avec vous ? Et la cage du canari ? Ecoutez ses minces barreaux : ils chantent “ Ça m’étonnerait ! ”. Bon, vous travaillez dur et vous n’avez pas le temps de vous occuper d’animaux. Je vous comprends. Cela n’est pas une raison pour vous croire à l’abri de cette ritournelle : “ Ça m’étonnerait ! ”.
 
Vous avez le choix : soit vous abandonnez en passant à un autre article, soit vous faites une régression en âge. Inutile de souligner qu’abandonner est vile, ignoble, honteux, mesquin, sans doute pas digne de vous. Vous choisissez la deuxième option. Comment je le sais ? Par la simple raison que vous lisez cette phrase. Ça m’étonnerait vous voir renoncer à un minimum de curiosité et refuser de regarder votre quotidien droit dans les yeux. Vous n’êtes pas dans une séance de psychanalyse, vous n’allez pas faire du déni, du refoulement, de la sublimation, de la dénégation, de l’annulation rétroactive ou je ne sais pas quoi d’autre. Même l’humour serait malvenu. C’est tout dire. Voilà ! Bien ! Vos paupières sont déjà un peu plus lourdes, les mains posées sur vos cuisses ou sur les accoudoirs... Ah ! Non !
 
Ça m’étonnerait que vous réussissiez à avoir encore la revue devant vos yeux si les mains sont sur les cuisses ou les accoudoirs et les yeux bientôt fermés. Gardez les yeux bien ouverts (suggestion directe) pour lire la suite. Sauf si vous vous concédez une agréable pause de lecture et partez quelques semaines en arrière. Pas besoin de se trouver au CERN pour remonter le temps. Vous vous étiez donné la consigne de revenir à ici et maintenant aussitôt sorti de la transe régressive. Vous voici donc de nouveau parmi nous. Bonjour ! Vous êtes étonné, oui, oui, vous êtes étonné d’avoir retrouvé ces semaines d’avant les Fêtes et avoir clairement entendu la chanson : “ Ça m’étonnerait ! ”. Ca m’étonnerait que vous soyez encore dans l’obscurité de la vérité, que le mois de décembre n’ait été rempli que de chansons de Noël et de vœux pleins les paquets. Quoi ? Vous n’avez rien entendu du fameux “ Ça m’étonnerait ! ” ? Franchement vous exagérez. Ça m’étonnerait que vous le fassiez exprès. C’est donc votre inconscient qui vous joue un mauvais tour. Peut-être que les semaines précédant les Fêtes vous étiez surmené, en plein dans l’inventaire de votre entreprise, immergé dans la lecture des menus de fin d’année : la dinde ou... la dinde ? Perdu dans les rayons des magasins pour trouver le cadeau le plus sympa pour vos enfants et le moins cher pour votre belle-mère. Ça m’étonnerait... Oups ! J’allais me trahir...

 



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Edito du Dr Thierry SERVILLAT: FORMIDABLE ANTHROPOCÈNE. Improviser l'hypnose en addictologie
Bien que controversée, l’idée que nous entrerions dans une nouvelle période géologique dont la caractéristique serait d’être principalement déterminée par l’action de l’homme – période de ce fait appelée Anthropocène – cette idée a l’avantage, en ce début d’année, d’ouvrir ceux de nos yeux qui n’étaient pas déjà ouverts à cette réalité. Pour certains spécialistes, la date de ce changement d’époque serait celle de l’invention de la machine à vapeur : 1784. Coïncidence amusante : ce fut aussi l’année du rapport royal sur le magnétisme animal qui, s’il aboutit à la condamnation de ce dernier, fonda surtout la médecine et la thérapie par l’imagination que nous pratiquons aujourd’hui avec nos patients !
 

Un maître de l’observation créative : Jean-Martin Charcot
Dissoudre la douleur ? Sophie COHEN
Bien choisir le solvant. Aux confins de l’hypnose et des thérapies méditatives, Sophie Cohen montre comment la douleur peut être dissoute si nous sommes attentifs à ajuster notre posture. Un texte dans la continuité du travail de la grande thérapeute solutionniste Insoo Kim Berg. Soluble ? Comme un comprimé effervescent ? Oui, presque. Et si c’était possible ? Pourquoi pas ? C’est une idée tentante, qu’en pensez-vous ? Soluble, d’accord et soluble dans quoi ? C’est justement cela qu’il convient d’identifier.


 

Un maître de l’observation créative : Jean-Martin Charcot
Improviser l'hypnose en addictologie
Par Pascal VESPROUMIS 
Avec Jean-Mathias PETRI et Maurice LE MOUNIER. Il y a encore 10 ans, il était fréquemment dit que l’hypnose n’apportait aucun bénéfice dans le traitement des pharmacodépendances. C’était sans compter avec l’inventivité de thérapeutes tels Pascal Vesproumis qui développe une démarche exploratoire avec l’aide d’artistes. Ici en l’occurrence un flûtiste improvisateur. En préambule : « Certes, le cannabis peut agir comme anxiolytique, anesthésiant de la pensée, et comme stabilisateur de l’humeur limitant les grands accès de colère et les mouvements dépressifs. Mais ce gel de la pensée devient une véritable hibernation de l’imagination et de la mémoire de fixation limitant ainsi les capacités de compréhension du patient.

Un maître de l’observation créative : Jean-Martin Charcot
Le saut hors du piège à mouches. Pr Gérard LAVOIE
VERS UN TOUT NOUVEL ASPECT DES CHOSES ! 

Comment sortir d’un problème ? A cette question banale, Gérard Lavoie, professeur en sciences de l’éducation au Québec, développe en la prolongeant la réflexion de Ludwig Wittgenstein sur la notion de « changement d’aspect». Un texte très intégratif qui éclaire tant la pratique hypnotique que celle des thérapies brèves stratégiques, solutionnistes et narratives ! Pour faire le saut hors du cadre piégeant d’un problème, le philosophe Ludwig Wittgenstein propose la voie du changement d’aspect.

Un maître de l’observation créative : Jean-Martin Charcot
Un protocole hypnotique pour l'arrêt du tabac. Dominique MEGGLÉ
Décider ce qui est bon. Autre illustration de l’intérêt actuel de l’hypnose en addictologie, cette manière de faire de Dominique Megglé pour aider ses patients à arrêter de fumer. Manière qu’il appelle protocole, mais ne soyons pas dupes : un protocole multidirectionnel bien loin des arbres décisionnels de l’Evidence Based Medecine ! PETITE HISTOIRE D’UN PROTOCOLE. Il y a une dizaine d’années, il a commencé à se savoir dans la population que l’hypnose pouvait aider au sevrage tabagique.

Un maître de l’observation créative : Jean-Martin Charcot
Zone de confort. En avoir ou pas (2e partie). Thierry Zalic
Situant comme centrale l’attention du thérapeute sur son propre confort, Thierry Zalic développe ici 10 autres points méthodologiques qui complètent les 6 premiers exposés dans notre précédent numéro. Et nous montre aussi comment il est parvenu à développer un style thérapeutique inspiré du détachement oriental tout en s’avérant très personnel. 7. Rien n’est jamais plus fort que vous / pensées auto-limitantes. Parfois vous me dites : « C’est plus fort que moi d’être triste, ou d’avoir peur ». Rien n’est plus fort que vous. La maladie, la tristesse ou la peur ressentie, c’est toujours vous. Ce qui est plus fort que vous n’est qu’une partie de vous.

Un maître de l’observation créative : Jean-Martin Charcot
Pour l’altruisme. Dr Thierry Servillat, Rédacteur de la Revue Hypnose & Thérapies Brèves
Bien souvent la notion d’altruisme nous fait penser à quelque chose de naïf, et donc de dangereux. A moins que cette bonté envers les autres, nous la considérions comme un devoir. Faire la « bonne action » qui justifierait notre existence, qui la ferait prolonger dans une sorte de marché avec la divinité, avec la Vie. Matthieu Ricard est loin de cette conception. Devenu moine bouddhiste immédiatement après avoir terminé sa thèse de biologie avec le Nobel François Jacob, il travaille depuis de nombreuses années avec des chercheurs qui souhaitent mieux comprendre les effets neurocérébraux de la méditation. Notamment de deux types particulièrement importants que sont la méditation sur l’amour altruiste et celle sur la compassion.


Un maître de l’observation créative : Jean-Martin Charcot
2014 verra-t-elle la fin d’un paradigme ? Antoine BIOY
La fin de l’année 2013 a été marquée par une recrudescence des évaluations « Evidence Based Medecine » en hypnose. Par exemple, Dickson-Spillmann et collaborateurs (2013) montrent qu’une séance unique d’hypnothérapie permet de maintenir un comportement d’abstinence chez 15% des fumeurs (évaluation à 6 mois). Un niveau de résultat assez habituel dans les méta-analyses depuis plusieurs années, et qui flirte avec la moyenne des méthodes alternatives et complémentaires, comme le montre une nouvelle étude portant sur près de 55000 patients (Hamm et al, 2013) : toutes méthodes MAC (« médecines alternatives et complémentaires ») confondues, on est aux alentours de 15% de réussite pour le sevrage tabagique.


Improviser l'hypnose en addictologie
Un maître de l’observation créative : Jean-Martin Charcot
Entretien de Catherine BOUCHARA par Thierry SERVILLAT.
Je connaissais déjà un peu le travail que Catherine Bouchara, psychiatre et hypnothérapeute parisienne, entreprenait sur Charcot car j’avais vu son film il y a deux ans lors de l’Université d’été organisée par Patrick Bellet à Vaison la Romaine. A l’occasion de la sortie de son livre, Catherine a bien voulu m’accorder un entretien. Thierry : Catherine, cela fait plusieurs années que, en plus de ton exercice libéral en cabinet, ainsi qu’à la Salpêtrière, tu travailles assidument pour parvenir à la réalisation de ce livre magnifique. Comment l’idée de travailler sur Charcot t’est-elle venue ?